Monday, May 30, 2011

Crise Libyenne : qui sauvera le dernier dinosaure d’Afrique?




Il y a parfois des situations que l’on ne peut comprendre qu’en gardant en tête une bonne dose d’humour (noir). C’est le cas de la situation actuelle de la guerre civile en Libye, qui à travers ce texte qui pourrait paraitre un peu humoristique, mais nous interpelle en réalité sur l’avenir de l’Afrique en relatant un véritable drame humanitaire, économique et politique pour le continent, surtout que nous parlons ici de mort d’hommes, de bombardements aveugles sur des objectifs civiles, et pratiquement de folie des dirigeants du monde qui face à la tournure imprévue prise par la révolution populaire en Libye, apportent des solutions dont les conséquences à long terme même si elles ne sont pas toutes encore visibles, resteront une véritable catastrophe pour le développement de ce pays, de l’Afrique voire du monde entier. Les spéculations actuelles sur le prix du pétrole doivent à elles seules suffire à mon avis à confirmer mes appréhensions et à me faire comprendre même par ceux qui ne se sentiraient pas concernés par la guerre en Libye.
Il y a quelques jours, j’étais en effet à la recherche du mot dinosaure sur internet, quand il m’est arrivé de tomber sur une vidéo pour enfants sur « youtube » dénommée : Barbapapa-le dinosaure (http://www.youtube.com/watch?v=q7SBgbXHrOA). Le récit est à propos des Barbapapas qui seraient des personnages en forme de poire de diverses couleurs créés dans les années 1970 par Annette Tison et Talus Taylor, et qui auraient la capacité de changer de forme à volonté. Les histoires pour enfants étant avant tout ancrées dans l’inconscient des adultes, je ne pouvais pas m’épargner de lire à travers cette histoire pour enfant la gravité de la situation actuelle de la Libye pour le continent africain.

Entre nous je ne suis pas un pro-Kadhafi, et je n’ai jamais eu la chance de toucher du doigt ni les réalisations, ni l’argent du pétrole Libyen. J’ai toujours personnellement pensé que le Colonel Kadhafi était plus un lunatique qu’un véritable chef d’Etat, et qu’il n’était pas aussi dangereux qu’on voulait nous le faire croire. Il aurait souhaité un jour voir vivre en paix les Israéliens et palestiniens dans ce pays qu’il appelle " Israéline" (quelle belle trouvaille ?) Il aurait toujours aussi rêvé de faire de plus grandes choses, et de voir le continent Africain tout entier devenir un seul pays et éventuellement lui prêter allégeance comme à un chef continental, à un empereur ou à un demi-dieu… tout cela au nom du panafricanisme. Il est vrai que l’Union de tous les pays d’Afrique en un bloc du genre Etats-Unis d’Afrique, est plutôt une idée merveilleuse et noble, mais les voies pour atteindre cet objectif ont fait des chefs d’Etats africains des « plaisantins » et de celui qui aimerait les diriger tous, un homme plutôt marginal voire un polichinelle. Comme tous les marginaux malheureusement, Kadhafi a souvent surpris les occidentaux par ses comportements, et las de n’avoir aucune emprise sur sa personne, ils s’entendent aujourd’hui à saisir l’occasion de la révolution populaire en Libye pour "noyer le chien en l’accusant d’avoir la rage" bref à se débarrasser d’un homme devenu trop encombrant. C’est une astuce qui aurait bien vite marché, si l’exception de la révolution Libyenne ne venait confirmer la règle selon laquelle seules les révolutions populaires pouvaient facilement emporter toutes les dictatures du monde. Dans les pays voisins de la Libye traversés par la révolution du jasmin les soldats avaient vite fait défection et les armées s’étaient vite ralliés à la population. Les dictateurs n’avaient même pas tous eu le temps de prendre la poudre d’escampette, mais voilà qu’en Libye, Kadhafi le " fou" a changé les donnes en faisant volte face et comme un mauvais gosse dont le ballon d’anniversaire viendrait à éclater entre ses mains, aurait décidé de faire éclater tous les ballons encore en exhibition dans les mains de ses compagnons de jeu. Malheureusement bombarder ses propres frères de jeu n’est plus un jeu, et l’actuelle situation de la Libye doit être prise plus au sérieux que cela. Les occidentaux en se mêlant à un "match de tir à balles réelles" qui se joue en Libye, ne jouent plus aux arbitres, et cela doit interpeller tous les africains, car c’est l’avenir de notre continent qui est en jeu. Quant on sait l’état dans lequel les Occidentaux avaient laissé la Somalie après l’échec de l’opération " restore Hope", il y a lieu de se demander, s’il n’est pas temps de négocier sérieusement avec les rebelles en Libye, pour obtenir non plus le départ de Kadhafi, mais un pacte de non agression qui conduirait à couper la poire en deux et à proclamer un match nul dans la « guerre civile » qui risque d’anéantir la Libye et porter préjudice à toute l’Afrique. Il faudrait que le dialogue prime sur les armes avant que la Libye ne se divise en deux pays, car a mon avis même après la mort de Kadhafi, la Libye étant formée de clans antagonistes, les rivalités entre l’Ouest et l’Est prendront vite le dessus et rendront le pays ingouvernable. La guerre en Libye ne saura s’arrêter avec la mort de Kadhafi, car elle est déjà devenue à mon avis une guerre civile : une guerre clanique entre l’Est et l’Ouest du pays.

Que reproche-t-on vraiment au dirigeant libyen aujourd’hui ? Est-ce d’avoir trop duré au pouvoir, de ne pas permettre l’alternance, de n’avoir pas permis l’exploitation du pays par les occidentaux ou est-ce d’avoir soutenu la lutte des peuples opprimés de la Palestine en finançant le ″terrorisme″ (je pense à l’attentat de Lockerbie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_de_Lockerbie), ou encore son zèle à voir l’Afrique s’unir à l’instar des Etats-Unis d’Amérique ? http://www.africa-union.org/Official_documents/Heads%20of%20State%20Summits/Hog%20fr/DECLARATION%20DE%20SYRTE.pdf. Notons que l’unité de l’Afrique ne peut pas nécessairement être du goût de tous les occidentaux qui y voient une perte de leur première source de revenue voire un frein au développement de leurs pays réciproques. Il leur faudra cependant réfléchir par deux fois avant de demander le départ aujourd’hui du dirigeant Libyen du pouvoir, car si même Kadhafi peut paraître comme un hurluberlu, il tenait son pays uni, contenait l’immigration des africains vers l’Europe, et mieux, n’aimait pas du tout entendre parler de Al Qaeda (un des plus graves dangers pour notre continent mis-a part les trafics de drogue et d'armes).
De tous les actuels chefs d’Etats Africains, Mouammar Kadhafi est sans doute le plus craint par les Européens, pour avoir toujours été imprévisible ou n’avoir justement jamais adhéré à leurs principes de gouvernance. Dans le combat de "dernier des Mohicans" qu’il livre actuellement à une partie de sa population et aux Occidentaux, il y a lieu de se poser plusieurs autres questions, à savoir :
- qui sont en fait les rebelles que l’occident soutien aujourd’hui à travers des frappes aériennes aveugles ? Le chef de la rébellion ne serait autre que Mahmoud Jibril un ancien fidèle du guide Kadhafi, bref les mêmes personnes qui étaient à ses cotés hier pour lui donner des conseils sur comment se distancer ou se rapprocher des occidentaux.
- quels intérêts autres que financiers les occidentaux ont-ils à soutenir les rebelles, Eux qui n’arrivent même pas à s’excuser quand il leur arrive de lâcher des bombes sur la population civiles, juste comme le ferait Kadhafi, (http://fr.euronews.net/2011/03/31/l-otan-ouvre-une-enquete-sur-son-eventuelle-implication-dans-la-morts-de-civils/) ou encore laissent la population fuyant les bombardement mourir en mer, de faim et de soif, alors que leur intervention se veut humanitaire ? De quelle humanité nous parles-t-on ? (http://www.europe1.fr/International/Libye-1.200-migrants-morts-en-mer-HCR-540831/)

L’avenir sans doute nous en dira plus, mais la mauvaise gestion par les pays riches du vent de jasmin qui souffle actuellement sur les pays arabes, notamment ceux d’Afrique me donne à penser qu’il faudra que les dirigeants africains se réveillent et repensent la position réelle du continent au sein de la Communauté Internationale.
Vu d’en haut, le conflit actuel en Libye pourrait ressembler comme tiennent à nous le présenter, les pays comme la France, la Grande Bretagne ou les Etats-Unis à une guerre contre un dictateur qui refuse de laisser le pouvoir à sa population en révolte contre ses quarante et plus années de pouvoir, de mauvais traitement et de refus d’alternance.
- "Kadhafi bombarde ses propres citoyens", c’est ce que les médias ne cessent de nous répéter, mais quand l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) bombarde et les révolutionnaires, et les Kadhafistes et se refuse en plus à s’excuser auprès des Libyens, le monde entier applaudi, parce qu’ils font du bon boulot, du moment qu’ils défendent la démocratie… mais quelle démocratie ?
Voila une question que nous sommes aujourd’hui en droit de nous poser, et bien d’autres questions d’ailleurs…Est-ce vraiment au nom de la démocratie que les occidentaux mettent la vie de leurs soldats en jeu ? Si oui, pourquoi ont-ils défendu les élections en Côte d’Ivoire en 2011 et pas au Togo en 2010, ou pas en 2005 quand le fils de l’autre dictateur Eyadéma, après avoir trempé dans le sang, plus de 500 citoyens de son propre pays pour confisquer le pouvoir, s’est permis en plus de voler les urnes au vu et au su de tous les medias du monde, sans que la France (le chien de garde) ne se permette même d’aboyer, avant que de définitivement enterrer récemment l’opposition togolaise en faisant voter par le parlement la fameuse loi relatif aux manifestations publiques?
Il y aurait-il une politique des deux poids deux mesures pour l’Afrique, où certains dictateurs voire leurs fils pourraient rester au pouvoir, pourvu qu’ils ouvrent toutes grandes nos portes aux pays riches pour une exploitation aveugle des ressources naturelles, tandis que d’autres dictateurs sont sevrés des mêmes complaisances parce qu’ils n’accepteraient jamais de partager leurs richesses avec justement ces pays riches ?
Je ne pense pas qu’aujourd’hui les Africains réalisent vraiment les enjeux qui se jouent sur notre continent en ce Vingt et Unième Siècle, et si malheureusement ils le comprennent mais refusent de s’en indigner, alors nous sommes tous pauvres nègres [y compris moi-même] aussi bouchés que je ne le pensais (Excusez ma langue "bois").
Il est temps selon moi que les africains se lèvent pour régler leurs problèmes dans la dignité. L’union Africaine doit nous donner une preuve de son existence en réussissant par le dialogue et non par les armes, à sauver non seulement un des derniers dinosaures de l’Afrique qu’est Kadhafi des griffes des occidentaux, mais en même temps qu’ils aideraient les Libyens à sortir de leur crise, à sauver toutes les autres révolutions actuelles ou à venir afin de donner à l’Afrique une place dans la communauté internationale et entre africains, une confiance qui amènerait demain le continent à cette union, sans laquelle, l’avenir de nos enfants serait compromise à jamais. Soyons honnêtes avec nous même pour nous dire que toute personne qui se retrouverait à la place de Kadhafi actuellement et qui aurait vu la manière dont ses pairs de la Tunisie et de l’Egypte sont tombés ou se faire aujourd’hui trainer devant les tribunaux après avoir lâché le pouvoir, aurait la même réaction de défense et de refus d’abdiquer. Il n’est pas facile de quitter le pouvoir quand aucune autre alternative claire ne vous est donnée par les adversaires en face. Actuellement aucune alternative ne semble être laissée au dictateur Kadhafi que de se défendre avant que d’être abattu comme ses enfants par des bombardements venus de gens qui ne le menacent que de mort, et je vois beaucoup de chef d’Etats qui à sa place réagiraient de la même manière. Allez par exemple vous en prendre au zimbabwéen Robert Mugabe ou au Soudanais Omar El Béchir, et vous saurez de quoi je parle.

