Sunday, September 16, 2007
LA RECONCILIATION AU TOGO N'AURA PAS LIEU
En effet Après avoir éliminé la population togolaise de tous les débats le concernant, et en cherchant à nous faire croire que la crise togolaise trouvera un jour une solution sans que les militaires qui détiennent la clef réelle de la sécurité dans notre pays soient associés aux débats sur notre société, certains continuent encore naïvement de vouloir nous faire croire au Père Noël pour réussir des initiatives qui engagent à priori les togolais, mais sans que ceux-ci aient leur mot à dire. Tout se passe encore au Togo comme si le peuple ne représenterait rien d’autre qu’une société d’attardés mentaux ou comme certains se plaisent souvent à le dire : une classe de " moutons " à laquelle chaque prédateur pour peu qu’il ressemble à un " lion " peut venir imposer le pâturage à brouter, ou facilement conduire à l’abattoir sans que nous puissions même sur le chemin de notre mort avoir l’occasion de "bêler". C’est malheureusement là où justement la plupart de nos dirigeants et maintenant la communauté internationale font une grosse erreur.
S’il est vrai que le coup d’Etat perpétré par le fils, après le décès de l’ex- " Père de la nation" avait été à ce point surprenant qu’il a réduit la population togolaise au silence, la situation actuelle ne doit pas être confondue avec une démission, ou une totale soumission de la population togolaise aux désirs peu voilés de pouvoir et de puissance que nourrissent les nouveaux dirigeants du Togo. C’est vrai qu’après le hold-up sur les urnes lors de la dernière élection présidentielle dans notre pays, les togolais s’attendaient à voir apparaître un libérateur, qui vienne remettre les pendules à l’heure, un vrai patriote qui chasserait les armes à la main tous les "vautours" encore rassemblés autour du défunt dictateur, et tirerait la population encore surpris par la mort d’Eyadéma de sa torpeur. Bien sûr que tous les politiciens eux n’avaient que leurs petits plans en tête et ignoraient totalement la volonté du peuple. Tous savaient le "match électoral" truqué d’avance, mais avaient accepté y jouer au détriment du peuple car comptant sur leurs amis de la communauté internationale pour les aider à jouer leur jeu. La colère qui avait suivi l’élection et qui fut vite étouffée par nos " barbares de toujours", cette milice sans nom à la solde de la dictature et que d’aucuns confondent avec l’armée togolaise n’avait fait que renforcer le désespoir du peuple. C’est justement parce que cette milice qui asservie notre population n’est pas encore l’armée sensée nous protéger, que personne ne sait vraiment comment associer aujourd’hui cette dernière aux tentatives de cette réconciliation devant mener à la paix dans notre pays. La même chose dans le cas du peuple togolais, qui à force de ne pas être associé aux problèmes qui l’engagent s’est éloigné du processus devant le réconcilier avec l’armée (pardon : la milice). Nous pataugeons donc aujourd’hui dans une situation ou toutes les bonnes volontés continuent d’élaborer des théories pour faire la réconciliation de notre nation sans que personne vraiment n’arrive à nous définir entre qui doit se faire cette fameuse réconciliation. Est-ce en effet à une réconciliation de la population avec son armée qu’il faut s’attendre, ou à une réconciliation entre le peuple et ses dirigeants ? Est-ce au contraire une réconciliation du peuple avec les partis dits de l’opposition dont les dirigeants n’ont pas hésité à nous sacrifier sur l’autel de leurs ambitions personnelles, ou mieux à une réconciliation du peuple avec lui-même ?
Si nous sommes toutefois d’accord que les vrais acteurs de cette réconciliation continuent d’être tenus en dehors des prises de décisions alors il est évident à mon humble avis que non seulement la réconciliation ne sera pas pour demain dans notre pays mais pire, la vraie crise qui mine notre pays restera entière, et tout le travail qui semble se faire actuellement ne sera rien d’autre qu’une perte de temps. Bien naïfs sont encore ceux qui croient qu’une élection législative sera le remède miracle qui sauvera le Togo du chaos, quand on sait que le peuple ne se retrouve plus dans aucun des candidats aux élections ou des acteurs politiques actuels qui se disent nous représenter. Nos dirigeants et tous ceux qui aspirent à nous gouverner demain, devraient donc commencer par nous parler un autre langage, celui de la vérité et plus que cela, ils doivent commencer par traduire leurs paroles en actes (allusion au récent discours du chef de l’Etat sur l’impunité, immédiatement suivi des interdictions de marches pacifiques en faveur justement de ce même sujet). Qu’on arrête donc de chercher à tourner les togolais en bourriques, et que les bonnes volontés qui s’offrent pour réconcilier notre population s’adressent directement et avant tout aux assassins du peuple. Que le pouvoir en place qui nous a jeté à l’œil la poudre des enquêtes (confiée à la « commission Koffigoh ») après l’élection présidentielle d’Avril 2005, aille plus loin dans sa tâche et passe aux actes, pour nous prouver la bonne foi de nos dirigeants et expliquer au monde que les choses commencent par changer positivement au Togo. Après deux années d’exercice du nouveau pouvoir en place au Togo et qui se veut « démocratique » nous voulons concrètement voir les auteurs des crimes arrêtés, nous voulons voir jugés : ceux qui ont égorgé nos pères, éventré nos mères, chassé nos frères en dehors du pays, violé nos sœurs et rendus nos enfants orphelins, mais continuent allègrement de se balader dans les rues de Lomé et ne cessent de nous narguer comme s’ils étaient au dessus des lois de notre pays. Que les auteurs des crimes d’Avril 2005 aient au moins le courage (sinon la chance) de venir faire leur mea-culpa au peuple, et nous disent pourquoi ils ont retourné leurs armes contre nous, eux qui étaient sensés nous protéger? Si après le travail de la justice le peuple se décide à leur pardonner et à oublier ce passé douloureux de l’histoire de notre pays, alors seulement aura lieu la réconciliation.
Le problème de la réconciliation au Togo passe avant tout par la reconnaissance des torts causés à notre peuple par les exécutant des basses besognes du groupe d’individus qui continue de prendre notre pays en otage. C’est vrai que seuls ont peur de la réconciliation, ceux qui craignent que la confession de certains crimes ne les éloigne à jamais de la politique et donc du pouvoir, mais sans ce passage obligé de reconnaissance du mal et d’acceptation des peines qui l’accompagnent, l’élection législative prochaine au Togo et toutes les élections futures dans notre pays seront à priori vouées à l’échec.
Chacun sait qu’il n’y aura pas de réconciliation sans pardon, et qu’il n’y aura pas de pardon sans confession des fautes. Les hommes politiques ne devraient donc pas négliger de parler ce langage de vérité s’ils tiennent à se rapprocher de notre population.
Tant que l’impunité continuera de régner en maître au Togo, la réconciliation restera son esclave, c’est-à-dire un vain mot, un simple rêve de démagogues, et Dieu seul sait s’il nous est encore permis de rêver au Togo après toutes ces années de retard sur un monde soumis aujourd’hui à un "Tsunami" de changements, une évolution…trop rapide.
Sunday, October 29, 2006
UNE SEANCE DE TORTURE AU TOGO

