Sunday, December 20, 2009

Ces défis qui nous attendent



C’est curieux de voir comment les intellectuels peuvent être parfois totalement décollés de la réalité. Quand je dis intellectuels, je ne parle pas de simples "penseurs" comme moi, qui se permettent de faire des analyses et de dire tout haut ce que les autres, n’osent même pas chuchoter.
Je ne me considère donc pas comme un intellectuel, encore moins comme un politicien, mais quand il m’arrive d’écouter les politiciens (comprenez les politiciens togolais surtout), présenter au peuple leurs programmes de réforme politique, j’ai sérieusement du mal à imaginer, qu’ils puissent un jour nous amener à bon port. La raison est qu’ils ont tous en commun un premier point qui personnellement me dérange beaucoup : ils nous construisent tous, des routes, des écoles, des marchés, des hôpitaux, des ports et des aéroports, … oui c’est leur rêve pour notre pays, mais jamais aucun d’eux n’arrive à nous dire avec quel argent tout cela sera réalisé.
Vont-ils continuer par quémander chez leurs "maîtres", l’éternelle assistance qui fait de notre pays voire du continent africain tout entier un continent unique, c’est -à- dire : riche en ressources naturelles mais très en retard sur son développement et rempli de jeunes malheureux qui préfèrent aller chercher leur bonheur sur d’autres continents? Une Afrique où les politiciens ne sont élus que pour mieux nourrir l’Europe, l’Amérique et aujourd’hui l’Asie (j’ai nommé la Chine)?
Qu’avons-nous fait en Afrique pour mériter des démagogues qui ne viennent au pouvoir que pour se remplir les poches et les poches de leurs protecteurs.
Il n’y a qu’à voir comment les "éléphants blancs" pullulent encore sur le continent pour s’en convaincre : ces projets gigantesques dont on ne voit jamais le bout avant la fin des mandats de nos chefs d’Etat, Ces mandats renouvelables aujourd’hui à vie, si ce n’est qu’ils sont transmissibles (comme de véritables maladies) de père en fils. Suivez mon regard, et comprenez-en l’expression… lorsque vous faites un tour aujourd’hui au Niger, en Côte-D’ivoire, au Burkina-Faso, en Guinée (là-bas l’histoire ne fait que commencer avec Dadis Camara et sa junte), au(x) Congo(s), au Cameroun… pour enfin revenir au Togo, vous comprendrez facilement de quelle maladie souffre actuellement notre continent : le manque d’alternance politique et de réelle démocratie, le manque de vision et de projets destinés à l’épanouissement de nos populations.

Dans les débats qui actuellement animent la préparation des présidentielles de 2010 au Togo, on peut malheureusement sentir encore ce manque d’honnêteté envers la population, ce manque de plan et d’anticipation des événements, ce manque réel de vision pour notre pays. Il n’y a qu’à bien lire les soit disant programmes des futurs candidats pour se rendre compte de leurs promesses irréalistes et mensongères. Pire : aucun d’eux ne pense actuellement au lendemain des élections et à comment défendre leur victoire ou à gérer leur défaite, pour que le sang des togolais ne coule de nouveau gratuitement sur la terre de nos aïeux. C’est ce que j’appelle un manque d’anticipation et de vision politique. Je n’aurais pas plus de commentaire sur ce sujet pour ne pas fâcher certains de mes concitoyens qui réfléchissent plus avec leurs cœurs qu’avec leurs têtes, mais je dois dire ma vérité à tous mes frères africains :

- les défis qui nous attendent au Togo, sont les mêmes qui nous attendent sur tout le continent africain. Ils se doivent d’être pris à bras le corps par nos dirigeants d’aujourd’hui, si nous voulons un continent plus prospère et plus responsable demain.

- Nous ne pouvons plus continuer à tendre la main aux autres continents pour quémander une quelconque aide avant de sortir de notre " misère artificielle", avec toutes les ressources dont regorge l’Afrique.

- Nous ne pouvons pas continuer par nous laisser dicter de l’extérieur, la manière de bien gérer nos ressources naturelles, ni continuer par être désunis sur un continent dont les enjeux sont les mêmes malgré les frontières coloniales.

Voyez combien par exemple nos peuples et nos langues dites vernaculaires dépassent les limites de nos pays respectifs… Nos pères avaient bien compris le problème au moment des indépendances, eux qui parlaient déjà de panafricanisme. C’est vrai que tant que ce premier défi ne sera pas relevé, l’Afrique continuera de plier sous le joug de "l’esclavage moderne".
Ce seul défi comprend malheureusement tous les maux qui minent aussi nos pays, et fragilisent les unions, à savoir : le manque de démocratie, les problèmes de corruption, la militarisation à outrance, le manque de projet de développement de l’agriculture, de protection de l’environnement, de réforme de l’éducation scolaire (eh oui, nous sommes à l’heure de l’internet mais en Afrique les élèves manquent encore de bancs pour s’asseoir et de toit au dessus de leurs classes), d’implantation de bonnes infrastructures routières et de transport en général, d’amélioration de nos systèmes de santé,… et aujourd’hui plus que jamais la bonne gestion de nos ressources naturelles (y compris le soleil, le vent et l’eau [le sommet de Copenhague me donnera raison]).
L’Afrique est confrontée à des défis immenses qu’aucun de nos dirigeants actuels comme potentiels n’a de plan adéquat ou de solution pour résoudre de sitôt, puisque leur objectif premier une fois au pouvoir, c’est de s’enrichir, et enrichir leurs "partenaires dans le crime" commis contre notre continent.

La CEDEA0 (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), l’UA (Union Africaine) et toutes les autres : Union de la Méditerranée et consorts, ne sont encore qu’à l’étape de beaux rêves qui pour moi ont déjà trop duré pour se muer aujourd’hui en réalités pour le bien-être de nos populations, mais continuent de piétiner dans l’immobilisme. L’Union Africaine par exemple tarde à nous créer des routes, des chemins de fer, des marché d’échanges, des pièces d’identités communes pour et entre Africains ? Pendant ce temps (et ceci n’est pas une plaisanterie de mauvais goût), les moustiques tuent 1 million de personnes par an en Afrique, et passent allégrement nos frontières sans attendre d’obtenir un quelconque visa de nos myriades de consulats. Même chose pour le sida, et les nouvelles épidémies que sont la grippe aviaire et son "confrère" le H1N1 par exemple. Tenez, parlant justement de consulat et surtout en ces temps de crise financière, ne pourrait-on pas avoir des cartes d’identités communes à tous les pays d’une sous région africaine par exemple pour commencer, et donc avoir une sorte de consulat de représentation centrale et unique qui s’occuperait des visas et passeports des africains à l’étranger au lieu de ses multiples ambassades que chaque pays d’Afrique se tue à entretenir sur les autres continents…Tous les pays de la CEDEAO pourraient donc être juste représentés à Washington DC, par une centrale de deux ou trois Consulats, avec peut être deux ou trois relais dans quelques grandes villes des Etats-Unis par exemple, histoire d’être plus proche de la diaspora africaine… mais fermons cette parenthèse avant que certains me traitent encore de "day dreamer "(une sorte de rêveur aux yeux ouverts).

Bref pendant que nos dirigeants se la coulent douce et s’éternisent au même " poste présidentiel", d’où ils n’assistent qu’en temps de crise à leurs réunions de "blanchisseurs d’argent", de trafiquants d’armes, de drogue et de pierres précieuses, si ce n’est juste pour s’ échanger de nouvelles idées sur leurs fraudes électorales, il est à mon humble avis, temps de changer de discours et de commencer par développer de véritables stratégies pour prendre notre continent en charge.
Nous populations avons le devoir de dire plus fort à ces politiciens, ce que nous avons sur le cœur, et cela doit déjà se sentir à travers les débats au cours des différentes campagnes de ceux qui cherchent à se faire élire dans nos pays respectifs. Nous devons commencer par leur faire sentir l’odeur d’une bouillante révolution qui bientôt changera l’Afrique (je n’ai pas dis révolte, mais bien une révolution). Le changement ne se fera certes pas du jour au lendemain, mais il y a lieu de commencer par voir plus loin que le bout de notre nez et à rendre nos dirigeants un peu plus responsables et honnêtes. Je ne voterai quant-à moi plus jamais pour un candidat qui se propose de me construire un pont dans mon village, tant qu’il ne me dira pas où il trouvera l’argent pour le faire. Et n’ayons plus peur de nous dire à nous-mêmes aussi, j’entends entre concitoyens certaines vérités :