Ne me prenez toutefois pas au mot : je suis entièrement pour la révolution et pour les changements démocratiques en Afrique, mais quand il arrive comme actuellement qu’ils connaissent des ratés, ou que comme dans le cas de la Libye, nul ne sait plus la direction exacte que prendra le vent de la liberté, il serait plus sage que quelqu’un demande aussi bien aux révolutionnaires qu’aux pays qui veulent les aider à renverser le pouvoir en place de revoir leurs positions et de faire attention aux résistances. Il nous faut à tous prix éviter un nouveau chaos pour l’Afrique qui ouvrirait ainsi la voie à une meilleure exploitation de nos ressources naturelles par les pays riches. Il est donc temps que le dialogue reprenne le dessus dans nos conflits en Afrique et que l’intégrité de nos populations soit préservée autant que la démocratie et l’avenir de notre continent. L’union Africaine a un grand rôle à jouer et doit prendre ses responsabilités pour que la note des bombardements aveugles ne soit pas trop salée et ne pèse pas trop sur le dos de nos enfants qui auront bien sur à rembourser tôt ou tard des dettes stupides pour des drones américains, les bombardiers ou autres avions de chasse français, ses gros joujoux avec lesquels leurs parents s’amusent aujourd’hui. Il est donc temps de sauver le dernier dinosaure d’Afrique qu’est Kadhafi, tout en préservant nos populations, mais aussi et surtout ce trésor unique qu’est l’Afrique et ses ressources naturelles pour les générations à venir. La résolution des conflits en Afrique doit donner la priorité au dialogue plutôt qu’aux armes qui ne profitent avant tout qu’aux occidentaux, c’est-a-dire a ces fabricants d’armes qui doivent toujours se trouver des alibis pour écouler leurs marchandises.

Saturday, March 12, 2011

A QUOI SERVENT LES ARMEES AFRICAINES?



Le Jeudi 03Mars 2011 des pauvres femmes qui manifestaient dans le quartier d’Abobo contre le régime du Président Gbagbo en Côte d’Ivoire, sont abattues par les forces dites de défense et de sécurité, tandis qu’en Libye l’armée bombardait la population en insurrection contre son sempiternel « guide ». Déjà en Septembre 2009 c’était le carnage d’un grand nombre d’opposants à la junte au pouvoir dans le grand stade de Conakry en Guinée. Au Congo de Kabila fils, en Octobre 2006 on parlait de plus de 12000 femmes qui auraient été violées par les soldats, outre de nombreux massacres de la population, dans la guerre insensée qui dans ce pays, dure depuis une dizaine d’années…

Aussi loin que puisse remonter ma mémoire, depuis les indépendances des pays africains dans les années 1960, le rôle des armées est resté ambigu. Les soldats en Afrique semblent avoir été formés juste pour réprimer leurs propres concitoyens, quand ils ne sont pas en guerre contre des soit disant rebelles dans leur propre pays et rarement avec leurs voisins. Ils n’ont aucune notion de protection de leurs peuples, puisqu’ils n’en sont généralement que les principaux prédateurs. Ceci est dû au fait que nos armées sont le plus souvent à la solde des dictateurs et non du peuple qui les habille et leur donne à manger. Nos Chefs d’Etat en Afrique ayant toujours confondues leurs poches avec celles du pays qu’ils gouvernent et l’argent du contribuable ne servant finalement plus qu’à acheter les armes qui maintiennent ces dictateurs au pouvoir. Lorsqu’on sait que ces dictateurs ne sont au pouvoir que pour servir l’intérêt des exploiteurs de l’Afrique venus pour la plupart des pays dits développés et qu’outre l’exploitation d’or, de diamant, de phosphate, d’uranium, de pétrole et autres précieuses ressources naturelles de notre continent… ces filous ne sont en même temps que de simples trafiquants d’armes, il est facile de comprendre pourquoi nos dirigeants continuent d’abrutir nos armées formées souvent de soldats peu instruits, et qui méconnaissent le rôle réel de leur pays ou du continent africain tout entier dans le forum des nations. On comprend aussi pourquoi tout se passe comme si le militaire n’était avant tout que la propriété privée du plus haut gradé de l’armée, et donc réduit à ne servir que l’intérêt d’un homme c’est-à-dire du « général d’armée » (exemple de feu Eyadéma), de l’empereur (Exemple de feu Bokassa), ou du guide suprême de la nation (cas de Mu’ammar al-Qaḏḏāfī)… et j’en passe.

Le bon sens une fois que nous avons compris que nos armées n’existent pas pour défendre nos populations, serait de se demander pourquoi des Institutions comme le conseil de sécurité des Nations Unies, n’arrivent toujours pas à imposer d’embargo, ou à formuler des lois sur l’utilisation des armes par nos dirigeants contre leurs propres citoyens. Pourquoi continuer par exemple par permettre l’exportation des armes en direction de l’Afrique, quand tout le monde sait que ces armes ne servent qu’a réprimer les populations et jamais à les défendre contre un quelconque pays, les africains ayant en réalité d’autres chats à fouetter qu’à se faire la guerre, surtout que nous n’avons même pas d’usine de fabrication de machettes, de houes, ou encore moins de tracteurs, pour cultiver nos champs et développer notre agriculture afin d’arrêter d’aller quémander de l’argent à la banque mondiale pour nourrir nos populations? D’où viennent donc ces armes qui servent à éliminer nos sociétés, et pourquoi les pays développés laissent nos dirigeant se surarmer? Le fait que la réponse à ces questions semble évidente, ne m’empêche pas de les poser voire de les reposer, car bien souvent nous avons l’impression que les armes achetées aux pays comme la Chine ou la Russie en Asie, la France ou l’Espagne en Europe, ou aux Etats-Unis d’Amérique, servent à protéger nos pays de leurs voisins. C’est une fausse réalité à mon avis, puisque les guerres en Afrique ne se font le plus souvent qu’entre les tribus, les clans, les séparatistes d’un même pays. Que cela soit en Afrique du sud du temps de l’Apartheid, en Angola, Au Nigeria, en Somalie, au Liberia, au Soudan (Darfur), ou actuellement en Côte d’Ivoire, nos guerres en Afrique ne sont que des guerres fratricides, et nos pays n’étant pas producteurs de fusils, on peut facilement se demander à qui profitent ces crimes, ces trafics d’armes vers un continent dont les premiers ennemis restent en réalité le paludisme, ou le VIH/Sida, la famine, le manque d’eau potable et le manque d’éducation scolaire.
Le rôle des pays développés, et notamment des Nations Unies reste donc aussi ambigu que celui de nos armées, car tous ces pays qui alimentent notre continent en armes sophistiquées pour réprimer nos populations ou pour nous entre-tuer, sont les mêmes qui siègent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, ou parlent d’aide humanitaire chaque fois qu’un conflit éclate en Afrique. Ce sont donc les mêmes personnalités qui financent les institutions qui devraient en fait interdire l’utilisation de ses armes, qui sont à l’origine de leur promotion en Afrique.
Le génocide de Rwanda, les amputations de mains et de pieds suite à la guerre au Liberia, les déplacements de population au Soudan, ou l’actuelle crise en Libye et les retards dans les prises de position par les grandes nations, voire le manque de décision des Institutions comme l’Union Européenne, ou les Nations Unies ne sont que des preuves, qui doivent commencer par nous ouvrir les yeux en Afrique sur les intérêts réels du reste du monde sur notre continent, et pourquoi l’Afrique continue de croupir dans le sous développement.
Aujourd’hui que l’évolution technologique permet d’avoir une autre vision du fonctionnement réel du monde, et que des révélations comme celles du site Wikileaks nous montrent comment juste un petit groupe de financiers peuvent enculer le reste du monde (je m’excuse d’être aussi grossier), il est temps que les révolutions dans les pays arabes deviennent un facteur de nettoyage systématique des régimes corrompus d’Afrique pour le bien être de notre continent. Nos armées devraient commencer par prendre leurs responsabilités et devenir beaucoup plus républicaines. Nos soldats devraient avoir le courage de s’autocritiquer, et réparer les erreurs qui continuent de plonger notre continent dans la misère. Ils doivent être capables de refuser de combattre leurs propres frères et commencer par apprendre à mieux défendre leurs compatriotes et non pas à les bombarder comme c’est le cas actuellement en Libye.
Les coups d’Etats ne sont certainement pas prêts de s’arrêter en Afrique, mais si le Mali avait réussi le sien dans les années 1990, que La Guinée n’avait pas été un très bon exemple en 2006 sous Dadis Camara [(quelqu’un disait « dadais com’rat »)], et que nous attendons de voir sur quoi le récent coup d’état du Niger pourra aboutir, je ne peux m’empêcher en bon togolais, de poser aux Forces Armées Togolaises (FAT) quelques questions qui me tiennent à cœur, au vu des récents développements politiques dans le monde, à savoir :
- notre pays s’étant toujours proclamé être l’or de l’humanité, le model à suivre, la Suisse de l’Afrique, le premier en tout (malheureusement en bien comme en mal…), qu’attendent nos militaires pour faire parler d’eux et faire des FAT, la première armée d’Afrique, voire du monde à se révolter contre l’utilisation des armes pour réprimer la population, en ces temps de demande légitime des peuples d’une réelle démocratie dans le monde et au Togo?
- Comment l’armée togolaise se prépare-t-elle à devenir la première armée de paix du monde, celle qui nous libérera de la situation politique catastrophique dans laquelle s’enfonce notre pays au jour le jour ?
- A quoi sert réellement l’armée togolaise, et avec l’assurance que nous avons que les « grands travaux » conduits par le Président Faure Gnassingbé au Togo ne seront certainement pas terminés avant que nos maisons se retrouvent encore sous les eaux… si à la prochaine saison des pluies même nos enfants ne pourraient être sauvés des flots par nos valeureux soldats?
- Quels sont les plans de sauvetages ou de protection de nos villages et de nos villes par la « grande muette du Togo», s’il nous venait de nous insurger contre les renégats de la nation que sont nos dirigeants actuels et les membres soit disant de l’opposition qui les aident dans leur vile tâche d’enlisement politique de notre pays,et si le gouvernement recommence encore par faire usage de ses miliciens armés pour mater notre population?
- Pourquoi pas un geste héroïque de soulèvement des militaires de notre pays qui aboutisse sur un soulèvement populaire bien organisé en vue de la libération du Togo et pour le bien être de tout notre continent ?
- Pour une fois dans l’histoire de l’Afrique, pourquoi pas de la part des militaires togolais un formidable : Oui on peut ! « Yes we can !» Un baroud d’honneur de l’armée togolaise, une première en Afrique, où nos soldats n’attendraient pas une révolte du peuple pour aller les rejoindre, mais seraient plutôt eux-mêmes à l’origine de cette révolte qui donneraient la chance au peuple de les rejoindre pour une véritable réconciliation entre notre nation et son armée, une réconciliation qui nous débarrassera définitivement de la poussière qui continue de ternir cet or de l’humanité qu’est le Togo? une réconciliation qui enterrera à jamais la haine tribale dans notre pays, et remettrait sa place à la justice, au droit, et à la démocratie dans notre pays?

- A quand la révolution de l’armée Togolaise ? A quand le bon exemple qui montrera la bonne voie à suivre à toutes les autres armées d’Afrique ?

Monday, May 03, 2010

Les Togolais seraient-ils plus aveugles que les «I» voiriens?

Sans blague ! L’élection présidentielle 2010 a été de nouveau un échec pour les leaders politiques de l’opposition togolaise. Ce n’est peut être pas une surprise pour tout bon observateur de la vie politique de notre pays, mais au moins cette fois-ci l’échec n’était pas du coté du peuple, et pour cause : la maturité de la population a été hautement démontrée par le manque de violence au lendemain de la présidentielle.

Les Togolais sont arrivés à éviter la violence, non pas parce-que le parti au pouvoir en avait fait son mot d’ordre de campagne pré-électorale, pour pouvoir se "blanchir" à la face du monde, mais tout simplement parce que les Togolais ont finalement compris, qu’ils n’ont pas encore entre leurs mains les dirigeants qu’ils méritent.