UNE SÉANCE DE TORTURE AU TOGO
Le livre a pour titre “ Lutter pour ses droits au Togo” et révèle dans ses pages 66 à 72, l’arrestation de son auteur par les bourreaux d’Eyadéma, le Président défunt du Togo, surnommé le “Dieu de la Terre” par ses admirateurs. C’était le 22 août 1990, soit plus de 16 ans maintenant, mais les souvenirs restent vivaces, car rien ne semble avoir changé au Togo depuis ce temps, même après la mort du Général Président et même après la « reprise » du pouvoir par son fils Faure Gnassinbgé, suite aux dernières élections d’Avril 2005 ou le monde entier a pu voir en direct sur les écrans de télévision, les militaires togolais emporter au pas de course les urnes de vote, et aller remettre la victoire à leur préféré, après avoir tiré dans la population et fait fuir le pays à prêt de 47 000 de leur compatriotes.
Nous nous permettons de reprendre avec l’accord de Hilaire LOGO DOSSOUVI l’auteur du livre, l’enfer qu’il a connu après son arrestation par les sbires de la police politique togolaise :
« - Dans la soirée du 22 août 1990, Laurent Aboley, Paulin Aboley, Josué Kossi Efoui, Agbelenko Doglo, Boda Alpha, Kara Koro, Nabine Ouyi, Sassou, Hope Kalépé, Têko Yovodevi et moi-même, Hilaire Dossouvi Logo, avons été arrêtés par la police politique d’Eyadéma. Mon calvaire commença ce soir-là. J’étais alors à la maison en train de mettre en forme le premier jet d’une allocution que je devais prononcer une semaine après à Tokpli, à l’occasion de la 4e célébration de la fête traditionnelle du Yoto. Vers 19H30, des inconnus ont fait irruption dans mon salon, en me demandant abruptement si j’étais bien Hilaire. Je réponds que oui. Ils se précipitèrent aussitôt sur moi pour me menotter, avant même que de me montrer leur carte de police. C’était un pot pourri de la gendarmerie, la police, l’armée. Je reconnus les commissaires Dogbévi, Karkassa et Palanga, qu’accompagnaient une vingtaine de brutes. Ils avaient investi le quartier, en plus de ma maison. Notre domicile fut mis sens dessus dessous durant des heures, jusqu'à 2 heures du matin, évidemment sans mandat. Infructueuses, les recherches prirent fin sur une note visible de déception de mes « assaillants ». Néanmoins ils m’embarquèrent à bord d’une Renault 18 bleu marine avec escorte, indifférents aux pleurs de ma famille et aux questions de ma femme qui voulait savoir ou l’on me conduisait.
Cette même nuit, tous mes camarades de la « coordination » ainsi que 2 cellules d’étudiants ont été arrêtés dans les mêmes conditions, et enfermés individuellement dans les cachots de la DRG (Division des Renseignements Généraux) à Akodessewa, un quartier périphérique de Lomé - centre de torture connu. Au début j’ignorais l’arrestation et la détention de mes camarades. Mon interrogatoire a duré toute la nuit. Entamé par le commissaire Dogbevi, il se poursuivra avec palanga relayé par Lamboni. Les premières questions concernaient mes « relations avec les étudiants de l’Université du Bénin », puis mes « activités à Lomé », puis si j’avais « quelque chose » à me reprocher ? Un tel questionnement marqué par les insinuations était connu des opposants et je n’ai pas répondu. Nous tournions autour du même pot lorsque je demandais à Lamboni si je pouvais téléphoner à mon avocat. Colère irrépressible de mon questionneur ; « Ton avocat ! Tu ne sais pas ce qui t’attend ! Si ton avocat vient ici, je le coffre. ». Quelques minutes plus tard, on fit passer devant moi notre camarade Hope Kalépé, menotté et torse nu. Lamboni me demanda si je le connaissais. Je me crus obligé de répondre par l’affirmative.
Un homme de petite taille fit alors son entrée, et mes geôliers se levèrent quand il traversa la salle pour rejoindre un bureau au fond. Le commissaire Dogbévi me conduit alors devant lui : pantalon kaki, chemise jaune à rayures noires, visage ovale, balafré des tatouages yorouba dits « odjouo lêgba ». Il s’agit bien d’Antoine Pitalounani Atakora Lao-Kpessi, le patron de la sureté togolaise, connu par la rue comme « le roi de la torture ». C’est aussi l’homme de confiance du Président. Cette nuit-là, il se contenta d’informations générales sur ma personne puis s’en alla. Apres quoi, on m’attacha au lit de garde, sous haute surveillance jusqu’au lever du jour. Le roi de la torture revint vers 7h30-8h, suivi d’une quinzaine d’hommes – policiers, gendarmes, militaires, tous en uniforme. Parmi eux, le cruel Alaza – policier commando de la garde présidentielle et chef des « escadrons de la mort » - qui promit de me « manger une de ces nuits, à minuit »… Les commissaires Palanga, Karkassa, l’officier de police- adjoint Lecoutey étaient présents. Une demi-heure après leur arrivée, une série interminable de hurlements traversa l’air. Il s’agissait des frères Aboley (Laurent et Paulin).
Avant mon second interrogatoire à la DRG, on me conduisit dans une salle de conférences, face à 5 individus assis, de mine patibulaire, qui me fixèrent longuement. La salle close était dans une demi- obscurité, conditionnement psychologique requis sans doute avant tout interrogatoire maison. Je m’efforçais de rester calme, de dominer mes appréhensions, tout en présentant une figure de marbre à mes ennemis. Ce n’était pas si facile car j’avais face à moi une rangée de crânes rasés, de mains aux doigts garnis d’anneaux rouges, noirs argentés – y aurait-il des sorciers maléfiques dans la salle ? Apres cette séquence de film d’horreur, je fus précipité dans la salle des tortures. En chemin, je croisai Têko Firmin Yovodevi qui en apparence n’avait pas été torturé. Il sembla me plaindre. Les hurlements des frères Aboley avaient cessé, faisant place à un lourd silence.
La première question du capitaine Lao Kpessi a trait à mes relations avec les étudiants et l’ensemble du monde universitaire. Puis il me met en garde : je n’ai plus lieu de nier quoi que ce soit, « bêtement ». J’ai donc admis mes « activités » concernant les étudiants à ma connaissance détenus ce jour-là : Hope Kalépé, Têko Yovodevi, Paulin Aboley et Laurent Aboley. Le « roi de la torture » signifia alors qu’ils avaient « tout avoué » et que si je niais les évidences, j’en souffrirais inutilement. Puis on me déshabilla, au milieu d’une pluie de questions sur la CDPA. L’équipe de tortionnaires savait que j’étais le responsable de la « coordination » et que les cellules étaient « cloisonnées », avec impossibilité de remonter aux autres éléments sans me faire parler. J’avouai sans mal mon appartenance à la CDPA, et mon « traitement » commença à se durcir aux fins d’obtenir la liste de mes compagnons. J’ai été d’abord frappé violemment : cordelettes, coups de pied, coups de poings, bâton… A défaut d’obtenir des noms, mes tortionnaires voulaient les procès-verbaux de nos réunions. « Mais nous n’en faisons jamais ! », fut ma réponse. Et les fiches de présence ? « Mais, nous n’établissons pas de tels documents inutiles ! ». M. Lao- Kpessi s’énerve alors et demande qu’on fasse « briller le soleil » - selon ses propres termes. Un jeune gendarme en uniforme (son chauffeur) s’approche de moi avec un générateur à manivelle rotative, connecté par deux fils électriques à deux pinces dentelées que les bourreaux vont accrocher au gré de leur cruauté à mes deux index, à mes bras, à mes jambes, à mon sexe, aux mamelons de mon torse, à mes oreilles… Les décharges parviennent jusqu'à la tête, donnant l’impression que son cerveau va jaillir du crâne… La douleur est intense, fulgurante, inoubliable. La vie s’arrête. Chaque « séance » peut durer entre 2 et 5 minutes, une éternité… Le torturé hurle comme une bête.
Mon calvaire a duré trois heures. Ils voulurent ensuite la liste des membres de la CDPA et les noms de « vos commanditaires ». Vers 12 h30, ce vendredi-là l’enfer s’arrêta pour moi dans les locaux de la DRG, après notre visite au cabinet d’expertise de Lucas Afantchawo. Ici je souligne incidemment que la photocopieuse de cet homme ne lui a pas été restituée, comme d’ailleurs mes précieux ‘ instruments de travail’ : machine à écrire, appareil photos, une dizaine de livres de tous genres, emportés à tout jamais sans doute par l’équipe de perquisition. Hélas, la torture reprit de plus belle dans l’après-midi vers 16h, cette fois à la Sûreté Nationale, dans le bureau du capitaine Lao-Kpessi. Cet après-midi-là, à propos des noms ‘Agbéyomé’ et deux autres, on tourna la ‘gégène’ – le nom utilisé dans l’armée française durant la guerre coloniale en Algérie, quand la ‘torture’ connaissait un grand ‘développement’ – jusqu'à ce que je perde connaissance… En retrouvant mes esprits, des pensées surgissaient : « Un couard meurt plusieurs morts, tandis qu’un courageux ne meurt qu’une fois. Tu seras un brave si tu parviens à transcender la peur ».
Dans les locaux de la direction de la Sûreté Nationale, j’ai pu voir les camarades interpellés et la, bonne surprise ! seule l’équipe de coordination et 2 cellules étudiantes avaient été ‘harponnées’ – les autres équipes de quartier et du campus (soit une cinquantaine au total), ainsi que nos sympathisants à l’intérieur du pays et les réseaux des professeurs Gnininvi, Sassou et Gayibor n’avaient pas été touchés.
L’opinion nationale et internationale sensibilisée déjà à l’époque du danger inhérent à toute arrestation au pays de Gnassingbé Eyadéma, se mobilisa pour nous sortir des griffes de nos bourreaux. Dès mon arrestation, ma famille avait entamé ses recherches afin d’identifier le lieu de ma détention, mais sans résultat durant toute une semaine. A plusieurs reprises, s’étant rendue à la Sûreté, on lui répondit que nous n’y étions pas. Angoissée à juste titre, mon épouse avait alors saisi la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) par l’entremise de Me Agboyibor, qui chargea la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) alors présidée par Me Kokou Kofigoh de mener une enquête sur notre traitement. Le régime tenta alors de corrompre les camarades torturés en achetant leur silence. Il visait à médiatiser ensuite les « affabulations et mensonges de la LTDH », afin de lui ôter son crédit à l’étranger notamment. Malgré un second rapport de la CNDH niant notre torture et signé du vice-président Assouma, qui venait contredire le premier rapport signé de Me Agboyibor, l’opinion publique nationale et internationale savait à quoi s’en tenir. Malgré les rapports mensongers des experts médicaux, sous la férule du Docteur Bissang – l’homme du pouvoir au Pavillon militaire du CHU-, qui s’opposaient aux conclusions des organisations des Droits de l’Homme impliquées dans le dossier, il fut reconnu que 4 des prévenus avaient été bel et bien torturés. J’en ai encore les séquelles.
A la demande de ma famille, l’enquête diligentée par la CNDH à travers la Ligue, en vue d’élucider les conditions de notre arrestation et de notre détention, a révélé combien le régime Eyadéma était ‘infréquentable’, condamnable par les démocraties occidentales. Le pouvoir était acculé par les interpellations médiatisées du directoire de la CDPA, via les prises de parole de Daniel Kouéviakoué et Isidore Latzoo, relayées par le travail de taupe des professeurs Gnininvi, Francois Gayibor et Bertin Sassou, les dénonciations et nombreux rappels à l’ordre de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) par la voix de son président Patrick Baudoin, les alertes d’Amnesty International par la voix de Gaetan Mootoo… ».
Commentaire :
Au Togo, le problème de l’impunité reste crucial et sans solution encore à ce jour. Les assassins de Tavio Amorin (paix à son âme), de Gaston Edeh, du Colonel Tépé et de beaucoup d’autres togolais sont connus mais jamais traduits devant un tribunal, et pour cause : la justice n’est pas encore indépendante dans ce pays. Le dialogue intertogolais initié le 21 avril 2006 entre les participants à l’élection présidentielle d’Avril 2005, s’il souligne dans son communiqué final la nécessité de résoudre le problème de l’impunité, déçoit déjà par le contournement qu’il fait ne serait-ce que des approches de solutions a cette impunité en la rendant caduque par l’amnistie qu’il accorde par avance aux assassins du peuple. C’est dire que l’impunité a de long jours devant lui au Togo et que la vraie réconciliation entre le peuple et son armée ne se fera probablement jamais si les tenants actuels du pouvoir doivent rester en place, eux qui n’y sont justement que par la force des armes. Aux dernières nouvelles, environ 17 000 réfugiés togolais se trouvent encore au Bénin voisin et au Ghana par peur de l’insécurité qui règne encore au Togo et par manque de confiance au gouvernement en place. Il est déplorable que ce trouble politique et social n’empêche pas la communauté internationale et surtout l’Union Européenne de s’acharner à travailler avec les assassins qui actuellement dirigent le Togo.
- Pour se procurer le livre « Lutter pour ses droits au Togo » de Hilaire LOGO DOSSOUVI, prière visiter : http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=18428
- Pour toute aide financière de 100 dollars (et plus) à l’Organisation Non- Gouvernementale des droits de l’Homme :
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- Pour nous aider à continuer par dénoncer l’impunité au Togo et à promouvoir les droits Humains à travers le projet « Togo en qu@rantaine » prière écrire à Kouassi KLOUSSE Artiste peintre et activiste initiateur du projet, via les courriels :
- panaturefr@yahoo.fr
- quarantaine_inc@yahoo.com
- ou laisser un message sur le: (+) 301-920-0399 aux USA
N.B : L’écriture « La qu@rantaine », ou « Togo en qu@rantaine » est une exclusivité de l’ONG : La qu@rantaine Inc.
Sunday, July 16, 2006
TOGO EN QU@RANTAINE A FORT WARD PARK