- Pour que l’Afrique démarre, il nous faut commencer sérieusement par travailler ! Et pour travailler il faut que ce travail existe, qu’il soit créé et qu’il soit rémunéré. Et quand on a un travail rémunéré, cela suppose qu’on anticipe le lendemain et qu’on épargne aujourd’hui pour ne pas être surpris demain par la vieillesse ou la maladie, et c’est là que la responsabilité de l’Etat doit être engagée. C’est à l’Etat d’assurer pour les citoyens les besoins élémentaires que sont le travail, la santé, l’éducation etc. Mais une chose doit nous être désormais claire: sans un système de sécurité social dans nos pays, qui permette à nos Etats de connaitre, de dénombrer, de suivre, d’assister, et de sécuriser la vie de chaque citoyen (voire de chaque africain, quand tous les Etats mettraient ensemble leurs ressources[entendez informatiques, humaines et financières]), tant que le travail des citoyens de chaque pays ne servirait pas à enrichir le pays et non des individus ou familles au pouvoir , et tant que la corruption (malheureusement souvent liée à la pauvreté) n’aura pas disparu de nos maisons, nos quartiers, nos villes et nos pays, voire du continent, nous pouvons dire adieu aux rêves de nos pères de voir l’Afrique un jour s’unir et donc de se développer en harmonie. Croire à une solution qui arrange tout le monde, c’est croire aussi à la mise en commun d’une stratégie de développement de l’ensemble du continent.
Au Togo les défis qui attendent nos futurs dirigeants sont réels, mais ne sont pas à séparer des problèmes de Sida au Ghana, de paludisme au Burkina-Faso, ou de chômage au Benin. Les exemples sont bien réels et ont pour nom nos problèmes quotidiens comme: les sécheresses, la transhumance, les feux de brousse, l’avancée du désert, le traitement des ordures (à quand le recyclage de nos déchets au Togo…), le chômage des jeunes etc. Bref si les politiciens peuvent s’arrêter de nous dire ce qu’ils feront demain avec l’argent venu des autres continents, et commencer par montrer à nos populations, ce qu’ils font déjà au quotidien dans nos quartiers, ou ce qu’ils pourront faire avec leurs propres moyens si jamais ils sont élus, alors seulement ils commenceront par mériter notre confiance. Les Togolais ne sont pas dupes, et contrairement à ce que certains cherchent à nous faire croire, tous les Africains ne sont pas bêtes. Ils sauront choisir les candidats qui les aideront à relever les défis de notre continent. Et quand enfin le meilleur arrive à gagner aux élections à cause de ses projets et non pas à cause de ses fraudes, les autres candidats doivent apprendre à lui céder la place. Il faudra que les coups d’Etat cessent en Afrique pour que le continent commence par vraiment se développer et arrête de « tourner en rond ». Les africains d’aujourd’hui doivent montrer au monde que les pyramides d’Egypte (pour ne donner qu’un exemple) n’étaient pas tombées du ciel, mais que l’Afrique avait une civilisation et qu’il revient à ses fils de la faire renaître et de mettre en valeur les ressources du continent dès maintenant si nous voulons que nos enfants soient respectés demain. Le changement de l’Afrique passe par la relève de tous les défis qui nous attendent, et cela ne demande que du courage et des hommes intègres.

Sunday, October 11, 2009

Course pour la Paix et la Reconciliation au Togo

JANUARY 15 TO JANUARY 30, 2010
RACE FOR PEACE AND RECONCILIATION IN TOGO


En prélude aux élections présidentielles de 2010 au Togo et en vue de promouvoir un climat de paix, de réconciliation et de non violence dans le pays, La quarantaine-Togo une Association pour la protection des Droits Humains, en collaboration avec La quarantaine aux Etats-Unis, organisera du 15 au 30 Janvier 2010, une série de marathons dénommée "Course pour la Paix et la Réconciliation au Togo" ("Race for Peace and Réconciliation in Togo") . Chaque course est ouverte à toute la population et à toute personne qui aimerait voir le Togo réconcilié avec tous ses fils avant les prochaines élections présidentielles de 2010.
La Course Pour la Paix et la Réconciliation (CPPR) sera lancée depuis la ville de Dapaong au Nord du pays, le 15 janvier 2010, et traversera tout le territoire togolais en passant par Kpalimé et Aného pour ensuite aboutir à Lomé le 30 Janvier 2010.
L’objectif de la course pour la paix est :
1- de promouvoir l’esprit de dialogue, de paix et de réconciliation chez les togolais
2- d’attirer les regards du monde sur les élections présidentielle de 2010, afin qu’elles soient transparentes, démocratiques et surtout sans violence.
Au cours des deux semaines de marathon, des conférences débats sur les bienfaits de la réconciliation et de la paix au Togo seront organisées sur toute l’étendue du territoire. Des films parlant des méfaits de la guerre et des violences seront projetés, ainsi que des discussions sur l’usage de la non-violence comme expression de la démocratie seront proposés par La quarantaine-Togo, dans des forums organisés dans les Centre Culturels, sur les radios et sur les chaînes de télévision du Togo.
Du matériel scolaire, et de santé seront distribués aux populations dans les campagnes et les villes traversées par la course, grâce aux organismes humanitaires américains et autres sponsors de l’événement auxquels La quarantaine compte présenter le projet aux USA.
L’événement sera médiatisé et permettra aux togolais de faire des propositions aux autorités du pays pour éviter toute violence au Togo lors des prochaines élections. L’objectif sera de libérer les cœurs et de semer un esprit de pardon et de paix parmi la population togolaise afin de la préparer à embrasser à partir de l’année 2010 la voie de la démocratie, de la paix, du développement et de tourner définitivement le dos à la crise politique qui continue d’animer la vie de notre nation.

Pour plus d’informations sur l’organisation, la participation, la promotion, ou pour des aides et propositions aux organisateurs, prière visiter le site internet www.quarantaine.org ou écrire aux initiateurs du projet que sont :

Au Togo : - La quarantaine-Togo
▪ Courriel : Laquarantaine_Togo @ yahoo.com
▪ Téléphone : (+228)-930-28-05
▪ Contact : Marcel QUAYE

Aux Etats-Unis :-La quarantaine, Inc :
▪ e-mail : quarantaine_inc@yahoo.com
▪ Téléphone :(001)-202-446-6100
▪ Blog : togoenquarantaine.blogspot.com
▪ Contact : Kouassi KLOUSSE

N.B : L’exécution du projet dépendra de l’acceptation ou non, par les autorités compétentes de la République Togolaise, de la délivrance d’une autorisation aux organisateurs pour un parcours effectif et libre de l’ensemble du territoire.