Ne soyons pas dupes. Si demain les manifestations actuellement organisées par l’opposition tournent à la violence, ou perdurent et commencent par empêcher certains dignitaires de la mafia togolaise de dormir, le parti au pouvoir n’hésiterait pas un seul instant à revenir à ses vieilles habitudes. Après tout, les chefs de milices du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), et les meneurs de basses besognes ne courent-ils pas encore allègrement nos rues depuis leur dernière grande sortie de 2005 où ils ont mis à mort au moins 500 de nos concitoyens en moins de deux semaines.
Le bras armé du RPT n’a pas perdu la main juste parce que ses dirigeants auraient changée la couleur de leurs treillis militaires ou mis un bandeau de paix autour de leurs bras. N’est-ce pas que ce sont les mêmes FAT (Forces Armées Togolaises) qui se retrouvent derrière la FOSEP (Force Sécurité Election Présidentielle) ? Cela fait à mon avis, déjà trop de "forces" pour notre petit pays, et même si entre nous il n’y a pas lieu de confondre les "fous" (qui nous tapent dessus sans distinction) avec les "filous" (qui volent les urnes sans aucune honte après les élections), c’est toujours avec la même "FORCE" que nos concitoyens sont tabassés par la police dite anti-émeute, à chaque manifestation pacifique de l’opposition.
N’allez donc pas me dire que c’est grâce à Faure (l’actuel Président togolais dont la victoire aux dernières élections reste toujours contestable) que le FRAC (Front Républicain pour l’Alternance et le Changement) arrive à faire de la résistance depuis sa dernière « défaite électorale ». NON ! Je ne vous croirais pas, et pour cause : ce qui a réellement changé au Togo cette année, c’est tout simplement le peuple, qui finalement est devenu assez mature pour comprendre que les leaders politiques, n’avaient en réalité jamais eu assez de vision, ni de stratégie politique pour bouter dehors le parti au pouvoir ou du moins pour anticiper ses réactions. De là à croire que les leaders politiques de l’opposition Togolaise sont plus que des aveugles, il n’y a qu’un pas. Ce sont à mon avis des « I » voiriens » (des bons voyants qui jouent aux malvoyants).

C’est vrai qu’en faisant une certaine comparaison avec la situation politique actuelle de la Côte d’Ivoire, on pourrait être amené à croire que le blocage politique au Togo qui nous pousse à ne « voter massivement » que pour le seul et même parti politique RPT, serait différent de la situation ivoirienne où les leaders politiques eux, se refusent tout simplement à faire voter leur peuple et continuent de jouer au jeu du chat et de la souris, histoire de prolonger le plus possible leur mandat, et continuer tranquillement à vivre sur le dos de leurs "con- citoyens" comme de véritable parasites. N’empêche qu’entre les opposants de la Côte d’ivoire, qui ont su faire parler les armes à un moment de l’histoire de leur pays et se doivent de rembourser les marchands d’armes avant de céder leur place, l’opposition togolaise elle n’a toujours eu peur que des armes, et n’a jamais vraiment rendu compte au peuple de ses collectes d’argent, j’entends l’argent collecté à la diaspora surtout…et aux Nana- Benz qu’elle a contribué à ruiner.(J’avais toujours cru que ses collectes serviraient a doter l’opposition togolaise d’une arme atomique contre le RPT). La similitude reste pourtant la même, et consiste : à faire du sur-place, à refuser de faire avancer nos pays, voire toute l’Afrique, et à se maintenir dans une position de "sangsues" vivants du sang de nos populations. Pourtant ce ne sont pas les stratégies qui manquent pour faire avancer l’Afrique, que diantre !
Quelle mouche a donc pu piquer les dirigeants de l’opposition au Togo pour qu’ils ne soient jamais arrivés à prévoir les réactions de leur adversaire d’en face, ou à parler d’une seule voix pour obtenir la victoire, avant de faire apparaître leurs divergences idéologiques (si idéologie et/ou divergence il y a encore) ? Est-ce la première fois que le RPT emporte le matériel de vote après une élection ? (Un stockage gratuit sur internet des donnés informatiques et résultats des votes aurait pu être prévu). Est-ce que c’est la première fois que le R.P.T intimide la population en procédant à des arrestations après une élection ? Je dis NON ! Pourtant l’opposition togolaise est restée la même : couille molle (excusez moi l’expression), pleurnicharde, toujours tournée vers Dieu, ou vers une Communauté Internationale qui a d’autres chats plus échaudés à fouetter, et ne viens au secours d’un pays que si son intérêt est en jeu, ou si finalement et seulement un génocide est commis…(Il m’est difficile d’imaginer combien de personnes resterons encore à dénombrer au Togo après un génocide).

Oh je vois ! La triste vérité, c’est que nos leaders sont en fait restés les mêmes, toujours égal à eux-mêmes : toujours prêts à se glisser entre eux des peaux de banane sous les chaussures sans jamais réellement faire face au véritable adversaire avec qui ils vont "sympathiser", voire même aller prendre des sous les nuits quand le peuple dort et que l’armée veille (d’où le manque de respect des Forces Armées Togolaises pour nos hommes politiques), juste un peu comme chez les Ivoiriens (si vous voyez ce que je veux dire…). C’est plutôt nous [le peuple] qui ne comprenons…(Pardon), ne voyons rien à leur jeu politique.

Au fait la politique : c’est à ce qu’il paraît, un boulot comme tout autre, il faut bien pouvoir en vivre et c’est bien vrai. That’s right!
Peut être que la différence entre les Togolais et les Ivoiriens, reste encore qu’en Côte d’Ivoire la France n’est plus considérée comme un messie, alors qu’au Togo on continue de croire que tout doit nous venir ou nous être dicté depuis la France. N’est-ce pas qu’à la veille de la Présidentielle au Togo tous les candidats à l’élection étaient à Ouagadougou pour voir le "porte parole de la France en Afrique de l’Ouest", puis en France parce qu’ils croyaient y rencontrer un grand représentant de l’Elysée, mais n’en sont revenus que pour se voir réduire en un groupe hétéroclite appelé front ? La réalité est qu’ils étaient si mal organisés qu’ils n’ont réussi qu’à se complètement fracasser ("FRAC-asser") la gueule, parce qu’ils n’ont pas su comprendre qu’au Togo le combat reste inégal, et que l’opposition togolaise tant qu’elle n’aurait pas sa branche armée ou aurait le support de l’Armée togolaise ne pourra assumer une quelconque revendication pacifique, ni réclamer une quelconque victoire après une élection. C’est juste une question d’équilibre des forces et c’est une réalité que l’opposition togolaise ne veut pas regarder en face et cherche à ignorer. L’équilibre n’est pas dans l’opposition d’une population aux mains nues à une armée avec laquelle on n’entretien aucun lien de confiance et à laquelle on continue de donner la trouille à travers nos discours. Pourquoi au Togo l’opposition après avoir cherché à diaboliser l’Armée et à la rendre responsable de tous les "services rendus" aux sombres individus qui nous gouvernent, ne chercherait pas à l’attirer plutôt dans son camp en lui promettant mieux que l’adversaire lui offre, c'est-à-dire mieux que sa survie quotidienne : un avenir meilleur, une retraite assurée par exemple. Mon père disait toujours, que si on n’arrive pas à pousser un objet, alors il faut penser plutôt à le tirer.
Au fait combien gagnent nos généraux, nos caporaux, nos sergents et autres une fois envoyés à la retraite ? Quel est leur sort, leur devenir après cinq ou dix ans quand ils ne sont plus dans l’armée? Ce sont là de simples réflexions avec lesquelles on pourrait commencer à ouvrir les yeux de nos hommes en uniforme et les mettre du côté du peuple plutôt que du club d’amis dont ils sont aujourd’hui les esclaves… Vrai ou Faux ?

C’est malheureux combien le chemin de croix des togolais peut continuer au delà de la Pâques, mais personnellement je crois que tant que nous continueront de croire au Père Noël, ou au Bon Dieu pour descendre libérer notre pays, notre liberté risque de s’éloigner chaque jour un peu plus. Notre paradis ne sera donc jamais pour demain, tant que la stratégie restera la même chez nos leaders politiques. La conquête de notre liberté au Togo, n’est pas dans les marches de protestation sur les sols étrangers dans des pays comme l’Amérique, l’Allemagne ou le Canada et même la France, qui se sont battus en leur temps et sacrifié le sang de leur fils pour obtenir et sauvegarder leur liberté, mais bel et bien dans notre propre pays, avec la contribution de toutes nos filles et fils (y compris les soldats) épris de liberté. Une phrase qui revient souvent dans la bouche des americains est que : Freedom is not free! En quelque sorte, la liberté ne s’obtient pas librement ou facilement ? C’est un mauvais rêve que de croire qu’Obama viendra libérer le Togo à la place des Togolais eux-mêmes, mais un bon rêve que de croire que le Togo pourra un jour se libérer grâce à ses propres fils. C’est cela l’indépendance!
Il est donc temps que nos yeux s’ouvrent beaucoup plus grand, après nos cinquante années dits d’indépendance, et qu’un nouveau modèle de l’opposition s’installe enfin dans notre pays.

Je me permettrais toutefois encore une dernière fois de donner un conseil à nos leaders politiques de l’opposition Togolaise s’ils ne veulent pas finir comme des incapables et disparaître pour de bon, de la scène politique de notre pays comme de véritables dinosaures politiques. La victoire est encore possible à condition que les actions soient mieux organisées et qu’on se donne la chance et la volonté de vaincre:

1- Regroupez-vous ! Petits perdants comme gros perdants (CAR, UFC, CDPA, OBUTS… etc.), oubliez le FRAC et oubliez vos divergences, puis formez un mouvement qui représente tous les partis absents, et /ou aigris de la dernière élection.

2- Mettez par écrit noir sur blanc, un document clair contenant le pacte qui symbolisera votre union, et qui soit assorti d’un véritable plan d’action et d’un programme de redressement du pays.

3- Parlez d’une seule voix à la population et à l’armée (j’insiste : PARLEZ A L’ARMEE, PARLEZ AVEC L’ARMEE !), puis allez en rang serré frapper à la porte de tous les consulats au Togo pour prendre la Communauté Internationale à témoin des revendications du peuple, avant de marcher devant la population (pas derrière ou entre la foule!) pour aller prendre d’assaut le pouvoir, et vous verrez si nous [le peuple] ne marcherons pas sur Lomé- II ? (Je n’irai personnellement pas les mains nues bien-sur!)

Vivement une meilleure vision pour nos leaders ou alors qu’ils disparaissent le plus vite possible, pour que naisse une véritable relève de la "vieille garde", afin que renaisse chez les Togolais un nouvel espoir de conquête de la démocratie, et que le vent de la misère tourne définitivement de direction dans ce pays que j’aime tant !

Saturday, February 06, 2010

DE L’ULTIME STRATÉGIE DE L’OPPOSITION TOGOLAISE POUR REMPORTER L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2010

Il y a des valeurs qui ne trompent pas et des moments dans la vie où l’Homme doit savoir choisir entre le bien et le très bien. Le très bien au Togo serait de voir l’Union des Forces du Changement (l’UFC) prendre le pouvoir après tant d’années de lutte infructueuse, mais il serait tout simplement bien aussi que la victoire revienne à l’opposition tout court, sans distinction aucune du parti de l’opposition qui gagne aux prochaines élections dans notre pays, l’important étant juste d’obtenir l’alternance après toutes ces années de souffrance de notre peuple.

Nous sommes aujourd’hui arrivés à un tournant de l’histoire du Togo où il y a lieu pour nos leaders politiques de l’opposition de choisir rien que ce qui est bien au profit de ce qui serait très bien pour le peuple togolais. Nous sommes à quelques jours de l’élection présidentielle et s’il est une ultime stratégie (et j’insiste sur ultime) qui pourrait encore permettre à l’opposition de remporter haut les mains cette prochaine élection, c’est de prêter attention à cette proposition solennelle que je me permets d’adresser à tous nos leaders politiques de l’opposition en vue de sauver notre pays du chaos. Le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) comme tout le monde doit le reconnaître aujourd’hui au Togo, n’est pas prêt de laisser son fauteuil, et se prépare encore à toutes les formes de fourberies pour ne pas laisser l’alternance s’établir dans notre pays le 28 février prochain. Il nous faut donc avant tout comprendre le système habituellement utilisé par ce parti pour arriver enfin à le battre à son propre jeu.

I- Expliquons donc rapidement le jeu du RPT:

- Il consiste à semer le trouble au sein de l’opposition togolaise et ensuite comme un faucon à l’affaiblir en frappant durement sur les "fortes têtes" ou les leaders de l’opposition capables de lui opposer une certaine résistance.