"TOGO EN QU@RANTAINE"AU PARK FORT WARD
D'ALEXANDRIA VIRGINIA (USA)
LE DIMANCHE 09 JUILLET 2006


L’exposition itinérante de peinture sur les droits humains au Togo dénommée Togo en qu@rantaine a été présentée pour la première fois dans l’Etat de Virginia (USA) le dimanche 09 juillet 2006 depuis son lancement en 2004. C’était à l’occasion de la commémoration du 25e anniversaire de la création des "Amis du Togo" (Friends of Togo), une association américaine regroupant des anciens volontaires du Corps de la Paix (Peace Corps) et autres coopérants américains ayant travaillé au Togo, ainsi que des sympathisants togolais.
L’Artiste peintre togolais et activiste des droits humains : Kouassi KLOUSSE initiateur du projet « Togo en qu@rantaine » a pu saisir l’occasion de cet "Annual picnic" pour présenter une fois encore au public américain la situation des droits humains au Togo à travers ses toiles et des photos sur les dernières tueries dans son pays au lendemain de l’élection présidentielle d’avril 2005. Il a partagé son point de vue avec le public sur l’actualité togolaise, à savoir : le dialogue en cours entre l’opposition et le parti au pouvoir, et la prestation de l’équipe togolaise: les "Eperviers" lors de la Coupe du Monde de juin 2006 de football en Allemagne.
L’Artiste et Activiste Kouassi KLOUSSE a ensuite offert une de ses toiles pour la vente silencieuse aux enchères organisée par l’Association au bénéfice de ses œuvres, une vente aux enchères qui en plus des nouvelles adhésions et vente de T-shirts aura permis aux "Amis du Togo" de réaliser plus de 900 dollars US qui servirons à continuer les activités de développement des communautés en difficulté au Togo.
Les "Friends of Togo" dans leur Rapport Annuel ont chaleureusement remercié l’Artiste pour sa participation, ses explications sur la situation actuelle du Togo et le bel exemple donné à travers l’offre généreux d’une de ses toiles à l’Association.
Sunday, June 04, 2006
7 JOURS POUR REFLECHIR A L'IMPUNITE AU TOGO