Saturday, November 08, 2008

ENTRE LE REVE ET LA REALITE, LES TOGOLAIS PREFERENT LE REVE

L’événement le plus marquant de l’année 2008, n’aura pas été la mort tragique de Benazir Bhutto, ni les centaines d’attentats à travers le monde, encore moins les répressions sanglantes au Tibet ou en Birmanie. Il n’aura pas été non plus : les Jeux Olympique 2008 en Chine, ou le tremblement de terre qui l’avait précédé et qui avait fait des milliers de morts, ni encore le nombre actuellement croissant des réfugiés du Congo, le coup d’Etat en Mauritanie, les prises d’otages aux larges des côtes de la Somalie, la crise du pétrole ou même : la grande crise financière actuelle. Croyez moi ce ne sont pas les pluies diluviennes du mois d’Août dernier au Togo et leurs grand nombre de sans abris ou d’affamés, qui pourraient faire la une des journaux du monde entier comme a su bien le faire l’élection d’Obama à la tête de la Nation dite la plus puissante du monde. C’est vrai que les hommes oublient vite leurs malheurs et préfèrent pour cela, ne garder dans leur mémoire que les événements heureux. Si cependant l’élection de Barack Obama pouvait vraiment être un événement heureux, il y a lieu de se poser une question très réaliste, à savoir : pour qui cet événement est-il vraiment heureux ?
D’aucuns en effets voient en l’élection d’Obama, un retour des "noirs aux affaires", un peu comme si les pharaons de l’Egypte ancienne revenaient à la vie. C’est-à-dire un retour à l’ordre normal des choses, et à une nouvelle ère de paix dans le monde, comme si à l’instar d’une reconstruction des pyramides, Obama pourra refaire le monde en réglant bientôt tous nos problèmes depuis la base jusqu’au sommet.
Quand je vois mes compatriotes au Togo, déjà plus qu’appauvris par les sangsues qui s’accrochent au pouvoir dans notre pays et ne finissent pas de sucer le sang de notre population, trouver la force de jeûner et de prier comme ils l’ont fait, pour demander à Dieu de faire élire Obama plutôt que McCain, j’avoue que je n’arrive pas à y croire, car cela relève pour moi complètement de l’utopie, et j’en souffre sincèrement pour mon pays. Les togolais croient-ils vraiment en un messie américain qui vienne libérer l’Afrique encore moins notre Togo ? Je suis personnellement de ceux qui croient sérieusement que la pauvreté artificielle dans laquelle nos dirigeants entretiennent notre continent ne saura être combattue avant tout que par les africains eux-mêmes. Il faut en effet avoir vécu aux Etats-Unis pour comprendre que Barack Obama hérite plutôt de la pire des situations dans lequel le pays ce soit jamais trouvé. Le nouveau élu à la Maison Blanche vient en effet de recevoir « un bateau en train de couler », comme le dirait le Président Hugo Chavez du Venezuéla, et croyez moi : il s’agit ici d’un très grand bateau. Certes ce qui s’est passé récemment avec l’élection d’un premier noir à la tête du pays (beaucoup ne voient d’ailleurs en lui qu’un métis), est et restera historique, mais cette révolution ne sera autre chose qu’une longue transition des Etats-Unis vers d’abord sa propre libération, car l’Amérique du Dr Martin Luther King Jr, des Jessie Jackson ou Oprah Winfrey n’est pas encore libre de son racisme, de son capitalisme à outrance, de son esclavage, encore moins de sa pauvreté, pour venir libérer l’Afrique. Eh oui, il y a encore des pauvres aux Etats-Unis ! Nous ne pouvons pas continuer à croire au Togo en une libération qui nous tomberait du ciel sous forme de mannes. Lorsque je vois les américains travailler très durement pour payer leur taxe, et j’insiste sur « dur » (car le pays vit encore à l’heure d’un esclavage moderne qui ne dit pas son nom), je vois mal le nouveau président surtout en ce temps de crise financière chronique, laisser ses concitoyens pour venir soigner la misère du monde, et pire encore de l’Afrique (un continent en totale perdition). La misère seule est en fait la source aujourd’hui des guerres interminables qui secouent notre terre, car c’est elle qui pousse les peuples à s’accrocher aux terres ou aux richesses de ce monde. Certes beaucoup voient en le symbole Obama, un retour du monde à la paix car il a promis faire rentrer les soldats qui se meurent sans raison en Irak, et d’aucuns assimilent cette guerre d’Irak à la véritable source de croissance de la violence dans le monde, oubliant qu’elle n’a été que la suite (illogique certes) de la guerre en Afghanistan, qui elle même n’avait commencée qu’à la suite des événements du 11 Septembre 2001 aux Etats-Unis.
Pourquoi et comment il y a eu le 11 Septembre, beaucoup ne veulent plus le savoir. Malheureusement si on ne cherche pas à le savoir, Dieu seul sait comment on arrivera un jour à régler les problèmes qu’il a suscité dans le monde, et s’il n’est jamais réglé, comment peut-on penser à une paix durable pour le monde grâce seulement à l’élection d’un noir à la Maison Blanche (une Maison Blanche qui à mon humble avis, n’est pas prêt de changer rapidement sa couleur).
Les togolais et les africains en général doivent arrêter de rêver et commencer par voir leur réalité en face, s’ils veulent trouver les solutions qui conviennent à leurs problèmes. L’élection d’Obama doit plutôt nous faire comprendre en Afrique que rien n’est impossible à faire par nous même, et pour nous même, pourvu que nous y mettions de la bonne volonté.
Au Togo nous devons sérieusement penser à commencer notre prochaine révolution. Elle ne doit pas nécessairement être sanglante comme beaucoup ont tendance à le croire. Obama à la tête des Etats-Unis est une révolution en soi, une révolution douce certes, mais une véritable révolution.
Notre révolution au Togo commencera, lorsque nous voterons en 2010 pour un Président qui ne sera plus issu, ni du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) actuellement au pouvoir, ni de l’opposition vieillissante qui depuis la Conférence nationale de 1991, n’a pas su nous apporter le changement tant attendu par le peuple.
Un nouveau sang il est vrai est arrivé à la Maison Blanche, et je crois sincèrement que seul un sang nouveau dans l’"arène Togo", voire une nouvelle et véritable opposition au pouvoir en place dans notre pays, pourra nous permettre de faire la révolution que le peuple togolais attend et qu’il continue malheureusement de chercher dans le ciel.

Vivement un nouveau leader pour le Togo, qui sache ramener notre attention vers le sol, c’est-à-dire vers la dure réalité d’une conquête de notre liberté, et du développement de notre pays qui passent uniquement par la seule force de nos bras et de notre volonté commune.

Tuesday, April 01, 2008

QUAND LE “POISSON” DEVIENT UN “POISON D’AVRIL” POUR LES TOGOLAIS - (BIS)




Préambule: Le titre date de 2006 mais c’est aux lecteurs de juger s’il reste d’actualité ou pas. Ce que je sais, c’est que cela fera bientôt trois années que le “grain de baobab” a pris racine de manière sanglante à la place du “vieux baobab” dans notre cher Togo, et pour ceux qui continuent de croire à un simple poisson d’Avril, il est temps et plus qu’un devoir de nous ouvrir les yeux et de voir qu’un véritable poison est en train de se distiller dans la conscience collective de notre population. D’aucun commencent par croire qu’un criminel peut s’auto- amnistier puis continuer de mener tout le pays en bateau dans la direction de son choix et cela contre vents et marées. Quel bilan tirons nous de trois années de gouvernance du sieur Gnassingbé Faure? C’est ce que je nous demande de faire après relecture de cette vieille publication que je m’étais permis d’écrire il y a deux ans à l’occasion du 1er Avril 2006 (Ce n’était cependant pas pour offrir aux togolais un “poisson d’Avril”). Bonne lecture qd même et bonne réflexion surtout, car nous ne sommes qu’au début d’une nouvelle épopée au Togo.

S’il m’était donné de retenir certains événements qui se sont passés au cours de l’année 2005 au Togo, je retiendrai certainement non pas le décès d’Eyadéma le 5 février, mais plutôt les faits qui avaient suivi ce décès, notamment les massacres de la population au lendemain de l’élection présidentielle d’avril 2005.
Le mois d’avril en effet a toujours été au Togo celui des canulars et des plaisanteries plus ou moins de mauvais goût comme les poissons d’avril. C’est aussi le mois qui nous rappelle l’indépendance de notre pays, et pour cette raison, l’élection présidentielle du 24 avril 2005 organisée peu après le décès du dictateur avait d’abord sonné dans nos têtes comme le glas qui enfin donnerait la liberté aux togolais, surtout quand l’on sait combien sous Eyadéma nous n’avions pu jouir de cette indépendance. Je me rappelle de la toute première célébration du 27 avril juste après la Conférence Nationale au Togo. Pour ceux qui n’en garderaient plus le souvenir, je rappelle que la plage de Lomé ce jour là avait été toute noire de monde, chacun voulant exprimer sa joie de pouvoir jouir de cette fête longtemps confisquée par Eyadéma, qui après l’assassinat du Père de l’indépendance Sylvanus Olympio, était revenu en 1967 mettre un terme à la liberté de parole des togolais. Le 13 janvier n’était donc apparu que pour ternir la célébration du 27 avril qui marque en fait la "rupture" de notre pays avec le colon français. Officiellement imposé aux togolais comme une victoire sur l’impérialisme, il n’aura jamais été qu’une blague du Général à son "peuple", et Dieu sait combien quand le goût du vin change en vinaigre, il peut couper l’envie de boire même au plus gros soûlard. Le 13 janvier n’était donc qu’une fête de mauvais goût qui comparé à la célébration du 27 avril qu’Eyadéma offrait aux togolais de son vivant , n’était rien d’autre qu’un gros poisson d’avril mal cuit qu’il nous fallait manger (entendez célébrer) et même "digérer" de gré ou de force.
Avec le décès d’Eyadéma, l’espoir était donc permis de croire en la bonne foi de son fiston " le Faure ", pour définitivement changer les choses dans notre pays, mais hélas ! Celui-ci jusqu’à présent n’a malheureusement pas l’air d’être assez " fort " pour résister aux pressions des fauves qui continuent de faire tourner la machine de la répression dans notre pays plus d’un an après la mort du " vieux ", raison pour laquelle nous continuons de voir surtout depuis la célébration du 13 janvier 2006, la roue togolaise toujours tourner dans le même sens qu’il y a bientôt quarante ans. Au lieu donc d’un simple poisson d’avril, nous avons même désormais droit à un véritable "poison d’avril" qui déjà en 2005 après l’élection présidentielle aura fait son lot de victimes, à savoir des réfugiés dans les pays voisins, des morts, des pressions, des répressions diverses et bientôt des dépressions. Bref le cercle infernal reste immuable au Togo, et les réactions surtout négatives de la communauté internationale à la situation pourrissante et persistante dans notre pays, illustrent bien ma sombre vision des choses. Nous sommes tout simplement très loin encore de l’indépendance réelle à laquelle a toujours aspiré notre peuple. Sans aucun doute, nous pouvons dire qu’il y a longtemps que notre poisson d’avril s’est tourné en un véritable poison pour notre population, et quand on sait qu’une année entière vient de s’écouler depuis la mort d’Eyadéma, sans que rien ne semble réellement bouger dans notre pays (si ce n’est que notre équipe nationale de football pourra bientôt participer au Mondial en Allemagne), il y’a lieu de se poser des questions sur la situation réelle et l’avenir du Togo. La politique togolaise est devenue tellement monotone, qu’il va falloir se trouver d’autres distractions pour s’éviter des crises cardiaques. Qui sait si nous ne devons pas commencer par exploiter d’ailleurs la filière du sport pour essayer de sauver le Togo de la noyade. Je m’en vais même pour cela suggérer que nos autorités actuels commencent par proposer aux prochains jeux olympiques par exemple, une nouvelle discipline où nous sommes sûrs de remporter toutes les médailles. Pour ma part, j’opterais volontiers pour la course aux urnes (entendez les urnes sous les bras). Une discipline où les togolais sont et resterons imbattables comme le monde entier a pu l’observer en direct sur les petits écrans de télévisions, au cours de la dernière présidentielle organisée dans notre pays. A ce jeu là au moins, nous sommes sûr de dominer, et peut -être que seulement alors, le monde recommencera par parler d’une manière plus positive de notre pays et nos mois d’avril devenir moins amers ?