- Comment le RPT sème le trouble?
1 - En changeant les règles du jeu, et les lois de la constitution togolaise ou en proposant des accords "bidons" aux leaders politiques qui ensuite deviennent des formes de discordes au sein des partis politiques, ceci afin de les déstabiliser. C’est la règle du diviser pour régner. Cette règle est toute simple et a toujours fonctionné jusqu'à présent permettant la désunion complète des partis politiques de l’opposition au Togo. C’est une tactique universelle qui marcherait dans tout pays autre que le notre. L’opposition togolaise n’est donc pas bête, mais s’est laissée prendre à un jeu dont elle n’est jamais arrivée à avoir la maîtrise.
2- La "tactique du faucon" quand à elle, consiste après avoir semé la débandade dans le groupe, à s’acharner sur les proies isolées, entendez les fortes têtes du groupe pour les frapper comme un faucon de manière surprenante et inattendue, afin de les affaiblir complètement et par là, affaiblir tout le groupe si jamais la bande tentait à nouveau de se regrouper.

Actuellement la tactique vient encore d’être utilisée par le RPT dans le cas des candidats Gilchrist Olympio et Koffi Yamgnane, même si ces derniers y ont eux-mêmes fortement prêté le flanc. Cette tactique, le RPT l’a toujours utilisée et les togolais trop friands de sensations fortes et de bavardage inutiles, n’ont jamais eu les yeux nécessaires (ou la tête) pour la comprendre. Je vais juste citer ici quelques exemples pêle-mêle pour rappeler la méthode à l’esprit de mes concitoyens. Rappelons-nous l’attaque de la primature au temps de Me Joseph Kokou Koffigoh, puis les incidents de Soudou, où le RPT n’a pas hésité à sortir l’artillerie lourde contre le grand opposant d’alors: Gilchrist Olympio, puis ce furent les arrestations de Claude Ameganvi et Me Agboyibor, qui à l’époque devenaient des menaces pour le RPT. J’allais oublier l’assassinat de Tavio Amorin...

Le jeu est donc clair. Aujourd’hui l’opposition est affaiblie, car tous les candidats restant pris individuellement ne posent plus de problème sérieux au RPT, qui sait qu’ils ne pourront jamais mettre tous les dispositifs en place pour le battre ou éventuellement revendiquer leur victoire au cas où ils arriveraient à le battre. Nous devons donc reconnaître en effet cette réalité, que si même tout le Togo votait pour Jean Pierre Fabre par exemple le 28 février 2010 prochain, le RPT lui volerait facilement cette victoire en s’appuyant sur tous les précédents qui l’ont opposé à l’UFC, à savoir que le RPT est majoritaire dans le Nord du Togo et "organisateur" des élections avant tout, même si la Commission Électorale Nationale continue de clamer son "Indépendance". Le RPT sait aussi que l’UFC sans Gilchrist Olympio est complètement affaibli, et que Jean Pierre Fabre en lui-même n’est pas le leader réconciliateur et pacificateur qui pourra amener l’armée togolaise à avoir confiance et à accepter une alternance pacifique dans notre pays. Je ne vais donc pas m’étendre sur les autres candidatures, mais aller à l’essentiel en disant qu’il ne reste aujourd’hui à l’opposition togolaise qu’une dernière arme, une ultime arme qui si elle est utilisée sera imparable et d’une grande surprise pour le RPT. C’est cette stratégie que je vais me permettre d’exposer plus bas.

II- Comment arriver à battre le RPT le 28 Février 2010?

1- En usant de l’arme de la surprise et 2- En usant de l’arme de la dissuasion:
La stratégie consisterait à opposer au RPT, une opposition soudée, unie, et unique, afin d’avoir le soutien du peuple. La surprise étant le candidat auquel le RPT s’attend le moins, la dissuasion étant le peuple qui seul peut faire tomber, l’armée, les milices, bref tout le bataclan dont le RPT s’est toujours servi pour se maintenir au pouvoir.

Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) ne s’attend en effet plus à voir dans les jours à venir, l’opposition togolaise s’unir, ou faire mieux: à opposer un candidat unique de l’opposition à son favori qu’est Faure Gnassingbe.
Notons que l’appelle à une candidature unique n’a cessé à ce jour d’être lancé par le peuple en direction de nos leaders politique depuis des années, voire par les candidats eux-mêmes, et que si l’opposition togolaise arrivait à ce consensus et décidait de présenter le 28 février 2010, un seul candidat, alors le jeu serait fait et le RPT serait largement battu. Le problème a toujours été de savoir quel candidat serait l’unique, que toute l’opposition et le peuple togolais soutiendraient jusqu'à la victoire finale. Je dirais à ce propos que le RPT qui a toujours su anticiper les mouvements de l’opposition a déjà devancé les événements en éliminant le seul candidat encore bien placé jusqu'à présent pour jouer ce rôle, en la personne de Koffi Yamgnane. Son dernier recasement ne doit donc pas nous paraître comme une surprise, mais parlant justement de surprise, et comme je le disais plus haut, l’opposition togolaise doit pouvoir tirer avantage de la présente situation en utilisant la seule et ultime arme dont elle dispose encore: l’arme surprise, et dissuasive en la personne de la seule femme candidat à la présidentielle, j’ai nommé la juriste Brigitte Adjamagbo.

Pourquoi une femme et pourquoi Brigitte ADJAMAGBO?

Parce que:
- le consensus entre les membres de l’opposition ne saurait se faire sans un pacte secret qui unirait les leaders de l’opposition. L’UFC parti «majoritaire» doit pouvoir actuellement complètement changer de stratégie en renvoyant en quelque sorte, et pour une fois l’ascenseur au parti du professeur Gnininvi: la CDPA (Convention Démocratique des Peuples Africains) que représente Brigitte Adjamagbo et qui dans les élections précédentes a su faire preuve d’humilité pour s’effacer plusieurs fois au profit du soutien à une candidature unique de l’opposition face au RPT

- Mme Adjamagbo étant l’unique femme, et représentant déjà la surprise à opposer au RPT, aurait le soutien indéfectible du peuple, car même les analphabètes sauraient reconnaître sur les bulletins de vote, le candidat unique de l’opposition auquel le peuple s’attendait, et personne ne saurait le confondre avec le candidat mâle du RPT, ce qui aurait pour avantage un vote massif du peuple en sa faveur, histoire de rendre la fraude presque impossible pour le RPT. L’autre raison reste que le peuple étant l’arme secrète de l’opposition à laquelle en cas de victoire le RPT aurait toujours du mal à s’opposer, à moins de vouloir provoquer la révolution qui l’emporterait définitivement, ou faire face au risque de perdre le soutien de l’armée, de la France et de la Communauté internationale, le candidat qui aurait le support du peuple reste le mieux placé pour remporter l’élection présidentielle, et ce candidat en la personne d’une femme ne pourrait avoir qu’un soutien mondial s’il est du "sexe faible".

- Cette dame a en outre assez prouvé ses capacités de dirigeante au peuple togolais selon moi, et ne manque pas de charisme pour être la candidate «charnière» comme dirait Edem Kodjo, c’est-à-dire la personne idéale et à priori neutre, voire la dame de tous les compromis sur qui cependant le peuple pourrait compter sachant qu’elle ne se laisserait pas facilement corrompre (si vous voyez de quoi je veux parler).

Sans trop chercher à développer mes idées pour ne pas faire perdre le fil de ma pensée aux lecteurs, je lance donc un appel solennel à nos leaders politiques à ne plus perdre une seule journée des deux ou trois semaines qui nous séparent des élections, et à mettre tout leur temps à profit pour préparer l’arme ultime qui devra servir à définitivement abattre le RPT. Il ne s’agit donc plus aujourd’hui pour l’opposition togolaise de tergiverser à vouloir trouver des bases au choix du candidat unique. Nous ne sommes plus à l’heure des primaires de l’opposition, ni à la présentation du programme des partis, mais à l’heure du choix qui s’impose pour que le peuple, la seule arme contre toutes les dictatures du monde, soutienne entièrement l’opposition dans son prochain face- à- face avec ce dragon à multiples têtes qu’est le RPT. Je prierai, mieux je supplierai les candidats de l’opposition d’entrer rapidement en conclave pour:
1- désigner et présenter le candidat de leur consensus au peuple togolais en la personne de Mme Brigitte Adjamagbo,
2- se choisir un successeur (dans ce cas Jean Pierre Fabre) à cette «dame de fer» au cas où le RPT n’hésiterait pas à l’assassiner avant le 28 Février 2010, comme ce fut le cas pour Benazir Bhutto au Pakistan,
3- préparer le peuple, y compris l’armée togolaise, à réclamer sa victoire après les élections, au cas où comme d’habitude le RPT n’hésiterait pas à faire valoir ses fraudes,
4- préparer enfin un dossier secret et consensuel très clair de gestion du pays après la victoire de l’opposition, afin que les vieux démons de la division ne se réveillent pour à nouveau freiner le développement de notre pays après les élections. Il y a lieu de retenir au sein de l’opposition que l’alternance de 5 ans qui suivra la victoire de l’opposition, ne sera qu’une intermède pour mettre en place les réelles institutions du pays en vue d’une gestion démocratique future ou chaque parti politique pourrait alors jouer son véritable rôle, quitte au RPT de revenir un jour pour gouverner le Togo si c’est la volonté du peuple de le choisir. Pour le moment, tous les partis devraient s’oublier, et oublier leurs programmes, pour n’être qu’à l’écoute du peuple. Le seul programme des partis après la victoire, serait de rester uni et de rester à l’écoute de la population à travers la convocation d’assises diverses permettant au peuple de s’exprimer et de s’impliquer dans sa propre gestion et dans le développement de notre pays.

Le temps est donc trop précieux et décisif pour que nos leaders politiques le perdent en atermoiements inutiles. Le peuple togolais attend sa délivrance, et attend des leaders qu’ils servent nos désirs et non les leurs. Que ceux qui ont encore des oreilles pour entendre entendent. Seule l’histoire de notre pays nous jugera à l’heure des bilans, si jamais cette dernière opportunité qui s’offre à l’opposition togolaise n’est pas saisie au vol. Pour ma part je dis déjà: vive la candidature unique de l’opposition pour que vive enfin le Togo!

Tuesday, January 12, 2010

La Paix et la Réconciliation, ou la Mort!




Les Togolais aspirent-ils à la violence ou à la paix après toutes ces années de descente en enfer que connaît notre pays depuis le soulèvement du 5 Octobre 1990 ? Je laisse à chacun de répondre à cette question, mais pour ma part, la réponse est claire...

Lorsque nous nous retrouvons comme un seul peuple pour un deuil national suite au crime commis sur nos joueurs de football tombés dans un guet-apens en Angola le vendredi 08 Janvier 2010; lorsque du Nord au sud de notre pays, tout le peuple se retrouve pour commenter la participation ou non des togolais à la Coupe d’Afrique des Nations ; lorsque la mort d’un artiste (j’ai nommé Paul AHYI) met le drapeau de notre pays en berne dans nos cœurs et arrive à ravir la vedette à une marche de protestation pacifique de l’opposition, je dis que les togolais préfèrent désormais redescendre sur terre, se regarder dans les yeux, et y lire de la fraternité et de l’amour plutôt que de la haine, de la violence, ou de la destruction. Nous sommes un peuple pacifique par essence, que l’on soit kabyè, Moba, Ana, Tchokossi, Ewe, ou tout ce que vous voulez. Le Togolais n’a jamais vraiment aspiré à faire la guerre ni aux étrangers, ni à un quelconque pays, ni même la guerre civile. Il est donc temps pour nous de renouer avec notre nature propre et profonde si nous voulons faire quelque chose de concret et de potable pour notre pays. Ceux qui par des manipulations politiques ont cherché ou continuent de chercher à diviser notre pays (je parle ici de la classe politique togolaise dans son ensemble : Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), comme tout autre parti qui se croit opposé au RPT), doivent reconnaître qu’ils font tous la même erreur, et qu’ils ne pourront jamais gagner leur lutte pour le pouvoir, s’ils ne cherchent pas avant tout à unir les togolais plutôt que de continuer à les diviser, s’ils ne cherchent pas à mettre le peuple de leur côté.