7 JOURS POUR REFLECHIR A L’IMPUNITE AU TOGO:
Le dialogue tant attendu entre togolais depuis les tueries de l’année dernière au lendemain de l’élection présidentielle dans notre pays, avait été finalement entamé le 21 avril à Lomé, pour difficilement aboutir sur un projet d’accord que les délégués disposent d’une semaine pour étudier. C’est du moins ce que nous pouvons comprendre ce 02 juin 2006 en jetant un coup d'oeil sur le site officiel de la République togolaise pour lire l’article titré : « 7 JOURS POUR EXAMINER LE PROJET D’ACCORD »:(http://www.republicoftogo.com/fr/news/news.asp?rubID=1&srubID=1&themeID=1&newsID=11531).Je me suis intéressé aux propositions touchant à l’impunité dans notre pays. J’ai lu puis relu le chapitre suivant :III. AU SUJET DE L’IMPUNITE25. Le Bureau propose la création d’une commission ‘’Vérité et Réconciliation’’ qui sera chargée de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique, commis durant la période allant de 1958 à ce jour, et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes.26. Le Bureau propose également la valorisation par les pouvoirs publics des hommes et des femmes de tous bords qui ont la compétence, l’intégrité et l’esprit d’indépendance nécessaires au bon fonctionnement des Cours et Tribunaux, de la Police judiciaire et des autres institutions à qui incombe l’éradication de l’impunité.Je me suis ensuite intéressé au chapitre consacré à ceux qui ont toujours (à cause de l’uniforme qu’ils portent) échappé depuis toujours à la punition au Togo à savoir nos frères de l’arméeJ’ai lu et relu le chapitre que voici :II. A PROPOS DES PROBLEMES DE SECURITELe Bureau a fait des propositions en deux volets :A/ S’agissant de la réforme de l’Armée et des autres Forces de sécurité17. Des dispositions nécessaires doivent être prises en vue de la réaffirmation solennelle et du respect effectif :• de la vocation apolitique, du caractère national et républicain de l’Armée et des Forces de sécurité, conformément à la Constitution et aux lois pertinentes du pays ;• de la distinction entre les fonctions de l’Armée d’une part, et celles de la Police et de la Gendarmerie d’autre part, de façon à ce que la première se consacre à sa mission de défense de l’intégrité du territoire national et les secondes à leurs missions de maintien de l’ordre et de la sécurité publique.18. Des personnes ressources seront désignées pour étudier les problèmes de l’Armée et des autres Forces de sécurité ainsi que les solutions à y apporter, avec le concours des partenaires du Togo.En raison de la spécificité et de la complexité des questions relatives aux Forces de sécurité, ces personnes ressources aborderont leur mission avec sérénité en y associant étroitement les corps concernés.19. Dans l’immédiat, le gouvernement devra prendre toutes les dispositions utiles afin que les forces de défense et de sécurité s’abstiennent de toute interférence dans le débat politique.20. Les effectifs et les moyens d’action de la gendarmerie et de la police doivent être renforcés pour leur permettre d’assumer efficacement leurs missions.21. Les partis politiques doivent être conviés s’abstenir de tout ce qui peut être perçu comme des provocations à l’égard de l’Armée et des Forces de sécurité, et à œuvrer à une confiance réciproque entre ces dernières et les populations.B/ Concernant la sécurité des activités des partis politiques et les élections22. Le Bureau propose que soit mis en place, au niveau national, un mécanisme destiné à alerter, le cas échéant, les services compétents à la bonne application des mesures de sécurisation des activités des partis politiques et des processus électoraux.23. Ce mécanisme d’alerte disposera des relais au niveau de la Commune de Lomé et de chaque Préfecture.24. Le mécanisme national d’alerte et ses relais seront composés de représentants des partis politiques, des autorités administratives et des forces de sécurité.J’ai ensuite essayé de faire le rapprochement entre ces deux chapitres et me suis posé certaines questions qui me sont venues à l’esprit et que je compte sur les délégués à ce dialogue entre togolais pour m’aider répondre au cours des 7 jours de réflexions dont ils disposent encore pour que l’impunité disparaisse sur la terre de nos aïeux.MES QUESTIONS SONT LES SUIVANTES:1- La commission « vérité et réconciliation » si elle venait à être créée, pourra-t-elle avoir accès à tous les dossiers d’enquêtes (quand on sait qu’aucune enquête jamais n’a abouti ou jamais été sérieusement menée au Togo), et nous retrouver les assassins de tous les bords, puisque son travail couvrira la période aussi bien du règne du Président Sylvanus Olympio, et d’Eyadéma ainsi que celui de son fils Faure, c’est-à-dire de 1958 jusqu’à cette année 2006 ?2- Les assassins déjà morts ne nous posent plus de problème, mais quel sort sera réservé aux assassins en vie, qui sont encore aux affaires et ceux qui particulièrement qui portent des uniformes, et donc font parti de l’armée qui déjà dans l’avant goût du texte final semblent être ménagés par les signataires de l’accord, quand on sait qu’une simple critique à l’endroit de l’armée est une insulte au Togo et peut faire descendre nos hommes en uniforme dans la rue surtout que dans notre pays nous ne sommes jamais arrivés à distinguer les policiers des gendarmes ou des militaires en matière de répression de la population ?3- Au cas ou justement notre armée descendrait encore dans les rues ou se saisirait des urnes comme elle en a l’habitude, comment compte-t-on la faire rentrer dans ses casernes maintenant que les politiciens de notre pays commencent par concentrer leurs efforts sur l’organisation prochaine des élections législatives et qu’apparemment elle serait terminée longtemps avant même que la réforme de l’armée ne soit jamais entamée, étant donné qu’aucun délai ne semble énoncé pour les travaux concernant cette fameuse réforme de l’armée ; mais mieux c’est une croissance de ses hommes en uniforme dans nos rues qui se prépare avec l’article 20 du chapitre II de la proposition de texte élaboré par nos politiciens, comme si notre pays n’était pas encore assez militarisé et soit disant pour lutter contre l’insécurité. (Au fait qui détient aujourd’hui la clef de la sécurité dans notre pays depuis qu’Eyadéma n’est plus de ce monde, lui qui en était le garant?)Les délégués nous dit-on, disposeraient de 7 jours pour réfléchir la proposition de texte c’est vrai, mais c’est peut être trop peu à mon avis pour leur permettre de répondre à des questions aussi graves que celles touchant aux droits humains, ce qui personnellement me donne l’impression qu’une fois encore un dialogue entre togolais qui se croient à part et ne pensent pas à associer d’autres togolais à part entière à leurs discussions ne saura accoucher que d’une souris.Que ceux qui se réservent le droit de réfléchir à notre place à tous tiennent en mémoire que certains crimes commis sur la terre de nos aïeux, comme ces hommes brûlés et calcinés retrouvés le jeudi 29 septembre 1994 à Dzové près de Dalavé (préfecture de Zio), ou celui de Gaston Aziadouvor Edeh retrouvé dans un champ le 13 janvier 1994 par exemple (Cf : photos 1 et 2 de la Tribune des démocrates en 1994) sont des crimes trop graves pour être laissés impunis. Que ceux qui se sont délégués pour parler à la place de notre peuple prennent bien la mesure de leur responsabilité envers l’histoire de notre pays et traitent avec du sérieux, la question de l’impunité, afin qu’elle ne soit pas une simple affaire de vérité qui jamais ne sera dite ou d’une réconciliation qui n’engagera jamais le cœur des togolais. La nature à horreur du vide et le risque existe de voir la haine prendre toute la place de l’amour dans nos foyers.
Monday, May 22, 2006
LE TOGO COMME IL VA
«Un an après les violences qui ont émaillé l'élection présidentielle d'avril 2005 où la répression a fait selon les Nations unies de 400 à 500 morts et des milliers de blessés, les plaintes s'accumulent au siège du CACIT, le Collectif des associations contre l'impunité au Togo, qui a déjà enregistré 300 plaintes.»
Un article a lire sur:
http://rfi.fr/actufr/articles/077/article_43875.asp
Sunday, May 07, 2006
PORTRAIT D'UN COLONEL