Réflexion : Allons nous encore cette année 2008 assister à des défilés militaires, des cérémonies de décorations des traîtres du pays, ou des célébrations de messes puis aller pleurer sur les tombes de nos morts, et continuer par regarder leurs assassins se pavaner tranquillement dans nos rues? Le poison distillé par le parti au pouvoir a-t-il déjà complètement affaibli notre population? Qu’est donc finalement devenue l’opposition politique togolaise? Quel avenir pour les togolais qui ne trouvent même plus un poisson (de mauvais goût) à manger sur leur table? À quand la lutte pour la vraie libération de notre pays...?
Il y a tant de questions à laquelle j’aimerais pouvoir répondre, mais…hélas! Bientôt ce serait encore une fête de l’indépendance bourrée de mauvais souvenirs et d’actes manqués de notre part, nous les fils de ce pays meurtri. Ô combien triste est le sort de notre cher patrie? Pleures Togo, pleures Ô pays bien aimé, mais quand tes larmes sêcheront, lêve dignement la tête puis marche courageusement à la reconquête de ta liberté volée. Dignes fils du Togo,la lutte pour notre indépendance ne doit pas s’arrêter… elle ne fait que commencer.

P.S: Cet article peut aussi etre lu sur :http://www.africatime.com/Togo/index.asp

Monday, February 25, 2008

"HAUT COMMISSARIAT A LA RECONCILIATION ET AU RENFORCEMENT DE L'UNITE NATIONALE" : UNE TROUVAILLE POUR ENDORMIR LE PEUPLE ET SE REMPLIR LES POCHES




Dans le communique officiel publié à la suite du conseil des ministres qui s’est tenue le 20 février 2008 sous la présidence du chef de l’Etat togolais [1], il est fait part de la volonté du gouvernement de créer un Haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale. Une trouvaille qui certainement fera encore couler beaucoup d’encre et d’argent, et pourra endormir un peu plus le peuple togolais tout en permettant aux nouveaux venus dans le « système » de s’enrichir sur le dos de l’Union Européenne et des autres bailleurs de fonds qui continuent de croire que la démocratie est en bonne marche au Togo sous la conduite des assassins qui nous gouvernent et ne continuent d’échapper à la justice que parce que l’armée leur appartient et qu’ils profitent du pouvoir pour se créer une immunité.
Si l’initiative semble louable, le nom donné à la nouvelle trouvaille révèle à elle seule l’esprit qui se cache derrière ce projet et qui suffira à décourager heureusement (ou malheureusement) l’adhésion populaire. Nos dirigeants sont-ils devenus insensibles au point qu’ils n’arrivent même plus à imaginer l’effet des mots sur la conscience collective de notre population, commissariat n’étant plus dans notre pays rien d’autres qu’un mot qui traduit la répression. C’est le symbole d’un lieu qui abrite la police (par extension l’armée togolaise), c’est à-dire l’organe même de l’injustice et non pas une commission qui pourra faire valoir nos droits et rendre au peuple sa dignité perdue au cours des années d’abus de pouvoir comme le pensent nos dirigeants. Nous ne seront pas en face d’un conseil de sages, ou d’une nouvelle commission qui cherche à rendre justice au peuple togolais, mais bien en face d’un nouvel organe de confiscation de nos droits. Le pouvoir actuel est-il prêt par exemple à présenter des coupables de crimes à la population après le travail de toutes les commissions d’enquête qu’il avait mis sur pied. Ces coupables sont-ils prêts à demander pardon à un peuple qui a soif de connaître la vérité et attend d’être indemniser. « Haut commissariat » résonne aujourd’hui dans l’oreille du togolais comme la nouvelle émanation d’un pouvoir illégal, et injuste, voire dictatorial.

Voici donc à priori une nouvelle initiative de nos dirigeants vouée déjà à l’échec avant même que de voir le jour, car le nom seul suffit à traduire les pensées qui se cachent derrière cette nouvelle invention d’un gouvernement qui se sait illégitime.
La réconciliation nous n’avons cessé de le dire n’aura pas lieu au Togo [2], tant que l’armée sera au dessus de la justice, que les crimes commis par les milices privées de nos barons resteront impunis, et que le pouvoir en place ne sera autre chose que la face visible de « l’iceberg » d’assassins qui confisquent la liberté de notre peuple. Croire qu’une commission, pardon : un haut commissariat pourra arriver à trouver les assassins qui ont créée la division de notre peuple, et pourra aller jusqu'à rendre justice aux togolais reste une utopie, car les assassins se connaissent et sont ceux-là qui justement détiennent encore tout le pouvoir dans notre pays. Comme on le sait, nul ne scie la branche sur laquelle il est assis de peur de dégringoler de l’arbre, et ce ne sont pas nos assassins au pouvoir au Togo qui créeront une commission pour se rendre eux mêmes justice et accepter de rendre leur tablier à un peuple qui le leur réclame depuis maintenant plus de quarante ans. A qui voudra-t-on donc faire croire que les criminels qui dirigent notre pays se laisseront condamner un jour par un organisme qu’ils auraient eux-mêmes mis sur pied ? En se cachant derrière l’idée de la réconciliation et de l’unité du pays, ils ne cherchent qu’à endormir une fois encore notre mémoire et faire oublier leurs crimes.

Le Haut commissariat pour la réconciliation et le renforcement de l’unité nationale, n’est à mon avis qu’une nouvelle trouvaille pour rapidement dilapider les sous reçus de l’Union Européenne avant les prochaines élections présidentielles qui risquent d’être désastreuses pour nos dirigeants actuels, car cette fois-ci les togolais ne se laisseront plus berner. Ah, si seulement les jours à venir pouvaient ne pas me donner raison !