Lorsque j’avais appris que les joueurs de notre équipes nationale de football (les Eperviers), avaient été agressés, mon sang n’avait fait qu’un tour dans mes veines, je serai prêt à me porter volontaire et à partir au combat sans regarder derrière moi si l’armée togolaise devrait allé en Angola pour en découdre avec les rebelles. Peu importe pour moi de savoir si nos joueurs morts étaient du Nord, du sud, de l’Est ou de l’Ouest du Togo. J’irai volontiers mourir dans la Cabinda (Angola) pour venger l’honneur de notre patrie. Mais quand j’y repense bien, je me rends compte aussi que c’est juste mon instinct de nationaliste qui parle. N’est-ce pas que cet acte des rebelles est tout simplement un acte délibéré de gens à qui il n’est pas donné de parler autrement que par la violence ? Un peuple spolié, qui aurait pris les armes pour exprimer sa frustration. Leur combat est-il si différent du même combat que nous n’arrivons pas à mener au Togo pour libérer notre population du joug de la dictature dont nous sommes les esclaves depuis notre soit disant Indépendance et la mort du premier Chef d’Etat démocratiquement élu dans notre pays ? Cet instinct cependant devrait animer (je veux le croire) tous les dignes fils du Togo, et c’est ce qui certainement amène notre population à oublier tant soit peu la politique pour ne parler que de football. Je suis cependant ulcéré de lire le commentaire de nos hommes politiques sur cet événement malheureux qui frappe le Togo. L’Opposition togolaise par exemple a-t-elle eu seulement du respect pour nos morts, elle dont les leaders politiques déclarent avoir appris l’événement le vendredi, mais n’ont pas daigné surseoir à leur marche de protestation du samedi ne serait-ce que par respect pour nos morts. Et quand je vois qu’ils se cherchent des boucs émissaires et accusent par exemple le parti au pouvoir de mauvaise gestion de la situation comme si une fois au pouvoir ils sauraient faire mieux face à des rebelles qui se battent dans leur propre pays, eux qui n’arrivent même pas à s’opposer avec les armes aux simples milices du RPT et doivent se cacher derrière des enfants aux mains nus à chaque fois qu’ils se font contredire à leurs soit disant négociations de Ouaga, quelle honte !

Si seulement nous pouvons enfin voir au travers du voile, si seulement les togolais pouvaient saisir ces instants de recueillement pour revenir à la raison et comprendre que nous ne sommes qu’un seul et même peuple, plutôt que de s’accuser mutuellement pour des fins électoralistes. Si seulement nos politiciens pouvaient prendre quelques secondes pour faire un silence en eux-mêmes et entendre enfin la voix du peuple qui continue de crier qu’il est temps de faire la paix et nous réconcilier avec nous-mêmes.

Si j’étais du RPT, je crois que le moment serait venu pour mon parti de prendre une seule résolution, à savoir: que l’élection présidentielle du 28 février 2010, soit pour une fois transparente et sans violence, quitte au meilleur de gagner et cela en mémoire de tous les togolais morts pour que notre pays soit un jour libre et uni. Et si j’étais de l’opposition, je penserai à adopter la seule et unique stratégie que demande le peuple togolais pour me donner son soutien, à savoir : présenter à la prochaine élection présidentielle, un seul candidat de l’opposition un seul véritable représentant du peuple. Les togolais pourraient ainsi aller voter avec assurance, aller défier et battre le RPT une bonne fois pour toute, et voir survenir l’alternance que nous espérons tous, ou mourir enfin avec fierté pour ce changement tant souhaité. La paix n’est pas seulement un mot, c’est comme le disait feu Président Houphouët Boigny : - un comportement !

Pourquoi pour une fois, le parti de l’opposition qui se considérerait comme le plus grand du Togo, ne serait pas aussi le plus humble et le parti unificateur? Ce parti qui décidera d’unir tous les opposants et acceptera de céder sa place de première classe au dernier des opposants par exemple, soit au plus petit des partis de l’opposition voire carrément à un candidat indépendant inconnu jusqu’ici, mais choisi et oint par toute l’opposition et présenté au peuple comme tel… Je ne suis malheureusement ni du parti au pouvoir, ni de l’opposition, pour avoir de l’influence sur les chefs de partis, même si je reste définitivement et résolument uniquement du côté du peuple. Comme toujours, personne ne m’écoutera probablement pas cette fois-ci encore et pire, beaucoup me traiteront certainement encore de lunatique, d’illuminé voire de simple rêveur et que sais-je encore.Mais je continuerai de dire qu'il est temps pour les togolais de savoir se faire plus sérieux, car lorsqu’on sait que les choses les plus difficiles au monde commencent avec un simple déclic, un petit commencement, ou l’idée du dernier des fous du village, il vaut mieux pour nos hommes politiques de commencer par écouter les sans voix comme ma modeste personne. N’est-ce pas qu’il a fallu un enfant né dans une bergerie pour faire de Jésus Christ le fils de Dieu ? La forêt vierge ne serait-elle pas peuplée de grands arbres dont personne n’a jamais vu les graines? Et n’est-ce- pas qu’il ne faut qu’une petite poussée sur un bouton aujourd’hui, pour déclencher la bombe nucléaire qui fera partir le monde entier en fumée ?

J’appelle de nouveau solennellement les togolais pendant qu’il est encore temps avant la prochaine élection présidentielle dans notre pays à mieux réfléchir notre situation politique actuelle et à commencer par poser des actes qui nous unissent plutôt qu’ils nous divisent. Il est temps d’organiser des marches, non pas pour perdre le temps à demander des élections à deux ou dix tours, mais pour tout simplement demander l’unité du Togo à travers une alternance pacifique et historique. S’il faille encore mourir au Togo, que cela soit pour l’unité de notre pays. Je serai alors très certainement parmi le peuple, lorsqu’il s’agira de marcher comme un seul homme pour crier haut et fort à nos leaders politiques : la Paix et la Réconciliation pour le Togo, ou la Mort!

Sunday, December 20, 2009

Ces défis qui nous attendent



C’est curieux de voir comment les intellectuels peuvent être parfois totalement décollés de la réalité. Quand je dis intellectuels, je ne parle pas de simples "penseurs" comme moi, qui se permettent de faire des analyses et de dire tout haut ce que les autres, n’osent même pas chuchoter.
Je ne me considère donc pas comme un intellectuel, encore moins comme un politicien, mais quand il m’arrive d’écouter les politiciens (comprenez les politiciens togolais surtout), présenter au peuple leurs programmes de réforme politique, j’ai sérieusement du mal à imaginer, qu’ils puissent un jour nous amener à bon port. La raison est qu’ils ont tous en commun un premier point qui personnellement me dérange beaucoup : ils nous construisent tous, des routes, des écoles, des marchés, des hôpitaux, des ports et des aéroports, … oui c’est leur rêve pour notre pays, mais jamais aucun d’eux n’arrive à nous dire avec quel argent tout cela sera réalisé.
Vont-ils continuer par quémander chez leurs "maîtres", l’éternelle assistance qui fait de notre pays voire du continent africain tout entier un continent unique, c’est -à- dire : riche en ressources naturelles mais très en retard sur son développement et rempli de jeunes malheureux qui préfèrent aller chercher leur bonheur sur d’autres continents? Une Afrique où les politiciens ne sont élus que pour mieux nourrir l’Europe, l’Amérique et aujourd’hui l’Asie (j’ai nommé la Chine)?
Qu’avons-nous fait en Afrique pour mériter des démagogues qui ne viennent au pouvoir que pour se remplir les poches et les poches de leurs protecteurs.
Il n’y a qu’à voir comment les "éléphants blancs" pullulent encore sur le continent pour s’en convaincre : ces projets gigantesques dont on ne voit jamais le bout avant la fin des mandats de nos chefs d’Etat, Ces mandats renouvelables aujourd’hui à vie, si ce n’est qu’ils sont transmissibles (comme de véritables maladies) de père en fils. Suivez mon regard, et comprenez-en l’expression… lorsque vous faites un tour aujourd’hui au Niger, en Côte-D’ivoire, au Burkina-Faso, en Guinée (là-bas l’histoire ne fait que commencer avec Dadis Camara et sa junte), au(x) Congo(s), au Cameroun… pour enfin revenir au Togo, vous comprendrez facilement de quelle maladie souffre actuellement notre continent : le manque d’alternance politique et de réelle démocratie, le manque de vision et de projets destinés à l’épanouissement de nos populations.

Dans les débats qui actuellement animent la préparation des présidentielles de 2010 au Togo, on peut malheureusement sentir encore ce manque d’honnêteté envers la population, ce manque de plan et d’anticipation des événements, ce manque réel de vision pour notre pays. Il n’y a qu’à bien lire les soit disant programmes des futurs candidats pour se rendre compte de leurs promesses irréalistes et mensongères. Pire : aucun d’eux ne pense actuellement au lendemain des élections et à comment défendre leur victoire ou à gérer leur défaite, pour que le sang des togolais ne coule de nouveau gratuitement sur la terre de nos aïeux. C’est ce que j’appelle un manque d’anticipation et de vision politique. Je n’aurais pas plus de commentaire sur ce sujet pour ne pas fâcher certains de mes concitoyens qui réfléchissent plus avec leurs cœurs qu’avec leurs têtes, mais je dois dire ma vérité à tous mes frères africains :

- les défis qui nous attendent au Togo, sont les mêmes qui nous attendent sur tout le continent africain. Ils se doivent d’être pris à bras le corps par nos dirigeants d’aujourd’hui, si nous voulons un continent plus prospère et plus responsable demain.

- Nous ne pouvons plus continuer à tendre la main aux autres continents pour quémander une quelconque aide avant de sortir de notre " misère artificielle", avec toutes les ressources dont regorge l’Afrique.

- Nous ne pouvons pas continuer par nous laisser dicter de l’extérieur, la manière de bien gérer nos ressources naturelles, ni continuer par être désunis sur un continent dont les enjeux sont les mêmes malgré les frontières coloniales.

Voyez combien par exemple nos peuples et nos langues dites vernaculaires dépassent les limites de nos pays respectifs… Nos pères avaient bien compris le problème au moment des indépendances, eux qui parlaient déjà de panafricanisme. C’est vrai que tant que ce premier défi ne sera pas relevé, l’Afrique continuera de plier sous le joug de "l’esclavage moderne".
Ce seul défi comprend malheureusement tous les maux qui minent aussi nos pays, et fragilisent les unions, à savoir : le manque de démocratie, les problèmes de corruption, la militarisation à outrance, le manque de projet de développement de l’agriculture, de protection de l’environnement, de réforme de l’éducation scolaire (eh oui, nous sommes à l’heure de l’internet mais en Afrique les élèves manquent encore de bancs pour s’asseoir et de toit au dessus de leurs classes), d’implantation de bonnes infrastructures routières et de transport en général, d’amélioration de nos systèmes de santé,… et aujourd’hui plus que jamais la bonne gestion de nos ressources naturelles (y compris le soleil, le vent et l’eau [le sommet de Copenhague me donnera raison]).
L’Afrique est confrontée à des défis immenses qu’aucun de nos dirigeants actuels comme potentiels n’a de plan adéquat ou de solution pour résoudre de sitôt, puisque leur objectif premier une fois au pouvoir, c’est de s’enrichir, et enrichir leurs "partenaires dans le crime" commis contre notre continent.

La CEDEA0 (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), l’UA (Union Africaine) et toutes les autres : Union de la Méditerranée et consorts, ne sont encore qu’à l’étape de beaux rêves qui pour moi ont déjà trop duré pour se muer aujourd’hui en réalités pour le bien-être de nos populations, mais continuent de piétiner dans l’immobilisme. L’Union Africaine par exemple tarde à nous créer des routes, des chemins de fer, des marché d’échanges, des pièces d’identités communes pour et entre Africains ? Pendant ce temps (et ceci n’est pas une plaisanterie de mauvais goût), les moustiques tuent 1 million de personnes par an en Afrique, et passent allégrement nos frontières sans attendre d’obtenir un quelconque visa de nos myriades de consulats. Même chose pour le sida, et les nouvelles épidémies que sont la grippe aviaire et son "confrère" le H1N1 par exemple. Tenez, parlant justement de consulat et surtout en ces temps de crise financière, ne pourrait-on pas avoir des cartes d’identités communes à tous les pays d’une sous région africaine par exemple pour commencer, et donc avoir une sorte de consulat de représentation centrale et unique qui s’occuperait des visas et passeports des africains à l’étranger au lieu de ses multiples ambassades que chaque pays d’Afrique se tue à entretenir sur les autres continents…Tous les pays de la CEDEAO pourraient donc être juste représentés à Washington DC, par une centrale de deux ou trois Consulats, avec peut être deux ou trois relais dans quelques grandes villes des Etats-Unis par exemple, histoire d’être plus proche de la diaspora africaine… mais fermons cette parenthèse avant que certains me traitent encore de "day dreamer "(une sorte de rêveur aux yeux ouverts).