La mort du Colonel, le peintre que je suis l’avais appris en 1993 comme toute la population togolaise à l’époque, mais en 2003 j’avais été très intrigué par les photos et l’histoire que j’apprenais sur ce soldat. Cela m’avait fait perdre l’appétit pendant des jours, et quand ensuite j'avais voulu reproduire son portrait comme je l’avais ressenti, je n'ai jamais pu revoir que la part animale en l'Homme.
La bête sauvage n’use de sa férocité que pour défendre son territoire ou sauver sa vie. Le lion ou les oiseaux rapaces n’attaquent que pour se nourrir ou défendre leur territoire. Même le serpent ne mord que quand il se sent menacé, mais l’homme lui, peut tuer de sang froid son prochain juste pour de l’argent ou pour satisfaire son plaisir ou celui d’un autre homme qui le lui commande, et c’est ce que je ne comprends pas.
Il doit y avoir en l’homme pire que l’animal. Je n’ai pas pu m’abstenir d’utiliser la couleur rouge pour symboliser tout ce sang inutile qui a coulé. Dans mes touches noires et grises, j’ai noyé mon amertume et ma vaine démarche pour comprendre l’incompréhensible. Depuis 2003 que je l’ai rangé, je ne suis pas arrivé à signer ce tableau. Nous sommes en 2006 et il garde toujours pour moi un goût d’inachevé, celui de la vérité qui doit un jour être dit au peuple togolais sur la mort de tous les fils de notre nation abattus sans raison, et sans que jamais aucune enquête n’aboutisse.
Vous parlez de réconciliation et de réhabilitation ?
Vous me dites que des rues à Lomé ont été dénommées ?
Je crois que cela sent le mensonge, oui certainement…cela sent le mensonge.
Vous voulez des preuves?
Jetez seulement un coup d'oeil sur l'organisation du 27 avril 2006 au Togo et priez pour nos morts, qui certainement continuent de se retourner dans leurs tombes.
COLONEL TEPE DORS EN PAIX

Quant au poème suivant rédigé par un groupe de soldat des Forces Armées du Togo, et publié par « Ibanou » le 3 mai 1993, il nous en dit plus long sur ce massacre de la famille TEPE.
Son titre :
COLONEL TEPE, DORS EN PAIX
Par un matin maudit, tu as rejoint tes ancêtres au fond de la vallée
Par un matin maudit, tu as quitte des hommes médiocres que tu commandais
Par un matin maudit, tu as rejoint le Général AMEYI que tu avais installe
Sur la route du grand voyage une heure plus tôt
Par un matin maudit, des chasseurs de lézards t’ont fracasse le crâne
Et expose ton corps au soleil accablant
Par un matin maudit, des mangeurs de lézards et de souris ont fracassé
Le crâne de tes fils et ton neveu
Par un maudit matin des hommes qui ne comprendront jamais rien
Ont endeuille ton WOAME natal
Par un matin maudit, tu es parti au ciel
Laissant sur terre, le « dieu de la terre »
Et ses petits Satan repus de sang
Par un matin béni, tu es parti comme tu es venu :
Elégant, rasé, réfléchi, beau, et intègre
Des qualités qui faisaient pâlir de jalousie ceux qui ne savent
Que chasser la souris, le lézard… et les hommes.
Par un groupe de soldats des FAT
(publie par Ibanou le 3 mai 1993)
UN RESCAPE DE LA MORT RACONTE

Photo de Blewussi Koffi TEPE, Robert TEPE et Paul TEPE

Voici dans la correspondance que j’ai pu avoir avec F.U. un rescapé de ce massacre quelques lignes qui m’ont coupé l’appétit pendant trois jours :
« Pour la première fois je suis décidé à faire connaître au public du Monde entier une partie des atrocités commises au camp RIT dans la journée du25 Mars 1993. Les six photos représentent les 4 corps de la famille Tépé dont le Colonel, deux des ses fils et son neveu. Le Colonel Tépé aeu la tête écrasée par une brique tandis que les enfants et neveu ontété égorgés par les soldats kabyè. Dans leur rage l'un des assassins a bule sang du colonel car disait-il qu'il avait appris que le Colonel était spirituellement très puissant. Aujourd'hui les anciens idéologues du parti des assassins (le RPT)veulent nous faire croire qu'ils sont les hommes de la situation etqu'ils veulent libérer le peuple qu'ils ont aide à meurtrir.F.U.Un rescape de la purification ethnique du 25 au 27 Mars 1993. »
“RECONCILIATION ET REJOUISSANCE” DANS LE SANG PUR

“RECONCILIATION ET REJOUISSANCE” DANS LE SANG PUR
Le titre n’est pas de moi, mais du journal « Ibanou express » un hebdomadaire Togolais d’Information Libre et Indépendant qui dans sa parution numéro 44 du 3 au 9 mai 1993 en faisait sa première page, parlant du 27 avril 1993. L’article était de Atchou Outcha et revenait sur la purification de l’armée du Général Eyadéma entre le 25 et le 27 mars 1993, qui fut marqué par l’assassinat du Colonel TEPE, de ses fils et d'un de ses neveux Blewussi Paul, et Robert TEPE.
Voici dans la correspondance que j’ai pu avoir avec F.U. un rescapé de ce massacre quelques lignes qui m’ont coupé l’appétit pendant trois jours :
« Pour la première fois je suis décidé à faire connaître au public du Monde entier une partie des atrocités commises au camp RIT dans la journée du 25 Mars 1993. Les six photos représentent les 4 corps de la famille Tépé dont le Colonel, deux de ses fils et son neveu. Le Colonel Tépé a eu la tête écrasée par une brique tandis que les enfants et neveu ont été égorgés par les soldats kabyè. Dans leur rage l'un des assassins a bu le sang du colonel car disait-il, qu'il avait appris que le Colonel était spirituellement très puissant. Aujourd'hui les anciens idéologues du parti des assassins (le RPT)veulent nous faire croire qu'ils sont les hommes de la situation et qu'ils veulent libérer le peuple qu'ils ont aide à meurtrir.
F.U. Un rescape de la purification ethnique du 25 au 27 Mars 1993. »
Sunday, April 09, 2006
CRIME GRATUIT