Prière lire aussi :
[1]= http://www.africatime.com/Togo/index.asp
[2]= http://togoenquarantaine.blogspot.com/2007/09/la-reconciliation-au-togo-naura-pas.html

Tuesday, February 12, 2008

LE TOGO RESTE ENCORE UN GRAND MALADE


En réponse à un article de San Evariste Barro paru dans la presse l’Observateur du Burkina Faso le jeudi 7 février 2008 et titré : « Togo : Le malade est encore convalescent » [1], nous nous permettons sans toutefois chercher à jouer aux pessimistes, de lui répondre que notre pays est plus malade qu’il ne le croit et que nous sommes encore très loin de sa convalescence.
Dans son analyse, San Evariste Barro semble trouver en l’actuel chef de l’Etat togolais, l’homme de la situation qui après son intrusion dans le fauteuil présidentiel au lendemain du décès de son père a su renoncer à son mandat de président imposé au peuple par une partie de l’armée et les caciques du RPT, pour revenir de manière démocratique à la même place après les élections d’avril 2005 que tout le monde savait truquées, la fraude ayant été suivie en direct sur les chaînes de télévision au moment ou les militaires togolais s’étaient saisi des urnes pour s’enfuir dans une course à pied digne des meilleurs athlètes africains.
Le journaliste a su cependant être à notre avis, assez objectif dans sa présentation de la situation actuelle du Togo, et les efforts que Mr Faure Gnassingbé fait pour corriger les erreurs de son feu père Eyadéma décédé il y a maintenant trois ans. Il manque cependant de cerner toute la complexité de la situation dans notre pays, car s’il est vrai que pour guérir complètement le Togo, il lui faut aujourd’hui une bonne dose de démocratie, de bonne gouvernance et aussi d’alternance, le problème togolais reste plus profond qu’il ne paraît, car il a pour nom : armée tribale, gouvernement familial (ou amical suivant la hauteur d’où on le voit), corruption, injustice, et malheureusement un manque de stratégie politique de la part de l’opposition togolaise…
Le mal qui ronge le Togo est pire qu’un cancer car il ne s’arrête pas à la classe politique dirigeante, mais s’étend aussi à l’opposition politique, voire à une partie de la population qui vit en « parasite » se greffer sur le système actuel. C’est une maladie tellement grave que les soins qui lui sont donnés à savoir : "accords politiques en catimini", "élections frauduleuses", ou "oxygène monétaire" insufflé par l’Union Européenne n’y feront rien, car tous les traitements administrés à ce jour ne visaient pas vraiment à crever l’abcès. Nous ne pouvons donc pas encore nous permettre de parler de convalescence, car le Togo reste encore un grand malade. Notre pays souffre d’un héritage trop lourd à porter qui peut se résumer à l’histoire de deux familles : les Gnassingbé et Olympio. D’aucuns diront que c’est de notre part une manière trop simpliste, voire absurde d’analyser les choses, mais essayons d’expliquer rapidement pour nous faire comprendre.
Les malheurs de notre pays ont commencé avec le premier coup d’Etat que le continent avait connu le 13 Janvier 1963, lorsque le père de l’indépendance togolaise s’était fait assassiné par un jeune sergent du nom d’Eyadéma Gnassingbé. Beaucoup cherchent encore aujourd’hui à connaître les motifs réels de ce coup d’Etat, mais nous croyons qu’il s’agissait avant tout de protéger les intérêts de la France en Afrique. Les togolais comme nos parents ont pu nous l’expliquer voulaient sous Sylvanus Olympio continuer de faire allégeance à l’ancien colonisateur qu’était l’Allemagne (qui avait perdu sa "Colonie Modèle" : le Togo à la suite de la seconde guerre mondiale) mais qu’ils préféraient à la France. Ils cherchaient donc dès l’indépendance du pays à frapper par exemple leur propre monnaie en prenant le Mark Allemand comme devise de référence plutôt que le Franc français. L’argent étant le nerf de la guerre, c’était déjà trop d’affront pour une France qui venait d’accorder malgré elle son indépendance au Togo. Eyadéma n’était donc intervenu que pour faire le sale boulot aux français, en éliminant le dissident de l’époque, c'est-à-dire Sylvanus Olympio par qui venaient les réformes émancipatrices du Togo ; raison d’ailleurs pour laquelle le soutien de la France ne lui avait jamais fait défaut durant tout son règne de dictateur à la tête de notre pays. La vérité sur cette affaire sera probablement révélée un jour, puisque aucune enquête claire à notre connaissance n’a vraiment encore été menée sur ce dossier. Disons cependant pour faire bref, qu’ Eyadéma a su ensuite mettre rapidement en place une armée tribale entraînée par la France pour assurer ses arrières et échapper à la vengeance de la famille Olympio et de ses partisans, mais toute sa vie on le sait, le Général avait été hanté par l’assassinat du père de l’indépendance togolaise.
Aujourd’hui c’est vrai que le dictateur n’est plus de ce monde, mais tant que ses enfants resteront au pouvoir et qu’un seul Olympio sera dans la course politique, le Togo restera malade de son héritage historique.
Le semblant de démocratie que nous voyons poindre aujourd’hui dans notre pays n’est qu’artificielle car les Gnassingbé ne quitteront jamais de leur propre gré le pouvoir, de peur de se laisser rattraper par le passé. La présidentielle 2010 à venir est par anticipation déjà gagnée par le parti politique qu’ils incarnent : le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT).
L’alternance que les togolais attendent ne se jouera qu’entre les fils Gnassingbé et les querelles familiales n’apporteront aucun changement dans la vie quotidienne du pauvre citoyen togolais. Quand récemment Kpatcha le frère du chef de l’Etat actuel a été éloigné du pouvoir, ce n’était pas pour faire de la démocratie, mais pour "former un roc" ("Faure"-"Mey" un "Rock" [2]), sur lequel sera bâti le règne de la dynastie Gnassingbé et qui fera au même moment croire au monde qu’il y a du changement dans l’air dans notre pays. Les enfants d’Eyadéma savent bien qu’ils n’auront bientôt plus à avoir peur de leur rival principal, puisque Gilchrist Olympio est en train de prendre de l’âge et ne semble à ce jour pas avoir de successeur, son parti l’Union des Forces du Changement (l’UFC) n’étant déjà plus que l’ombre de lui-même, ayant perdu le soutien des autres partis de l’opposition et celui de la rue après les récentes élections législatives. La stratégie du clan Gnassingbé consiste tout simplement maintenant à garantir l’héritage paternel en jouant la montre et en plaçant des pions gagnants, c’est-à-dire en mettant à tous les postes politiques du pays, des hommes acquis à leur cause. Les fougueux de la famille comme Kpatcha, trop impatients de faire la fête ne sont éloignés que pour ne pas trop éveiller les soupçons, mais reviendront comme des charognards se régaler de leur proie dès que la mort « naturelle » du dernier Olympio leur sera annoncée. Il est donc évident que la démocratie tant souhaitée par notre peuple n’est pas encore pour demain. Actuellement la bonne gouvernance ne consiste qu’à continuer de « faire la poche » à l’Union Européenne, et à enfoncer les générations togolaises à venir dans la dette en empruntant auprès des banques éparpillées dans le monde (les chinois et les arabes par exemple, étant devenus très voraces dans ce domaine). L’alternance politique réelle n’est donc pas pour demain car ce serait pour la famille Gnassingbé, un sabordage qu’à leur place même un fou n’oserait se faire.
Nous sommes donc très loin encore de la convalescence, mais bien en face d’une maladie silencieuse qui ne dit pas son nom: un cancer qui doucement ronge le Togo et bientôt s’étendra à toute l’Afrique si on laisse faire. Les autres chefs d’Etats africains n’ont-ils pas déjà calqué leur politique sur l’exemple togolais, en formant leurs enfants pour les succéder? Gouverner en Afrique ne consiste-t-il pas aujourd’hui à "retourner l’ascenseur" à des pays comme la France avec toutes les conséquences que cela représente pour nos populations (allusion ici à la grâce présidentielle du Président Deby aux responsables de l’"Arche de Zoé" après la récente attaque des rebelles et le soutien français au régime Tchadien)? Le Togo est un mauvais exemple de démocratie qui continue de s’exporter à toute l’Afrique, et les violences électorales en cours au Kenya peuvent aujourd’hui en témoigner.
Pour finir avec ce lourd héritage qui nous maintient dans le sous-développement, il n’y a qu’une seule solution : couper définitivement les membres atteints par la gangrène. De nouveaux hommes doivent prendre la tête du Togo (que cela se fasse par la force ou par les urnes), et rompre avec le cercle vicieux de la magouille. Nous avons besoin d’un leader à la tête de notre pays qui ne vienne pas jouer la carte tribale, ni celle de l’armée ou même intellectuelle. Il nous faut juste un homme sérieux, un rassembleur capable de mettre l’intérêt national au dessus de celui de sa famille (entendez: tribale, politique, religieuse, financière…). Nous avons besoin d’une nouvelle génération d’hommes intègres, et d’un changement de mentalité de la population pour faire repartir le Togo. C’est alors seulement que nous pourrions parler de convalescence, et enfin réfléchir à un développement durable de notre pays, pour finalement rêver à en faire la vraie "Suisse de l’Afrique".
Pour l’instant, tant que les miliciens du parti au pouvoir bénéficieront d’impunité, que des mains inconnues cachées dans l’ombre continueront de diriger notre pays, ou que l’ensemble des partis de l’opposition ne sauront se regrouper en un bloc solide et crédible pour présenter un seul candidat aux prochaines élections présidentielles, le Togo restera un grand malade et cette maladie continuera d’affecter l’Afrique voire le monde entier: les réfugiés togolais ne sont-ils pas déjà en train d’envahir l’Europe, les Etats-Unis et le Canada? Bientôt ce serait au tour de l’Asie de nous accueillir, le chômage et la violence étant en train de gagner toute l’Afrique, avec bien sûr la bénédiction de nos hommes au pouvoir.
N.B :
[1] http://www.lefaso.net/spip.php?article25498
[2] Faure, Mey, Rock = nom de trois fils d’Eyadéma occupant actuellement des postes stratégiques au Togo.