Bref pendant que nos dirigeants se la coulent douce et s’éternisent au même " poste présidentiel", d’où ils n’assistent qu’en temps de crise à leurs réunions de "blanchisseurs d’argent", de trafiquants d’armes, de drogue et de pierres précieuses, si ce n’est juste pour s’ échanger de nouvelles idées sur leurs fraudes électorales, il est à mon humble avis, temps de changer de discours et de commencer par développer de véritables stratégies pour prendre notre continent en charge.
Nous populations avons le devoir de dire plus fort à ces politiciens, ce que nous avons sur le cœur, et cela doit déjà se sentir à travers les débats au cours des différentes campagnes de ceux qui cherchent à se faire élire dans nos pays respectifs. Nous devons commencer par leur faire sentir l’odeur d’une bouillante révolution qui bientôt changera l’Afrique (je n’ai pas dis révolte, mais bien une révolution). Le changement ne se fera certes pas du jour au lendemain, mais il y a lieu de commencer par voir plus loin que le bout de notre nez et à rendre nos dirigeants un peu plus responsables et honnêtes. Je ne voterai quant-à moi plus jamais pour un candidat qui se propose de me construire un pont dans mon village, tant qu’il ne me dira pas où il trouvera l’argent pour le faire. Et n’ayons plus peur de nous dire à nous-mêmes aussi, j’entends entre concitoyens certaines vérités :

- Pour que l’Afrique démarre, il nous faut commencer sérieusement par travailler ! Et pour travailler il faut que ce travail existe, qu’il soit créé et qu’il soit rémunéré. Et quand on a un travail rémunéré, cela suppose qu’on anticipe le lendemain et qu’on épargne aujourd’hui pour ne pas être surpris demain par la vieillesse ou la maladie, et c’est là que la responsabilité de l’Etat doit être engagée. C’est à l’Etat d’assurer pour les citoyens les besoins élémentaires que sont le travail, la santé, l’éducation etc. Mais une chose doit nous être désormais claire: sans un système de sécurité social dans nos pays, qui permette à nos Etats de connaitre, de dénombrer, de suivre, d’assister, et de sécuriser la vie de chaque citoyen (voire de chaque africain, quand tous les Etats mettraient ensemble leurs ressources[entendez informatiques, humaines et financières]), tant que le travail des citoyens de chaque pays ne servirait pas à enrichir le pays et non des individus ou familles au pouvoir , et tant que la corruption (malheureusement souvent liée à la pauvreté) n’aura pas disparu de nos maisons, nos quartiers, nos villes et nos pays, voire du continent, nous pouvons dire adieu aux rêves de nos pères de voir l’Afrique un jour s’unir et donc de se développer en harmonie. Croire à une solution qui arrange tout le monde, c’est croire aussi à la mise en commun d’une stratégie de développement de l’ensemble du continent.
Au Togo les défis qui attendent nos futurs dirigeants sont réels, mais ne sont pas à séparer des problèmes de Sida au Ghana, de paludisme au Burkina-Faso, ou de chômage au Benin. Les exemples sont bien réels et ont pour nom nos problèmes quotidiens comme: les sécheresses, la transhumance, les feux de brousse, l’avancée du désert, le traitement des ordures (à quand le recyclage de nos déchets au Togo…), le chômage des jeunes etc. Bref si les politiciens peuvent s’arrêter de nous dire ce qu’ils feront demain avec l’argent venu des autres continents, et commencer par montrer à nos populations, ce qu’ils font déjà au quotidien dans nos quartiers, ou ce qu’ils pourront faire avec leurs propres moyens si jamais ils sont élus, alors seulement ils commenceront par mériter notre confiance. Les Togolais ne sont pas dupes, et contrairement à ce que certains cherchent à nous faire croire, tous les Africains ne sont pas bêtes. Ils sauront choisir les candidats qui les aideront à relever les défis de notre continent. Et quand enfin le meilleur arrive à gagner aux élections à cause de ses projets et non pas à cause de ses fraudes, les autres candidats doivent apprendre à lui céder la place. Il faudra que les coups d’Etat cessent en Afrique pour que le continent commence par vraiment se développer et arrête de « tourner en rond ». Les africains d’aujourd’hui doivent montrer au monde que les pyramides d’Egypte (pour ne donner qu’un exemple) n’étaient pas tombées du ciel, mais que l’Afrique avait une civilisation et qu’il revient à ses fils de la faire renaître et de mettre en valeur les ressources du continent dès maintenant si nous voulons que nos enfants soient respectés demain. Le changement de l’Afrique passe par la relève de tous les défis qui nous attendent, et cela ne demande que du courage et des hommes intègres.

Sunday, October 11, 2009

Course pour la Paix et la Reconciliation au Togo

JANUARY 15 TO JANUARY 30, 2010
RACE FOR PEACE AND RECONCILIATION IN TOGO


En prélude aux élections présidentielles de 2010 au Togo et en vue de promouvoir un climat de paix, de réconciliation et de non violence dans le pays, La quarantaine-Togo une Association pour la protection des Droits Humains, en collaboration avec La quarantaine aux Etats-Unis, organisera du 15 au 30 Janvier 2010, une série de marathons dénommée "Course pour la Paix et la Réconciliation au Togo" ("Race for Peace and Réconciliation in Togo") . Chaque course est ouverte à toute la population et à toute personne qui aimerait voir le Togo réconcilié avec tous ses fils avant les prochaines élections présidentielles de 2010.
La Course Pour la Paix et la Réconciliation (CPPR) sera lancée depuis la ville de Dapaong au Nord du pays, le 15 janvier 2010, et traversera tout le territoire togolais en passant par Kpalimé et Aného pour ensuite aboutir à Lomé le 30 Janvier 2010.
L’objectif de la course pour la paix est :
1- de promouvoir l’esprit de dialogue, de paix et de réconciliation chez les togolais
2- d’attirer les regards du monde sur les élections présidentielle de 2010, afin qu’elles soient transparentes, démocratiques et surtout sans violence.
Au cours des deux semaines de marathon, des conférences débats sur les bienfaits de la réconciliation et de la paix au Togo seront organisées sur toute l’étendue du territoire. Des films parlant des méfaits de la guerre et des violences seront projetés, ainsi que des discussions sur l’usage de la non-violence comme expression de la démocratie seront proposés par La quarantaine-Togo, dans des forums organisés dans les Centre Culturels, sur les radios et sur les chaînes de télévision du Togo.
Du matériel scolaire, et de santé seront distribués aux populations dans les campagnes et les villes traversées par la course, grâce aux organismes humanitaires américains et autres sponsors de l’événement auxquels La quarantaine compte présenter le projet aux USA.
L’événement sera médiatisé et permettra aux togolais de faire des propositions aux autorités du pays pour éviter toute violence au Togo lors des prochaines élections. L’objectif sera de libérer les cœurs et de semer un esprit de pardon et de paix parmi la population togolaise afin de la préparer à embrasser à partir de l’année 2010 la voie de la démocratie, de la paix, du développement et de tourner définitivement le dos à la crise politique qui continue d’animer la vie de notre nation.

Pour plus d’informations sur l’organisation, la participation, la promotion, ou pour des aides et propositions aux organisateurs, prière visiter le site internet www.quarantaine.org ou écrire aux initiateurs du projet que sont :

Au Togo : - La quarantaine-Togo
▪ Courriel : Laquarantaine_Togo @ yahoo.com
▪ Téléphone : (+228)-930-28-05
▪ Contact : Marcel QUAYE

Aux Etats-Unis :-La quarantaine, Inc :
▪ e-mail : quarantaine_inc@yahoo.com
▪ Téléphone :(001)-202-446-6100
▪ Blog : togoenquarantaine.blogspot.com
▪ Contact : Kouassi KLOUSSE

N.B : L’exécution du projet dépendra de l’acceptation ou non, par les autorités compétentes de la République Togolaise, de la délivrance d’une autorisation aux organisateurs pour un parcours effectif et libre de l’ensemble du territoire.

Saturday, November 08, 2008

ENTRE LE REVE ET LA REALITE, LES TOGOLAIS PREFERENT LE REVE

L’événement le plus marquant de l’année 2008, n’aura pas été la mort tragique de Benazir Bhutto, ni les centaines d’attentats à travers le monde, encore moins les répressions sanglantes au Tibet ou en Birmanie. Il n’aura pas été non plus : les Jeux Olympique 2008 en Chine, ou le tremblement de terre qui l’avait précédé et qui avait fait des milliers de morts, ni encore le nombre actuellement croissant des réfugiés du Congo, le coup d’Etat en Mauritanie, les prises d’otages aux larges des côtes de la Somalie, la crise du pétrole ou même : la grande crise financière actuelle. Croyez moi ce ne sont pas les pluies diluviennes du mois d’Août dernier au Togo et leurs grand nombre de sans abris ou d’affamés, qui pourraient faire la une des journaux du monde entier comme a su bien le faire l’élection d’Obama à la tête de la Nation dite la plus puissante du monde. C’est vrai que les hommes oublient vite leurs malheurs et préfèrent pour cela, ne garder dans leur mémoire que les événements heureux. Si cependant l’élection de Barack Obama pouvait vraiment être un événement heureux, il y a lieu de se poser une question très réaliste, à savoir : pour qui cet événement est-il vraiment heureux ?
D’aucuns en effets voient en l’élection d’Obama, un retour des "noirs aux affaires", un peu comme si les pharaons de l’Egypte ancienne revenaient à la vie. C’est-à-dire un retour à l’ordre normal des choses, et à une nouvelle ère de paix dans le monde, comme si à l’instar d’une reconstruction des pyramides, Obama pourra refaire le monde en réglant bientôt tous nos problèmes depuis la base jusqu’au sommet.
Quand je vois mes compatriotes au Togo, déjà plus qu’appauvris par les sangsues qui s’accrochent au pouvoir dans notre pays et ne finissent pas de sucer le sang de notre population, trouver la force de jeûner et de prier comme ils l’ont fait, pour demander à Dieu de faire élire Obama plutôt que McCain, j’avoue que je n’arrive pas à y croire, car cela relève pour moi complètement de l’utopie, et j’en souffre sincèrement pour mon pays. Les togolais croient-ils vraiment en un messie américain qui vienne libérer l’Afrique encore moins notre Togo ? Je suis personnellement de ceux qui croient sérieusement que la pauvreté artificielle dans laquelle nos dirigeants entretiennent notre continent ne saura être combattue avant tout que par les africains eux-mêmes. Il faut en effet avoir vécu aux Etats-Unis pour comprendre que Barack Obama hérite plutôt de la pire des situations dans lequel le pays ce soit jamais trouvé. Le nouveau élu à la Maison Blanche vient en effet de recevoir « un bateau en train de couler », comme le dirait le Président Hugo Chavez du Venezuéla, et croyez moi : il s’agit ici d’un très grand bateau. Certes ce qui s’est passé récemment avec l’élection d’un premier noir à la tête du pays (beaucoup ne voient d’ailleurs en lui qu’un métis), est et restera historique, mais cette révolution ne sera autre chose qu’une longue transition des Etats-Unis vers d’abord sa propre libération, car l’Amérique du Dr Martin Luther King Jr, des Jessie Jackson ou Oprah Winfrey n’est pas encore libre de son racisme, de son capitalisme à outrance, de son esclavage, encore moins de sa pauvreté, pour venir libérer l’Afrique. Eh oui, il y a encore des pauvres aux Etats-Unis ! Nous ne pouvons pas continuer à croire au Togo en une libération qui nous tomberait du ciel sous forme de mannes. Lorsque je vois les américains travailler très durement pour payer leur taxe, et j’insiste sur « dur » (car le pays vit encore à l’heure d’un esclavage moderne qui ne dit pas son nom), je vois mal le nouveau président surtout en ce temps de crise financière chronique, laisser ses concitoyens pour venir soigner la misère du monde, et pire encore de l’Afrique (un continent en totale perdition). La misère seule est en fait la source aujourd’hui des guerres interminables qui secouent notre terre, car c’est elle qui pousse les peuples à s’accrocher aux terres ou aux richesses de ce monde. Certes beaucoup voient en le symbole Obama, un retour du monde à la paix car il a promis faire rentrer les soldats qui se meurent sans raison en Irak, et d’aucuns assimilent cette guerre d’Irak à la véritable source de croissance de la violence dans le monde, oubliant qu’elle n’a été que la suite (illogique certes) de la guerre en Afghanistan, qui elle même n’avait commencée qu’à la suite des événements du 11 Septembre 2001 aux Etats-Unis.
Pourquoi et comment il y a eu le 11 Septembre, beaucoup ne veulent plus le savoir. Malheureusement si on ne cherche pas à le savoir, Dieu seul sait comment on arrivera un jour à régler les problèmes qu’il a suscité dans le monde, et s’il n’est jamais réglé, comment peut-on penser à une paix durable pour le monde grâce seulement à l’élection d’un noir à la Maison Blanche (une Maison Blanche qui à mon humble avis, n’est pas prêt de changer rapidement sa couleur).
Les togolais et les africains en général doivent arrêter de rêver et commencer par voir leur réalité en face, s’ils veulent trouver les solutions qui conviennent à leurs problèmes. L’élection d’Obama doit plutôt nous faire comprendre en Afrique que rien n’est impossible à faire par nous même, et pour nous même, pourvu que nous y mettions de la bonne volonté.
Au Togo nous devons sérieusement penser à commencer notre prochaine révolution. Elle ne doit pas nécessairement être sanglante comme beaucoup ont tendance à le croire. Obama à la tête des Etats-Unis est une révolution en soi, une révolution douce certes, mais une véritable révolution.
Notre révolution au Togo commencera, lorsque nous voterons en 2010 pour un Président qui ne sera plus issu, ni du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) actuellement au pouvoir, ni de l’opposition vieillissante qui depuis la Conférence nationale de 1991, n’a pas su nous apporter le changement tant attendu par le peuple.
Un nouveau sang il est vrai est arrivé à la Maison Blanche, et je crois sincèrement que seul un sang nouveau dans l’"arène Togo", voire une nouvelle et véritable opposition au pouvoir en place dans notre pays, pourra nous permettre de faire la révolution que le peuple togolais attend et qu’il continue malheureusement de chercher dans le ciel.