Dead Eve- Morte Eve:
La technique d’approche de mes toiles n’est pas la même dans toutes mes oeuvres. Dans “Morte Eve” je suis parti d’un article du journal togolais “Forum Hebdo” publié le vendredi 23 octobre 1992 et signé par K.R.C.
L’histoire:
Elle se passe à la frontière entre le Togo et le Ghana à Aflao. Ce mercredi 21 octobre 1992, la frontière est restée fermée entre le Togo et le Ghana et ne s’ouvrira pas avant 6h00 du matin. Nous sommes en plein processus démocratique, et Eyadéma le feu président togolais fait tout pour se maintenir à la tête du pays. Pour sa sécurité, les militaires sont dans toutes les rues et surtout aux frontières. Mr KLU Sawomekpo Thomas de nationalité togolaise est contraint de passer la nuit en territoire ghanéen où réside sa femme AYIVON Atsupi, parce que surpris la veille par la fermeture de la frontière. Ce matin il décide de rentrer tôt au Togo pour s’occuper de ses autres enfants avant leur départ pour l’école. Il n’était probablement pas encore 6H00 du matin, mais il y a longtemps que le jour a pointé à l’horizon quand ensemble Thomas, avec Atsupi sa femme et son beau frère AYIVON Koffi passent devant les postes ghanéens sans difficulté aucune. A peine ont ils pénétré en territoire togolais cependant, que des rafales de fusil mitrailleur ont claqué dans le petit jour. Seul le beau frère eut le réflexe de retourner sur ses pas. Le mari et sa femme n’ont pas eu le temps de réaliser ce qui leur arrivait. Atsupi encore nourrice en ce moment sera mortellement atteinte au cou et dans plusieurs autres parties du corps. Le fusil crépita de nouveau derrière le beau frère qui sera rattrapé par une balle et finira sa course dans le “no man’s land” Ses derniers mots selon les témoins auraient été « Elan lem, evo nam » (en Mina : « La bête a eu raison de moi, je suis fini »). Le tireur pour bien finir sa tâche viendra se saisir de son corps pour le traîner en territoire togolais. Il était environ 5h30 du matin. Un crime gratuit sur trois personnes venait d’être commis de plus par les hommes de main d’Eyadéma.
Ce qui a touché l’Artiste que je suis:
C’est la mort d’Atsupi, une nourrice, une femme, une mère, une soeur.
J’y ai vu un crime contre la Femme, voire contre l’humanité toute entière. Une mère, et en plus une nourrice qui meurt en laissant derrière elle des enfants, c’est d’autres vies qui s’arrêtent.
Nos mères sont les sources de nos vies. Non seulement elles nous donnent la vie, elles entretiennent aussi cette vie. Combien peut être criminel, celui qui prend de force une telle vie ? La vie d’une femme, la vie d’une nourrice ?
Quelqu’un me dira que le meurtrier ne pouvait pas savoir qu’Atsupi donnait le sein encore à l’époque à un bébé. Mais je dis que parce que toutes les femmes portent un sein et sont la moule de la vie où nous sommes coulés, aucun crime n’est excusable sur la femme…c’est une vision d’artiste c’est vrai, mais c’est ma vision.

L’image et son écriture:
Je prends donc le journal, je lis l’article, je regarde les photos. Les images grouillent dans ma tête d’artiste. J’imagine des choses, j’imagine le sang et je vois du rouge. J’imagine la peur et je pense à une couleur noire. Je suis tout triste et j’ai le "bleu", je mélange sans le savoir du gris à du bleu indigo quand je commence ma composition. Mon esquisse est née dans ma tête alors que j’étais devant mon écran d’ordinateur, d’où mes premières touches réalisées directement avec un programme de peinture à partir de la photo que je venais de scanner. Le jour où je me décide enfin à peindre pour de vrai mon tableau j’ajoute ou je retire des couleurs suivant mon humeur. Je redonne une dimension de liberté à Atsupi, et par transcendance à la Femme en général, c’est-à-dire à Eve, car c’est a elle que je pense, d’où le titre de mon tableau : " Morte Eve". C’est la femme assassinée ! Oui, je ne sais pas pour quelle raison j’ai oublié complètement Adam. Peut être est ce à cause de Koffi le beau frère, car je n’ai pas su choisir entre lui et Thomas le mari. Non, c’est peut être à cause de l’assassin, car il était lui aussi un homme. Cela me faisait trop d’hommes, trop d’Adam. Mais Atsupi, elle, je n’arriverais jamais à l’oublier. Quel homme d’ailleurs pourrait facilement oublier sa mère, celle qui non seulement lui a donné naissance et ensuite ses seins à téter? Devant ma toile, je me donne toutes les libertés possibles. Je peux laisser mon pinceau et travailler avec mes doigts. C’est ma technique, celle de l’incertain. C’est ma conception de la liberté et donc aussi de la liberté dans la peinture. C’est l’"Incertitudisme ". Mon but est d’arriver à libérer ma tête de l’horreur de cette histoire et en me libérant moi-même, rendre aussi la liberté à toutes les femmes du monde, forcées de subir la “bêtise humaine”. Les femmes abusivement mis en prison, les femmes violées, les femmes abandonnées à leurs douleurs au moment de faire des enfants, dans nos hôpitaux qui manquent de moyen à cause de nos dirigeants politiques (qui déploient tous les moyens autour de leur sécurité et de leur vie personnelle, plutôt que pour la santé de la population)… etc. Je me libère de tous les instincts de bête sauvage qui quelque part cachés en moi pourraient un jour m’amener à porter ne serait-ce que la main sur une femme. Et je me dis Non, jamais, jamais de la vie, jamais une femme ne doit souffrir à cause de moi.

Annexe:
Dead Eve/ Morte Eve (Un poème en honneur de nos mères):
O mother,
O sister,
O Eve of the whole universe.
How can those people promised to keep me alive,
When they can shoot a woman, a lady, the source of my life? (This poem is to be continued and is in honor for our mothers)
O mère,
O soeur,
O Eve de tout l’univers.
Comment peuvent-ils me promettre la vie à moi,
Ceux-la qui sont capables de tirer sur une femme, une dame, la source de ma vie?
(A compléter)
Friday, March 10, 2006
RAPPORT 2005 SUR LES DROITS HUMAINS AU TOGO
Country Reports on Human Rights Practices - 2005
http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2005/61597.htm
Sunday, February 26, 2006
PORTRAIT


Rosa Parks:
… C’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles.
Rosa Parks est noire et vit à Montgomery en Alabama (Etats-Unis d’Amérique). Nous sommes en 1955. Comme tous les hommes et toutes les femmes de cette époque-là, elle se doit tous les jours d’affronter les horreurs de la ségrégation du fait de sa race.
Ce matin, Rosa Parks brise un tabou : elle refuse de céder sa place à un blanc comme l’exige la loi de l’époque en Alabama. La police de l’Etat d’Alabama l’arrête la juge et la condamne à payer 15 dollars américains.
La communauté noire de l’Etat oppose un mouvement d’une ampleur sans précédent à la discrimination. Les noirs se mobilisent dans un mouvement de contestation de cette loi et vont plus loin en boycottant les transports en commun. Le mouvement s’étend à tout le pays et inspire de nombreux combattants de la liberté dont Martin Luther King Junior… Ils rentrent dans la danse et obtiennent la suppression de la la ségrégation dans les transports publics en Alabama.
Rosa Parks a reçu la plus haute distinction du gouvernement de Bill Clinton pour son combat pour les droits civiques. Elle est décédée le 24 octobre 2005 dernier.
Dossouvi Hilaire Logo
Tuesday, February 21, 2006
ACTUALITE