Sunday, September 16, 2007

LA RECONCILIATION AU TOGO N'AURA PAS LIEU

S’il est à noter que depuis le 5 octobre 1990, jour de la rupture des institutions d’avec le peuple, la réconciliation semble préoccuper les animateurs de la vie socio- politique togolaise : nos dirigeants et tous ceux qui détiennent aujourd’hui le privilège de pouvoir s’adresser au peuple ou de parler en son nom, il est tout aussi intéressant de noter qu’aucun effort n’a vraiment été réalisé pour arriver à trouver un moyen de parvenir à cette réconciliation. La réalisation de cette réconciliation cependant est très simple à faire à mon avis, mais demande un langage de vérité qu’aucun de nos acteurs politique n’à le courage d’utiliser actuellement, et comme les habitudes ont la peau dure dans notre cher pays, nous pouvons très certainement conclure sans peur de nous tromper que cette réconciliation en particulier et la crise togolaise en général ne sont pas prêt d’être résolues.
En effet Après avoir éliminé la population togolaise de tous les débats le concernant, et en cherchant à nous faire croire que la crise togolaise trouvera un jour une solution sans que les militaires qui détiennent la clef réelle de la sécurité dans notre pays soient associés aux débats sur notre société, certains continuent encore naïvement de vouloir nous faire croire au Père Noël pour réussir des initiatives qui engagent à priori les togolais, mais sans que ceux-ci aient leur mot à dire. Tout se passe encore au Togo comme si le peuple ne représenterait rien d’autre qu’une société d’attardés mentaux ou comme certains se plaisent souvent à le dire : une classe de " moutons " à laquelle chaque prédateur pour peu qu’il ressemble à un " lion " peut venir imposer le pâturage à brouter, ou facilement conduire à l’abattoir sans que nous puissions même sur le chemin de notre mort avoir l’occasion de "bêler". C’est malheureusement là où justement la plupart de nos dirigeants et maintenant la communauté internationale font une grosse erreur.
S’il est vrai que le coup d’Etat perpétré par le fils, après le décès de l’ex- " Père de la nation" avait été à ce point surprenant qu’il a réduit la population togolaise au silence, la situation actuelle ne doit pas être confondue avec une démission, ou une totale soumission de la population togolaise aux désirs peu voilés de pouvoir et de puissance que nourrissent les nouveaux dirigeants du Togo. C’est vrai qu’après le hold-up sur les urnes lors de la dernière élection présidentielle dans notre pays, les togolais s’attendaient à voir apparaître un libérateur, qui vienne remettre les pendules à l’heure, un vrai patriote qui chasserait les armes à la main tous les "vautours" encore rassemblés autour du défunt dictateur, et tirerait la population encore surpris par la mort d’Eyadéma de sa torpeur. Bien sûr que tous les politiciens eux n’avaient que leurs petits plans en tête et ignoraient totalement la volonté du peuple. Tous savaient le "match électoral" truqué d’avance, mais avaient accepté y jouer au détriment du peuple car comptant sur leurs amis de la communauté internationale pour les aider à jouer leur jeu. La colère qui avait suivi l’élection et qui fut vite étouffée par nos " barbares de toujours", cette milice sans nom à la solde de la dictature et que d’aucuns confondent avec l’armée togolaise n’avait fait que renforcer le désespoir du peuple. C’est justement parce que cette milice qui asservie notre population n’est pas encore l’armée sensée nous protéger, que personne ne sait vraiment comment associer aujourd’hui cette dernière aux tentatives de cette réconciliation devant mener à la paix dans notre pays. La même chose dans le cas du peuple togolais, qui à force de ne pas être associé aux problèmes qui l’engagent s’est éloigné du processus devant le réconcilier avec l’armée (pardon : la milice). Nous pataugeons donc aujourd’hui dans une situation ou toutes les bonnes volontés continuent d’élaborer des théories pour faire la réconciliation de notre nation sans que personne vraiment n’arrive à nous définir entre qui doit se faire cette fameuse réconciliation. Est-ce en effet à une réconciliation de la population avec son armée qu’il faut s’attendre, ou à une réconciliation entre le peuple et ses dirigeants ? Est-ce au contraire une réconciliation du peuple avec les partis dits de l’opposition dont les dirigeants n’ont pas hésité à nous sacrifier sur l’autel de leurs ambitions personnelles, ou mieux à une réconciliation du peuple avec lui-même ?
Si nous sommes toutefois d’accord que les vrais acteurs de cette réconciliation continuent d’être tenus en dehors des prises de décisions alors il est évident à mon humble avis que non seulement la réconciliation ne sera pas pour demain dans notre pays mais pire, la vraie crise qui mine notre pays restera entière, et tout le travail qui semble se faire actuellement ne sera rien d’autre qu’une perte de temps. Bien naïfs sont encore ceux qui croient qu’une élection législative sera le remède miracle qui sauvera le Togo du chaos, quand on sait que le peuple ne se retrouve plus dans aucun des candidats aux élections ou des acteurs politiques actuels qui se disent nous représenter. Nos dirigeants et tous ceux qui aspirent à nous gouverner demain, devraient donc commencer par nous parler un autre langage, celui de la vérité et plus que cela, ils doivent commencer par traduire leurs paroles en actes (allusion au récent discours du chef de l’Etat sur l’impunité, immédiatement suivi des interdictions de marches pacifiques en faveur justement de ce même sujet). Qu’on arrête donc de chercher à tourner les togolais en bourriques, et que les bonnes volontés qui s’offrent pour réconcilier notre population s’adressent directement et avant tout aux assassins du peuple. Que le pouvoir en place qui nous a jeté à l’œil la poudre des enquêtes (confiée à la « commission Koffigoh ») après l’élection présidentielle d’Avril 2005, aille plus loin dans sa tâche et passe aux actes, pour nous prouver la bonne foi de nos dirigeants et expliquer au monde que les choses commencent par changer positivement au Togo. Après deux années d’exercice du nouveau pouvoir en place au Togo et qui se veut « démocratique » nous voulons concrètement voir les auteurs des crimes arrêtés, nous voulons voir jugés : ceux qui ont égorgé nos pères, éventré nos mères, chassé nos frères en dehors du pays, violé nos sœurs et rendus nos enfants orphelins, mais continuent allègrement de se balader dans les rues de Lomé et ne cessent de nous narguer comme s’ils étaient au dessus des lois de notre pays. Que les auteurs des crimes d’Avril 2005 aient au moins le courage (sinon la chance) de venir faire leur mea-culpa au peuple, et nous disent pourquoi ils ont retourné leurs armes contre nous, eux qui étaient sensés nous protéger? Si après le travail de la justice le peuple se décide à leur pardonner et à oublier ce passé douloureux de l’histoire de notre pays, alors seulement aura lieu la réconciliation.
Le problème de la réconciliation au Togo passe avant tout par la reconnaissance des torts causés à notre peuple par les exécutant des basses besognes du groupe d’individus qui continue de prendre notre pays en otage. C’est vrai que seuls ont peur de la réconciliation, ceux qui craignent que la confession de certains crimes ne les éloigne à jamais de la politique et donc du pouvoir, mais sans ce passage obligé de reconnaissance du mal et d’acceptation des peines qui l’accompagnent, l’élection législative prochaine au Togo et toutes les élections futures dans notre pays seront à priori vouées à l’échec.
Chacun sait qu’il n’y aura pas de réconciliation sans pardon, et qu’il n’y aura pas de pardon sans confession des fautes. Les hommes politiques ne devraient donc pas négliger de parler ce langage de vérité s’ils tiennent à se rapprocher de notre population.
Tant que l’impunité continuera de régner en maître au Togo, la réconciliation restera son esclave, c’est-à-dire un vain mot, un simple rêve de démagogues, et Dieu seul sait s’il nous est encore permis de rêver au Togo après toutes ces années de retard sur un monde soumis aujourd’hui à un "Tsunami" de changements, une évolution…trop rapide.