Vivement un nouveau leader pour le Togo, qui sache ramener notre attention vers le sol, c’est-à-dire vers la dure réalité d’une conquête de notre liberté, et du développement de notre pays qui passent uniquement par la seule force de nos bras et de notre volonté commune.

Tuesday, April 01, 2008

QUAND LE “POISSON” DEVIENT UN “POISON D’AVRIL” POUR LES TOGOLAIS - (BIS)




Préambule: Le titre date de 2006 mais c’est aux lecteurs de juger s’il reste d’actualité ou pas. Ce que je sais, c’est que cela fera bientôt trois années que le “grain de baobab” a pris racine de manière sanglante à la place du “vieux baobab” dans notre cher Togo, et pour ceux qui continuent de croire à un simple poisson d’Avril, il est temps et plus qu’un devoir de nous ouvrir les yeux et de voir qu’un véritable poison est en train de se distiller dans la conscience collective de notre population. D’aucun commencent par croire qu’un criminel peut s’auto- amnistier puis continuer de mener tout le pays en bateau dans la direction de son choix et cela contre vents et marées. Quel bilan tirons nous de trois années de gouvernance du sieur Gnassingbé Faure? C’est ce que je nous demande de faire après relecture de cette vieille publication que je m’étais permis d’écrire il y a deux ans à l’occasion du 1er Avril 2006 (Ce n’était cependant pas pour offrir aux togolais un “poisson d’Avril”). Bonne lecture qd même et bonne réflexion surtout, car nous ne sommes qu’au début d’une nouvelle épopée au Togo.

S’il m’était donné de retenir certains événements qui se sont passés au cours de l’année 2005 au Togo, je retiendrai certainement non pas le décès d’Eyadéma le 5 février, mais plutôt les faits qui avaient suivi ce décès, notamment les massacres de la population au lendemain de l’élection présidentielle d’avril 2005.
Le mois d’avril en effet a toujours été au Togo celui des canulars et des plaisanteries plus ou moins de mauvais goût comme les poissons d’avril. C’est aussi le mois qui nous rappelle l’indépendance de notre pays, et pour cette raison, l’élection présidentielle du 24 avril 2005 organisée peu après le décès du dictateur avait d’abord sonné dans nos têtes comme le glas qui enfin donnerait la liberté aux togolais, surtout quand l’on sait combien sous Eyadéma nous n’avions pu jouir de cette indépendance. Je me rappelle de la toute première célébration du 27 avril juste après la Conférence Nationale au Togo. Pour ceux qui n’en garderaient plus le souvenir, je rappelle que la plage de Lomé ce jour là avait été toute noire de monde, chacun voulant exprimer sa joie de pouvoir jouir de cette fête longtemps confisquée par Eyadéma, qui après l’assassinat du Père de l’indépendance Sylvanus Olympio, était revenu en 1967 mettre un terme à la liberté de parole des togolais. Le 13 janvier n’était donc apparu que pour ternir la célébration du 27 avril qui marque en fait la "rupture" de notre pays avec le colon français. Officiellement imposé aux togolais comme une victoire sur l’impérialisme, il n’aura jamais été qu’une blague du Général à son "peuple", et Dieu sait combien quand le goût du vin change en vinaigre, il peut couper l’envie de boire même au plus gros soûlard. Le 13 janvier n’était donc qu’une fête de mauvais goût qui comparé à la célébration du 27 avril qu’Eyadéma offrait aux togolais de son vivant , n’était rien d’autre qu’un gros poisson d’avril mal cuit qu’il nous fallait manger (entendez célébrer) et même "digérer" de gré ou de force.
Avec le décès d’Eyadéma, l’espoir était donc permis de croire en la bonne foi de son fiston " le Faure ", pour définitivement changer les choses dans notre pays, mais hélas ! Celui-ci jusqu’à présent n’a malheureusement pas l’air d’être assez " fort " pour résister aux pressions des fauves qui continuent de faire tourner la machine de la répression dans notre pays plus d’un an après la mort du " vieux ", raison pour laquelle nous continuons de voir surtout depuis la célébration du 13 janvier 2006, la roue togolaise toujours tourner dans le même sens qu’il y a bientôt quarante ans. Au lieu donc d’un simple poisson d’avril, nous avons même désormais droit à un véritable "poison d’avril" qui déjà en 2005 après l’élection présidentielle aura fait son lot de victimes, à savoir des réfugiés dans les pays voisins, des morts, des pressions, des répressions diverses et bientôt des dépressions. Bref le cercle infernal reste immuable au Togo, et les réactions surtout négatives de la communauté internationale à la situation pourrissante et persistante dans notre pays, illustrent bien ma sombre vision des choses. Nous sommes tout simplement très loin encore de l’indépendance réelle à laquelle a toujours aspiré notre peuple. Sans aucun doute, nous pouvons dire qu’il y a longtemps que notre poisson d’avril s’est tourné en un véritable poison pour notre population, et quand on sait qu’une année entière vient de s’écouler depuis la mort d’Eyadéma, sans que rien ne semble réellement bouger dans notre pays (si ce n’est que notre équipe nationale de football pourra bientôt participer au Mondial en Allemagne), il y’a lieu de se poser des questions sur la situation réelle et l’avenir du Togo. La politique togolaise est devenue tellement monotone, qu’il va falloir se trouver d’autres distractions pour s’éviter des crises cardiaques. Qui sait si nous ne devons pas commencer par exploiter d’ailleurs la filière du sport pour essayer de sauver le Togo de la noyade. Je m’en vais même pour cela suggérer que nos autorités actuels commencent par proposer aux prochains jeux olympiques par exemple, une nouvelle discipline où nous sommes sûrs de remporter toutes les médailles. Pour ma part, j’opterais volontiers pour la course aux urnes (entendez les urnes sous les bras). Une discipline où les togolais sont et resterons imbattables comme le monde entier a pu l’observer en direct sur les petits écrans de télévisions, au cours de la dernière présidentielle organisée dans notre pays. A ce jeu là au moins, nous sommes sûr de dominer, et peut -être que seulement alors, le monde recommencera par parler d’une manière plus positive de notre pays et nos mois d’avril devenir moins amers ?

Réflexion : Allons nous encore cette année 2008 assister à des défilés militaires, des cérémonies de décorations des traîtres du pays, ou des célébrations de messes puis aller pleurer sur les tombes de nos morts, et continuer par regarder leurs assassins se pavaner tranquillement dans nos rues? Le poison distillé par le parti au pouvoir a-t-il déjà complètement affaibli notre population? Qu’est donc finalement devenue l’opposition politique togolaise? Quel avenir pour les togolais qui ne trouvent même plus un poisson (de mauvais goût) à manger sur leur table? À quand la lutte pour la vraie libération de notre pays...?
Il y a tant de questions à laquelle j’aimerais pouvoir répondre, mais…hélas! Bientôt ce serait encore une fête de l’indépendance bourrée de mauvais souvenirs et d’actes manqués de notre part, nous les fils de ce pays meurtri. Ô combien triste est le sort de notre cher patrie? Pleures Togo, pleures Ô pays bien aimé, mais quand tes larmes sêcheront, lêve dignement la tête puis marche courageusement à la reconquête de ta liberté volée. Dignes fils du Togo,la lutte pour notre indépendance ne doit pas s’arrêter… elle ne fait que commencer.

P.S: Cet article peut aussi etre lu sur :http://www.africatime.com/Togo/index.asp

Monday, February 25, 2008

"HAUT COMMISSARIAT A LA RECONCILIATION ET AU RENFORCEMENT DE L'UNITE NATIONALE" : UNE TROUVAILLE POUR ENDORMIR LE PEUPLE ET SE REMPLIR LES POCHES




Dans le communique officiel publié à la suite du conseil des ministres qui s’est tenue le 20 février 2008 sous la présidence du chef de l’Etat togolais [1], il est fait part de la volonté du gouvernement de créer un Haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale. Une trouvaille qui certainement fera encore couler beaucoup d’encre et d’argent, et pourra endormir un peu plus le peuple togolais tout en permettant aux nouveaux venus dans le « système » de s’enrichir sur le dos de l’Union Européenne et des autres bailleurs de fonds qui continuent de croire que la démocratie est en bonne marche au Togo sous la conduite des assassins qui nous gouvernent et ne continuent d’échapper à la justice que parce que l’armée leur appartient et qu’ils profitent du pouvoir pour se créer une immunité.
Si l’initiative semble louable, le nom donné à la nouvelle trouvaille révèle à elle seule l’esprit qui se cache derrière ce projet et qui suffira à décourager heureusement (ou malheureusement) l’adhésion populaire. Nos dirigeants sont-ils devenus insensibles au point qu’ils n’arrivent même plus à imaginer l’effet des mots sur la conscience collective de notre population, commissariat n’étant plus dans notre pays rien d’autres qu’un mot qui traduit la répression. C’est le symbole d’un lieu qui abrite la police (par extension l’armée togolaise), c’est à-dire l’organe même de l’injustice et non pas une commission qui pourra faire valoir nos droits et rendre au peuple sa dignité perdue au cours des années d’abus de pouvoir comme le pensent nos dirigeants. Nous ne seront pas en face d’un conseil de sages, ou d’une nouvelle commission qui cherche à rendre justice au peuple togolais, mais bien en face d’un nouvel organe de confiscation de nos droits. Le pouvoir actuel est-il prêt par exemple à présenter des coupables de crimes à la population après le travail de toutes les commissions d’enquête qu’il avait mis sur pied. Ces coupables sont-ils prêts à demander pardon à un peuple qui a soif de connaître la vérité et attend d’être indemniser. « Haut commissariat » résonne aujourd’hui dans l’oreille du togolais comme la nouvelle émanation d’un pouvoir illégal, et injuste, voire dictatorial.