1-Images des récentes violences d'Agamé (République du Bénin)http://www.diastode.org/Nouvelles/nouvelle2269.html#haut
2-Les réfugiés désertent le camp d'Agamé après de violents heurts avec les villageois(IRIN, Cotonou, Bénin, 17 février 2006)Pour lire l'article, priere visiter:http://www.diastode.org/Nouvelles/nouvelle2267.html
Ou encore:http://www.irinnews.org/FrenchReport.asp?ReportID=6738&SelectRegion=Afrique_de_l
Thursday, February 16, 2006
TOGO EN QU@RANTAINE: SYNTHESE DE PARCOURS ET PERSPECTIVE 2006

TOGO EN QU@RANTAINE:
SYNTHESE DE PARCOURS ET PERSPECTIVE 2006
www.togoenquarantaine.org
SYNTHESE DE PARCOURS :
Le projet « Togo en qu@rantaine » ou « Togo in qu@rantine » (en Anglais) a commencé par un appel via le web de son initiateur, aux détenteurs d’informations (documents écrits, photos…) sur la situation des droits humains au Togo sur la période allant du 13 janvier 1963 au 30 Novembre 2003. Ce projet était conçu pour présenter en images (peintures), l’histoire de togolais ayant été abusés dans leurs droits, par le régime dictatorial du feu Président Gnassingbé Eyadéma. Le montant global de l’exécution de la quarantaine de toiles symbolisant quarante années d’abus et l’isolement (mise en quarantaine) du régime en place était estimé à Dix neuf mille deux cents trente-huit ($ 19,238) dollars US, et comprenait l’exécution de la quarantaine d’œuvres, les cadres en bois devant servir à leur présentation au cours des différentes expositions, la location des salles d’exposition au cours des tournées, le transport des œuvres, l’organisation des vernissages, la réalisation des cartes d’invitation aux personnalités visées par le projet, la médiatisation etc.
Une demande de contribution a été donc lancée à toutes les bonnes volontés, et aujourd’hui nous pouvons remercier :
- la Diaspora Togolaise pour la Démocratie et le Développement (Diastode) au Canada pour son soutien moral apporté au projet
- le groupe 211 d’Amnesty International à Capitol-Hill aux Etats-Unis pour nous avoir gracieusement accordé les salles de présentation des expositions qui se sont déroulées à Washington D.C et à l’Université de Maryland
- le North American Convention for Togo (NACT) pour son soutien moral et sa contribution de Deux cents ($200) dollars US lors de sa VI è Convention tenue en 2004
- toutes les personnes (dont nous tenons à garder l’anonymat) qui nous ont envoyé des articles et photos, ou nous ont apporté leur appui moral et donné des conseils pour la réussite du projet.
Nous rappelons que l’objectif de « Togo en qu@rantaine » était de constituer une archive imagée et inédite des atrocités relevées dans notre pays entre 1963 et 2003, dénonçant ainsi l’arbitraire et la terreur dans lequel vit la population sous le règne du feu dictateur Eyadéma. Les tableaux présentés sont des toiles peintes dans un style et une technique propre à l’artiste et dénommé « Incertitudisme ». La quarantaine d’œuvres devrait être la reprise d’une quarantaine d’histoires de togolais abusés dans leurs droits. Les toiles de dimensions 43cm x 53cm sont peintes soit à l’huile ou à l’acrylique.
Prévue pour être itinérante, l’exposition devait débuter à Washington D.C et continuer sur les grandes villes des Etats-Unis, du Canada, puis de l’Europe, à savoir la France, la Belgique et l’Allemagne.
Aujourd’hui le bilan reste positif, même si l’initiateur est resté le principal bailleur de fonds, d’où la lenteur dans les tournées, ce qui en fait est tout aussi positif, le projet étant devenu plus que jamais d’actualité à cause des derniers événements politiques survenus au Togo depuis la mort d’Eyadéma le 05 février 2005.
« Togo en qu@rantaine » a pu être présenté :
- le 08 juin 2004 à Washington D.C. au Vision théâtre grâce au groupe 211 d’Amnesty International, Capitol-Hill
- du 16 au 17 juillet 2004 à la VIè Convention du NACT (North American Convention for Togo)
- du 12 au 14 Novembre 2004 à l’Universite de Maryland au cours de la Conférence Régionale d’Amnesty International- USA
- le 24 mars 2005 à l’American University au Wechsler Théâtre au cours d’une projection de film sur la situation des droits de l’Homme en Birmanie par le groupe 211 d’Amnesty International de Capitol-Hill
- du 11 au 12 juin 2005 au cours des Etats- généraux de la Diaspora Togolaise aux Etats-Unis
- et le 18 juin 2005 à l’Université de Montréal (Canada), sur invitation du CTC (Communauté Togolaise au Canada) au cours de la présentation du livre : « Le Togo, de l’esclavage au libéralisme mafieux », par l’Ethnologue Suisse Gilles Labarthe.
PERSPECTIVE 2006 :
L’observation personnelle que nous pouvons faire est qu’en général, le projet a toujours été bien accueilli et souvent suscité une prise de conscience par le public du non- respect des droits humains par les autorités togolaises. Nous comptons donc continuer les tournées en Europe, voire aussi dans certains pays d’Afrique. « Togo en qu@rantaine » a largement dépassé toutefois le cadre des quarante années de dictature au Togo, car le problème des abus en matière de droits humain a pris une autre tournure avec les récents événements survenus au Togo depuis la mort du Général Gnassingbé Eyadéma et l’élection présidentielle qui a suivi le 24 avril 2005 et qui a fait prêt de 40 000 réfugies et des centaines de morts.
Nous comptons donc aujourd’hui aller plus loin dans nos ambitions, à savoir :
1- recueillir plus d’informations sur les abus organisés par le nouveau régime en place au Togo, en matière des droits humains
2- constituer une archive qui servira de mémoire et de conscience aux générations futures afin que les violences actuelles ne se répètent plus dans notre pays
3- Ouvrir un dossier sur la base des preuves recueillies, en vue de pouvoir porter plainte contre les autorités togolaises, qui continuent actuellement d’entretenir la terreur, les meurtres, les arrestations arbitraires, les tortures et autres abus contre notre population.
Nous lançons à nouveau un appel à tous les togolais désireux de participer à la réalisation de ce second volet du projet « Togo en qu@rantaine » à nous envoyer : leurs propositions, témoignages, documents écrits, photos et autres contribution.
Toutes les informations seront tenues secrètes et traitées avec toute la rigueur et l’éthique qui se doit.
Pour envoyer un document, avoir plus de renseignements ou entrer en contact avec les organisateurs du projet, prière écrire, via le courriel :
-panaturefr@yahoo.fr
Pour entrer directement en contact avec Kouassi KLOUSSE, l’Artiste Initiateur du projet « Togo en qu@rantaine », veuillez laisser vos coordonnés avec la messagerie au numéro de téléphone : (USA)-301-495-5543.
TOGO IN QU@RANTINE