Sunday, October 29, 2006

UNE SEANCE DE TORTURE AU TOGO


UNE SÉANCE DE TORTURE AU TOGO


Le livre a pour titre “ Lutter pour ses droits au Togo” et révèle dans ses pages 66 à 72, l’arrestation de son auteur par les bourreaux d’Eyadéma, le Président défunt du Togo, surnommé le “Dieu de la Terre” par ses admirateurs. C’était le 22 août 1990, soit plus de 16 ans maintenant, mais les souvenirs restent vivaces, car rien ne semble avoir changé au Togo depuis ce temps, même après la mort du Général Président et même après la « reprise » du pouvoir par son fils Faure Gnassinbgé, suite aux dernières élections d’Avril 2005 ou le monde entier a pu voir en direct sur les écrans de télévision, les militaires togolais emporter au pas de course les urnes de vote, et aller remettre la victoire à leur préféré, après avoir tiré dans la population et fait fuir le pays à prêt de 47 000 de leur compatriotes.
Nous nous permettons de reprendre avec l’accord de Hilaire LOGO DOSSOUVI l’auteur du livre, l’enfer qu’il a connu après son arrestation par les sbires de la police politique togolaise :

« - Dans la soirée du 22 août 1990, Laurent Aboley, Paulin Aboley, Josué Kossi Efoui, Agbelenko Doglo, Boda Alpha, Kara Koro, Nabine Ouyi, Sassou, Hope Kalépé, Têko Yovodevi et moi-même, Hilaire Dossouvi Logo, avons été arrêtés par la police politique d’Eyadéma. Mon calvaire commença ce soir-là. J’étais alors à la maison en train de mettre en forme le premier jet d’une allocution que je devais prononcer une semaine après à Tokpli, à l’occasion de la 4e célébration de la fête traditionnelle du Yoto. Vers 19H30, des inconnus ont fait irruption dans mon salon, en me demandant abruptement si j’étais bien Hilaire. Je réponds que oui. Ils se précipitèrent aussitôt sur moi pour me menotter, avant même que de me montrer leur carte de police. C’était un pot pourri de la gendarmerie, la police, l’armée. Je reconnus les commissaires Dogbévi, Karkassa et Palanga, qu’accompagnaient une vingtaine de brutes. Ils avaient investi le quartier, en plus de ma maison. Notre domicile fut mis sens dessus dessous durant des heures, jusqu'à 2 heures du matin, évidemment sans mandat. Infructueuses, les recherches prirent fin sur une note visible de déception de mes « assaillants ». Néanmoins ils m’embarquèrent à bord d’une Renault 18 bleu marine avec escorte, indifférents aux pleurs de ma famille et aux questions de ma femme qui voulait savoir ou l’on me conduisait.
Cette même nuit, tous mes camarades de la « coordination » ainsi que 2 cellules d’étudiants ont été arrêtés dans les mêmes conditions, et enfermés individuellement dans les cachots de la DRG (Division des Renseignements Généraux) à Akodessewa, un quartier périphérique de Lomé - centre de torture connu. Au début j’ignorais l’arrestation et la détention de mes camarades. Mon interrogatoire a duré toute la nuit. Entamé par le commissaire Dogbevi, il se poursuivra avec palanga relayé par Lamboni. Les premières questions concernaient mes « relations avec les étudiants de l’Université du Bénin », puis mes « activités à Lomé », puis si j’avais « quelque chose » à me reprocher ? Un tel questionnement marqué par les insinuations était connu des opposants et je n’ai pas répondu. Nous tournions autour du même pot lorsque je demandais à Lamboni si je pouvais téléphoner à mon avocat. Colère irrépressible de mon questionneur ; « Ton avocat ! Tu ne sais pas ce qui t’attend ! Si ton avocat vient ici, je le coffre. ». Quelques minutes plus tard, on fit passer devant moi notre camarade Hope Kalépé, menotté et torse nu. Lamboni me demanda si je le connaissais. Je me crus obligé de répondre par l’affirmative.
Un homme de petite taille fit alors son entrée, et mes geôliers se levèrent quand il traversa la salle pour rejoindre un bureau au fond. Le commissaire Dogbévi me conduit alors devant lui : pantalon kaki, chemise jaune à rayures noires, visage ovale, balafré des tatouages yorouba dits « odjouo lêgba ». Il s’agit bien d’Antoine Pitalounani Atakora Lao-Kpessi, le patron de la sureté togolaise, connu par la rue comme « le roi de la torture ». C’est aussi l’homme de confiance du Président. Cette nuit-là, il se contenta d’informations générales sur ma personne puis s’en alla. Apres quoi, on m’attacha au lit de garde, sous haute surveillance jusqu’au lever du jour. Le roi de la torture revint vers 7h30-8h, suivi d’une quinzaine d’hommes – policiers, gendarmes, militaires, tous en uniforme. Parmi eux, le cruel Alaza – policier commando de la garde présidentielle et chef des « escadrons de la mort » - qui promit de me « manger une de ces nuits, à minuit »… Les commissaires Palanga, Karkassa, l’officier de police- adjoint Lecoutey étaient présents. Une demi-heure après leur arrivée, une série interminable de hurlements traversa l’air. Il s’agissait des frères Aboley (Laurent et Paulin).
Avant mon second interrogatoire à la DRG, on me conduisit dans une salle de conférences, face à 5 individus assis, de mine patibulaire, qui me fixèrent longuement. La salle close était dans une demi- obscurité, conditionnement psychologique requis sans doute avant tout interrogatoire maison. Je m’efforçais de rester calme, de dominer mes appréhensions, tout en présentant une figure de marbre à mes ennemis. Ce n’était pas si facile car j’avais face à moi une rangée de crânes rasés, de mains aux doigts garnis d’anneaux rouges, noirs argentés – y aurait-il des sorciers maléfiques dans la salle ? Apres cette séquence de film d’horreur, je fus précipité dans la salle des tortures. En chemin, je croisai Têko Firmin Yovodevi qui en apparence n’avait pas été torturé. Il sembla me plaindre. Les hurlements des frères Aboley avaient cessé, faisant place à un lourd silence.
La première question du capitaine Lao Kpessi a trait à mes relations avec les étudiants et l’ensemble du monde universitaire. Puis il me met en garde : je n’ai plus lieu de nier quoi que ce soit, « bêtement ». J’ai donc admis mes « activités » concernant les étudiants à ma connaissance détenus ce jour-là : Hope Kalépé, Têko Yovodevi, Paulin Aboley et Laurent Aboley. Le « roi de la torture » signifia alors qu’ils avaient « tout avoué » et que si je niais les évidences, j’en souffrirais inutilement. Puis on me déshabilla, au milieu d’une pluie de questions sur la CDPA. L’équipe de tortionnaires savait que j’étais le responsable de la « coordination » et que les cellules étaient « cloisonnées », avec impossibilité de remonter aux autres éléments sans me faire parler. J’avouai sans mal mon appartenance à la CDPA, et mon « traitement » commença à se durcir aux fins d’obtenir la liste de mes compagnons. J’ai été d’abord frappé violemment : cordelettes, coups de pied, coups de poings, bâton… A défaut d’obtenir des noms, mes tortionnaires voulaient les procès-verbaux de nos réunions. « Mais nous n’en faisons jamais ! », fut ma réponse. Et les fiches de présence ? « Mais, nous n’établissons pas de tels documents inutiles ! ». M. Lao- Kpessi s’énerve alors et demande qu’on fasse « briller le soleil » - selon ses propres termes. Un jeune gendarme en uniforme (son chauffeur) s’approche de moi avec un générateur à manivelle rotative, connecté par deux fils électriques à deux pinces dentelées que les bourreaux vont accrocher au gré de leur cruauté à mes deux index, à mes bras, à mes jambes, à mon sexe, aux mamelons de mon torse, à mes oreilles… Les décharges parviennent jusqu'à la tête, donnant l’impression que son cerveau va jaillir du crâne… La douleur est intense, fulgurante, inoubliable. La vie s’arrête. Chaque « séance » peut durer entre 2 et 5 minutes, une éternité… Le torturé hurle comme une bête.
Mon calvaire a duré trois heures. Ils voulurent ensuite la liste des membres de la CDPA et les noms de « vos commanditaires ». Vers 12 h30, ce vendredi-là l’enfer s’arrêta pour moi dans les locaux de la DRG, après notre visite au cabinet d’expertise de Lucas Afantchawo. Ici je souligne incidemment que la photocopieuse de cet homme ne lui a pas été restituée, comme d’ailleurs mes précieux ‘ instruments de travail’ : machine à écrire, appareil photos, une dizaine de livres de tous genres, emportés à tout jamais sans doute par l’équipe de perquisition. Hélas, la torture reprit de plus belle dans l’après-midi vers 16h, cette fois à la Sûreté Nationale, dans le bureau du capitaine Lao-Kpessi. Cet après-midi-là, à propos des noms ‘Agbéyomé’ et deux autres, on tourna la ‘gégène’ – le nom utilisé dans l’armée française durant la guerre coloniale en Algérie, quand la ‘torture’ connaissait un grand ‘développement’ – jusqu'à ce que je perde connaissance… En retrouvant mes esprits, des pensées surgissaient : « Un couard meurt plusieurs morts, tandis qu’un courageux ne meurt qu’une fois. Tu seras un brave si tu parviens à transcender la peur ».
Dans les locaux de la direction de la Sûreté Nationale, j’ai pu voir les camarades interpellés et la, bonne surprise ! seule l’équipe de coordination et 2 cellules étudiantes avaient été ‘harponnées’ – les autres équipes de quartier et du campus (soit une cinquantaine au total), ainsi que nos sympathisants à l’intérieur du pays et les réseaux des professeurs Gnininvi, Sassou et Gayibor n’avaient pas été touchés.
L’opinion nationale et internationale sensibilisée déjà à l’époque du danger inhérent à toute arrestation au pays de Gnassingbé Eyadéma, se mobilisa pour nous sortir des griffes de nos bourreaux. Dès mon arrestation, ma famille avait entamé ses recherches afin d’identifier le lieu de ma détention, mais sans résultat durant toute une semaine. A plusieurs reprises, s’étant rendue à la Sûreté, on lui répondit que nous n’y étions pas. Angoissée à juste titre, mon épouse avait alors saisi la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) par l’entremise de Me Agboyibor, qui chargea la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) alors présidée par Me Kokou Kofigoh de mener une enquête sur notre traitement. Le régime tenta alors de corrompre les camarades torturés en achetant leur silence. Il visait à médiatiser ensuite les « affabulations et mensonges de la LTDH », afin de lui ôter son crédit à l’étranger notamment. Malgré un second rapport de la CNDH niant notre torture et signé du vice-président Assouma, qui venait contredire le premier rapport signé de Me Agboyibor, l’opinion publique nationale et internationale savait à quoi s’en tenir. Malgré les rapports mensongers des experts médicaux, sous la férule du Docteur Bissang – l’homme du pouvoir au Pavillon militaire du CHU-, qui s’opposaient aux conclusions des organisations des Droits de l’Homme impliquées dans le dossier, il fut reconnu que 4 des prévenus avaient été bel et bien torturés. J’en ai encore les séquelles.
A la demande de ma famille, l’enquête diligentée par la CNDH à travers la Ligue, en vue d’élucider les conditions de notre arrestation et de notre détention, a révélé combien le régime Eyadéma était ‘infréquentable’, condamnable par les démocraties occidentales. Le pouvoir était acculé par les interpellations médiatisées du directoire de la CDPA, via les prises de parole de Daniel Kouéviakoué et Isidore Latzoo, relayées par le travail de taupe des professeurs Gnininvi, Francois Gayibor et Bertin Sassou, les dénonciations et nombreux rappels à l’ordre de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) par la voix de son président Patrick Baudoin, les alertes d’Amnesty International par la voix de Gaetan Mootoo… ».