Voici donc à priori une nouvelle initiative de nos dirigeants vouée déjà à l’échec avant même que de voir le jour, car le nom seul suffit à traduire les pensées qui se cachent derrière cette nouvelle invention d’un gouvernement qui se sait illégitime.
La réconciliation nous n’avons cessé de le dire n’aura pas lieu au Togo [2], tant que l’armée sera au dessus de la justice, que les crimes commis par les milices privées de nos barons resteront impunis, et que le pouvoir en place ne sera autre chose que la face visible de « l’iceberg » d’assassins qui confisquent la liberté de notre peuple. Croire qu’une commission, pardon : un haut commissariat pourra arriver à trouver les assassins qui ont créée la division de notre peuple, et pourra aller jusqu'à rendre justice aux togolais reste une utopie, car les assassins se connaissent et sont ceux-là qui justement détiennent encore tout le pouvoir dans notre pays. Comme on le sait, nul ne scie la branche sur laquelle il est assis de peur de dégringoler de l’arbre, et ce ne sont pas nos assassins au pouvoir au Togo qui créeront une commission pour se rendre eux mêmes justice et accepter de rendre leur tablier à un peuple qui le leur réclame depuis maintenant plus de quarante ans. A qui voudra-t-on donc faire croire que les criminels qui dirigent notre pays se laisseront condamner un jour par un organisme qu’ils auraient eux-mêmes mis sur pied ? En se cachant derrière l’idée de la réconciliation et de l’unité du pays, ils ne cherchent qu’à endormir une fois encore notre mémoire et faire oublier leurs crimes.

Le Haut commissariat pour la réconciliation et le renforcement de l’unité nationale, n’est à mon avis qu’une nouvelle trouvaille pour rapidement dilapider les sous reçus de l’Union Européenne avant les prochaines élections présidentielles qui risquent d’être désastreuses pour nos dirigeants actuels, car cette fois-ci les togolais ne se laisseront plus berner. Ah, si seulement les jours à venir pouvaient ne pas me donner raison !

Prière lire aussi :
[1]= http://www.africatime.com/Togo/index.asp
[2]= http://togoenquarantaine.blogspot.com/2007/09/la-reconciliation-au-togo-naura-pas.html

Tuesday, February 12, 2008

LE TOGO RESTE ENCORE UN GRAND MALADE


En réponse à un article de San Evariste Barro paru dans la presse l’Observateur du Burkina Faso le jeudi 7 février 2008 et titré : « Togo : Le malade est encore convalescent » [1], nous nous permettons sans toutefois chercher à jouer aux pessimistes, de lui répondre que notre pays est plus malade qu’il ne le croit et que nous sommes encore très loin de sa convalescence.
Dans son analyse, San Evariste Barro semble trouver en l’actuel chef de l’Etat togolais, l’homme de la situation qui après son intrusion dans le fauteuil présidentiel au lendemain du décès de son père a su renoncer à son mandat de président imposé au peuple par une partie de l’armée et les caciques du RPT, pour revenir de manière démocratique à la même place après les élections d’avril 2005 que tout le monde savait truquées, la fraude ayant été suivie en direct sur les chaînes de télévision au moment ou les militaires togolais s’étaient saisi des urnes pour s’enfuir dans une course à pied digne des meilleurs athlètes africains.
Le journaliste a su cependant être à notre avis, assez objectif dans sa présentation de la situation actuelle du Togo, et les efforts que Mr Faure Gnassingbé fait pour corriger les erreurs de son feu père Eyadéma décédé il y a maintenant trois ans. Il manque cependant de cerner toute la complexité de la situation dans notre pays, car s’il est vrai que pour guérir complètement le Togo, il lui faut aujourd’hui une bonne dose de démocratie, de bonne gouvernance et aussi d’alternance, le problème togolais reste plus profond qu’il ne paraît, car il a pour nom : armée tribale, gouvernement familial (ou amical suivant la hauteur d’où on le voit), corruption, injustice, et malheureusement un manque de stratégie politique de la part de l’opposition togolaise…
Le mal qui ronge le Togo est pire qu’un cancer car il ne s’arrête pas à la classe politique dirigeante, mais s’étend aussi à l’opposition politique, voire à une partie de la population qui vit en « parasite » se greffer sur le système actuel. C’est une maladie tellement grave que les soins qui lui sont donnés à savoir : "accords politiques en catimini", "élections frauduleuses", ou "oxygène monétaire" insufflé par l’Union Européenne n’y feront rien, car tous les traitements administrés à ce jour ne visaient pas vraiment à crever l’abcès. Nous ne pouvons donc pas encore nous permettre de parler de convalescence, car le Togo reste encore un grand malade. Notre pays souffre d’un héritage trop lourd à porter qui peut se résumer à l’histoire de deux familles : les Gnassingbé et Olympio. D’aucuns diront que c’est de notre part une manière trop simpliste, voire absurde d’analyser les choses, mais essayons d’expliquer rapidement pour nous faire comprendre.
Les malheurs de notre pays ont commencé avec le premier coup d’Etat que le continent avait connu le 13 Janvier 1963, lorsque le père de l’indépendance togolaise s’était fait assassiné par un jeune sergent du nom d’Eyadéma Gnassingbé. Beaucoup cherchent encore aujourd’hui à connaître les motifs réels de ce coup d’Etat, mais nous croyons qu’il s’agissait avant tout de protéger les intérêts de la France en Afrique. Les togolais comme nos parents ont pu nous l’expliquer voulaient sous Sylvanus Olympio continuer de faire allégeance à l’ancien colonisateur qu’était l’Allemagne (qui avait perdu sa "Colonie Modèle" : le Togo à la suite de la seconde guerre mondiale) mais qu’ils préféraient à la France. Ils cherchaient donc dès l’indépendance du pays à frapper par exemple leur propre monnaie en prenant le Mark Allemand comme devise de référence plutôt que le Franc français. L’argent étant le nerf de la guerre, c’était déjà trop d’affront pour une France qui venait d’accorder malgré elle son indépendance au Togo. Eyadéma n’était donc intervenu que pour faire le sale boulot aux français, en éliminant le dissident de l’époque, c'est-à-dire Sylvanus Olympio par qui venaient les réformes émancipatrices du Togo ; raison d’ailleurs pour laquelle le soutien de la France ne lui avait jamais fait défaut durant tout son règne de dictateur à la tête de notre pays. La vérité sur cette affaire sera probablement révélée un jour, puisque aucune enquête claire à notre connaissance n’a vraiment encore été menée sur ce dossier. Disons cependant pour faire bref, qu’ Eyadéma a su ensuite mettre rapidement en place une armée tribale entraînée par la France pour assurer ses arrières et échapper à la vengeance de la famille Olympio et de ses partisans, mais toute sa vie on le sait, le Général avait été hanté par l’assassinat du père de l’indépendance togolaise.
Aujourd’hui c’est vrai que le dictateur n’est plus de ce monde, mais tant que ses enfants resteront au pouvoir et qu’un seul Olympio sera dans la course politique, le Togo restera malade de son héritage historique.
Le semblant de démocratie que nous voyons poindre aujourd’hui dans notre pays n’est qu’artificielle car les Gnassingbé ne quitteront jamais de leur propre gré le pouvoir, de peur de se laisser rattraper par le passé. La présidentielle 2010 à venir est par anticipation déjà gagnée par le parti politique qu’ils incarnent : le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT).
L’alternance que les togolais attendent ne se jouera qu’entre les fils Gnassingbé et les querelles familiales n’apporteront aucun changement dans la vie quotidienne du pauvre citoyen togolais. Quand récemment Kpatcha le frère du chef de l’Etat actuel a été éloigné du pouvoir, ce n’était pas pour faire de la démocratie, mais pour "former un roc" ("Faure"-"Mey" un "Rock" [2]), sur lequel sera bâti le règne de la dynastie Gnassingbé et qui fera au même moment croire au monde qu’il y a du changement dans l’air dans notre pays. Les enfants d’Eyadéma savent bien qu’ils n’auront bientôt plus à avoir peur de leur rival principal, puisque Gilchrist Olympio est en train de prendre de l’âge et ne semble à ce jour pas avoir de successeur, son parti l’Union des Forces du Changement (l’UFC) n’étant déjà plus que l’ombre de lui-même, ayant perdu le soutien des autres partis de l’opposition et celui de la rue après les récentes élections législatives. La stratégie du clan Gnassingbé consiste tout simplement maintenant à garantir l’héritage paternel en jouant la montre et en plaçant des pions gagnants, c’est-à-dire en mettant à tous les postes politiques du pays, des hommes acquis à leur cause. Les fougueux de la famille comme Kpatcha, trop impatients de faire la fête ne sont éloignés que pour ne pas trop éveiller les soupçons, mais reviendront comme des charognards se régaler de leur proie dès que la mort « naturelle » du dernier Olympio leur sera annoncée. Il est donc évident que la démocratie tant souhaitée par notre peuple n’est pas encore pour demain. Actuellement la bonne gouvernance ne consiste qu’à continuer de « faire la poche » à l’Union Européenne, et à enfoncer les générations togolaises à venir dans la dette en empruntant auprès des banques éparpillées dans le monde (les chinois et les arabes par exemple, étant devenus très voraces dans ce domaine). L’alternance politique réelle n’est donc pas pour demain car ce serait pour la famille Gnassingbé, un sabordage qu’à leur place même un fou n’oserait se faire.
Nous sommes donc très loin encore de la convalescence, mais bien en face d’une maladie silencieuse qui ne dit pas son nom: un cancer qui doucement ronge le Togo et bientôt s’étendra à toute l’Afrique si on laisse faire. Les autres chefs d’Etats africains n’ont-ils pas déjà calqué leur politique sur l’exemple togolais, en formant leurs enfants pour les succéder? Gouverner en Afrique ne consiste-t-il pas aujourd’hui à "retourner l’ascenseur" à des pays comme la France avec toutes les conséquences que cela représente pour nos populations (allusion ici à la grâce présidentielle du Président Deby aux responsables de l’"Arche de Zoé" après la récente attaque des rebelles et le soutien français au régime Tchadien)? Le Togo est un mauvais exemple de démocratie qui continue de s’exporter à toute l’Afrique, et les violences électorales en cours au Kenya peuvent aujourd’hui en témoigner.
Pour finir avec ce lourd héritage qui nous maintient dans le sous-développement, il n’y a qu’une seule solution : couper définitivement les membres atteints par la gangrène. De nouveaux hommes doivent prendre la tête du Togo (que cela se fasse par la force ou par les urnes), et rompre avec le cercle vicieux de la magouille. Nous avons besoin d’un leader à la tête de notre pays qui ne vienne pas jouer la carte tribale, ni celle de l’armée ou même intellectuelle. Il nous faut juste un homme sérieux, un rassembleur capable de mettre l’intérêt national au dessus de celui de sa famille (entendez: tribale, politique, religieuse, financière…). Nous avons besoin d’une nouvelle génération d’hommes intègres, et d’un changement de mentalité de la population pour faire repartir le Togo. C’est alors seulement que nous pourrions parler de convalescence, et enfin réfléchir à un développement durable de notre pays, pour finalement rêver à en faire la vraie "Suisse de l’Afrique".
Pour l’instant, tant que les miliciens du parti au pouvoir bénéficieront d’impunité, que des mains inconnues cachées dans l’ombre continueront de diriger notre pays, ou que l’ensemble des partis de l’opposition ne sauront se regrouper en un bloc solide et crédible pour présenter un seul candidat aux prochaines élections présidentielles, le Togo restera un grand malade et cette maladie continuera d’affecter l’Afrique voire le monde entier: les réfugiés togolais ne sont-ils pas déjà en train d’envahir l’Europe, les Etats-Unis et le Canada? Bientôt ce serait au tour de l’Asie de nous accueillir, le chômage et la violence étant en train de gagner toute l’Afrique, avec bien sûr la bénédiction de nos hommes au pouvoir.
N.B :
[1] http://www.lefaso.net/spip.php?article25498
[2] Faure, Mey, Rock = nom de trois fils d’Eyadéma occupant actuellement des postes stratégiques au Togo.