Togo in Qu@rantine
An Artist’s View on the Situation of Human Rights
in the Republic of Togo
Introduction:
Togo in Quarantine is an exhibit of committed art portraying the appalling status of human rights abuses in Togo since the assassination of the country’s Father of independence, Sylvanus Olympio, on January 13, 1963, and the arrests that followed the June’s presidential elections in 2003. The exhibit is the view of artist, Kouassi Kloussé, who in a visual survey, presents Togo’s human rights record during that 40-year period and its current isolation or quarantine by the international community.
Origin:
The exhibit is a project supported by the Togolese Diaspora for Democracy and Development, known by its French acronym Diastode: (www.diastode.org )
Objective:
The purpose of the exhibit is to offer a visual portrait of the ongoing cruel and harsh atrocities the Togolese people have had to endure for 40 years under the dictatorship of General Gnassingbé Eyadéma, Africa’s longest-ruling dictator.
The Exhibit:
The exhibit presents a collection of paintings in a style the artist calls “the art of uncertainty” or “Incertitudism”, with its roots in realism but, as he says, an art that lies “midstream between realism and abstraction.” Painting in either acrylics or oils, Kloussé takes his inspiration from the suffering and ravages personally witnessed in his native land or that others from the Diaspora have documented for him. In addition, the exhibit includes drawings, photographs and printed testimonials of the country’s long-standing human rights abuses
The exhibit opens in N.W, Washington DC at the “Vision Theater” 1927 Florida avenue with the support of the Amnesty International group 211 of Capitol Hill this 8th May 2004, and is planned to move on to other U.S and Canadian cities. Plans also are underway for the show to travel to Belgium, France and Germany, countries with large communities of Togolese exiles.
The Artist:
Pierre-Bernard Kouassi Kloussé was born in Togo in 1963. After completing advanced studies in design, he began his career as a building designer in Togo’s capital, Lomé, before fleeing to the United States in 2001. His work has been exhibited in numerous shows: the American Cultural Center in Lomé, the French Cultural Center in Cotonou, Republic of Benin and at the National Museum of Niger. He currently resides in Washington, DC.
Contacts:
For sponsoring or any question about the project, write to the Artist Kouassi Kloussé at: panaturefr@yahoo.fr /or phone ( USA) 301-495-5543
NOTA:
Exhibitions since 2004:
- 08 June 2004 in Washington D.C. at “Vision theater” with the help of the group211 of Amnesty International, Capitol-Hill
- from 16 to 17 July 2004 at the VI Convention of NACT (North American Convention for Togo)
- 12 – 14th November 2004 at the University of Maryland at the Regional Conference of Amnesty International- USA
- 24 mars 2005 American University (Wechsler Theater) with the
group 211 of Amnesty International of Capitol-Hill
- 11 to 12th June 2005 at the meeting of Togolese in USA :
« Etats- généraux de la Diaspora Togolaise aux Etats-Unis »
- 18 June 2005 at the University of Montreal (Canada), when invited by the CTC (Communauté Togolaise au Canada) during a Conference by Gilles labarthe, author of: « Le Togo, de l’esclavage au libéralisme mafieux ».
CORRESPONDANCES
Je suis très content de vous voir fermement engagé dans la lutte contre l’impunité dans notre pays le Togo, et aussi suis-je impressionné par ton projet de lutte pour réinstaller la conscience de ceux ou celles qui sont ennemis des droits humains au Togo voire peut-être dans notre monde. Pourtant après une lecture réfléchie du message de ton blog, je me retrouve devant une multitude de questions qui méritent d’être posées à ton projet d’exposition. Je garde pour le moment la plupart d’elles, mais permets-moi de te demander tout au moins celles-ci :
-penses-tu que dans tout le règne du régime du feu Gnassingbé pendant 38ans, il n’y a eu aucune action éclatante encourageant les droits humains qu’on pourrait exposer dans ton projet ?
-Pourquoi tu te limites seulement à la publication ou à l’exposition des images tortures ou autres pouvant apporter atteinte aux régimes qui sont en train de passer au Togo ?
-Pourquoi ne penses-tu pas remonter aux temps du premier président togolais en vue de chercher quelques uns de ses archives de tortures ou d’actes contraires aux droits de l’Homme ? Penses-tu que c’est un Président vierge de mauvais actes ?
-Pourquoi ne cherches-tu pas aujourd’hui à te documenter sur les images de certaines atrocités commises par certains politiciens du côté de l’opposition aussi, ou encore de certaines têtes de la jeunesse d’un parti de l’opposition par exemple ?
J’aime bien des débats contradictoires qui ont très souvent le sens de faire jaillir les vérités. Je hais catégoriquement le débat à sens unique, la haine, l’intolérance dans les recherches des voies et moyens pour lutter contre la dictature. La démocratie a sa définition qui laisse toujours penser. J’aimerais une fois encore, même si je l’avais fais une fois déjà discuter de vive voix avec le porte parole de ce projet qui m’intéresse tant. Mais avant d’en arriver là, j’attends avec patience les réponses pertinentes à mes questions. Merci pour tous vos écrits sur diastode.org aussi. BIENTOT LA VICTOIRE...
EMMANUEL C. NORTH CAROLINA EN CHARLOTTE…
Bonjour Emmanuel.
Tu croiras peut être me surprendre avec tes questions. Eh bien non!
C'est justement pour approfondir ces genres de réflexion que nous appelons à des critiques du projet "Togo en qu@rantaine" sur notre blog. "Togo en qu@rantaine" comme sont nom le dit ne s'étend pour le moment que sur la quarantaine d'années couvertes par le régime Eyadéma. C'était la réponse à une question personnelle de l'initiateur qui devait loin de son pays fêter son anniversaire, (ses quarante ans en 2003) et qui se demandait ce qu'il dirait à son fils et aux autres enfants togolais si ceux -ci venaient à lui demander ce qu'il a fait de toutes ses années sans pouvoir enrayer la dictature du feu Président de la République Togolaise. Eh bien voyez-vous nous autres n'avons pas connu Sylvanus Olympio pour pouvoir vraiment le juger, mais nous avons bien connu Eyadéma car son règne a bien couvert notre génération. Le projet aujourd'hui comme nous le disons sur le blog, dépasse désormais cette barrière des quarante années, car malgré qu’Eyadéma n'est plus aujourd’hui de ce monde les tueries elles continuent dans notre pays. Qui en sont les auteurs? Doit-on aujourd'hui uniquement s'attaquer aux nouveaux dirigeants du pays qui tirent au kalachnikov sur une population aux mains nues à cause d'une élection présidentielle que tout le monde savait truquée à l'avance? Que dire de ceux qui envoient les enfants dans la rue pour se faire massacrer?
Le projet Togo en quarantaine est une vision très avancée dans le temps sur ce qui se passe au Togo et ailleurs dans le monde en matière des droits de l'Homme. Nous comptons provoquer avec ce projet des réactions diverses qui changeraient nos comportements à l'avenir. C'est aussi un projet qui vise à diminuer sinon enrayer complètement la violence dans notre pays et ailleurs dans le monde. Nous allons demain organiser à travers les écoles de notre pays des rencontres, des concours de dessins autour du thème des droits de l'Homme, des conférence-débats, des projections de films, …etc., tout cela dans le but d'aider la génération à venir à pouvoir exorciser la violence désormais ancre dans nos moeurs. Il s'agira à ces occasions de pousser d'autres compatriotes à fournir des renseignements, des documents ou à nous parler de la violence en ses périodes d'avant l'indépendance de notre pays, au moment de l'indépendance et enfin, de la période d'après l'indépendance. Comme vous voyez, c'est un projet "Iceberg" dont nous ne sommes arrivés pour le moment qu'à effleurer la tête. Nous aurons besoin de l'aide de tous les togolais épris de justice pour porter très loin ce projet et lui permettre un jour d'atteindre son objectif final à savoir pour notre pays, l'Afrique et pourquoi pas le monde entier une "tolérance zéro" pour toutes les formes de violences qui continuent de diminuer l'Homme et l'éloignent de l'amour de son Créateur.
Merci encore pour vos questions assez pertinentes.
L'initiateur que je suis se fera un humble plaisir de discuter de tous les aspects du projet avec vous afin de lui faire atteindre son objectif.
Kouassi KLOUSSE ce 15 Fevrier 2006