Commentaire :

Au Togo, le problème de l’impunité reste crucial et sans solution encore à ce jour. Les assassins de Tavio Amorin (paix à son âme), de Gaston Edeh, du Colonel Tépé et de beaucoup d’autres togolais sont connus mais jamais traduits devant un tribunal, et pour cause : la justice n’est pas encore indépendante dans ce pays. Le dialogue intertogolais initié le 21 avril 2006 entre les participants à l’élection présidentielle d’Avril 2005, s’il souligne dans son communiqué final la nécessité de résoudre le problème de l’impunité, déçoit déjà par le contournement qu’il fait ne serait-ce que des approches de solutions a cette impunité en la rendant caduque par l’amnistie qu’il accorde par avance aux assassins du peuple. C’est dire que l’impunité a de long jours devant lui au Togo et que la vraie réconciliation entre le peuple et son armée ne se fera probablement jamais si les tenants actuels du pouvoir doivent rester en place, eux qui n’y sont justement que par la force des armes. Aux dernières nouvelles, environ 17 000 réfugiés togolais se trouvent encore au Bénin voisin et au Ghana par peur de l’insécurité qui règne encore au Togo et par manque de confiance au gouvernement en place. Il est déplorable que ce trouble politique et social n’empêche pas la communauté internationale et surtout l’Union Européenne de s’acharner à travailler avec les assassins qui actuellement dirigent le Togo.

- Pour se procurer le livre « Lutter pour ses droits au Togo » de Hilaire LOGO DOSSOUVI, prière visiter : http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=18428
- Pour toute aide financière de 100 dollars (et plus) à l’Organisation Non- Gouvernementale des droits de l’Homme :
LA QU@RANTAINE INC, vous recevrez gratuitement un exemplaire du livre « Lutter pour ses droits au Togo » de Hilaire LOGO DOSSOUVI.
- Pour nous aider à continuer par dénoncer l’impunité au Togo et à promouvoir les droits Humains à travers le projet « Togo en qu@rantaine » prière écrire à Kouassi KLOUSSE Artiste peintre et activiste initiateur du projet, via les courriels :
- panaturefr@yahoo.fr
- quarantaine_inc@yahoo.com
- ou laisser un message sur le: (+) 301-920-0399 aux USA

N.B : L’écriture « La qu@rantaine », ou « Togo en qu@rantaine » est une exclusivité de l’ONG : La qu@rantaine Inc.

Sunday, July 16, 2006

TOGO EN QU@RANTAINE A FORT WARD PARK



"TOGO EN QU@RANTAINE"
AU PARK FORT WARD
D'ALEXANDRIA VIRGINIA (USA)
LE DIMANCHE 09 JUILLET 2006




L’exposition itinérante de peinture sur les droits humains au Togo dénommée Togo en qu@rantaine a été présentée pour la première fois dans l’Etat de Virginia (USA) le dimanche 09 juillet 2006 depuis son lancement en 2004. C’était à l’occasion de la commémoration du 25e anniversaire de la création des "Amis du Togo" (Friends of Togo), une association américaine regroupant des anciens volontaires du Corps de la Paix (Peace Corps) et autres coopérants américains ayant travaillé au Togo, ainsi que des sympathisants togolais.

L’Artiste peintre togolais et activiste des droits humains : Kouassi KLOUSSE initiateur du projet « Togo en qu@rantaine » a pu saisir l’occasion de cet "Annual picnic" pour présenter une fois encore au public américain la situation des droits humains au Togo à travers ses toiles et des photos sur les dernières tueries dans son pays au lendemain de l’élection présidentielle d’avril 2005. Il a partagé son point de vue avec le public sur l’actualité togolaise, à savoir : le dialogue en cours entre l’opposition et le parti au pouvoir, et la prestation de l’équipe togolaise: les "Eperviers" lors de la Coupe du Monde de juin 2006 de football en Allemagne.
L’Artiste et Activiste Kouassi KLOUSSE a ensuite offert une de ses toiles pour la vente silencieuse aux enchères organisée par l’Association au bénéfice de ses œuvres, une vente aux enchères qui en plus des nouvelles adhésions et vente de T-shirts aura permis aux "Amis du Togo" de réaliser plus de 900 dollars US qui servirons à continuer les activités de développement des communautés en difficulté au Togo.

Les "Friends of Togo" dans leur Rapport Annuel ont chaleureusement remercié l’Artiste pour sa participation, ses explications sur la situation actuelle du Togo et le bel exemple donné à travers l’offre généreux d’une de ses toiles à l’Association.

Sunday, June 04, 2006

7 JOURS POUR REFLECHIR A L'IMPUNITE AU TOGO




7 JOURS POUR REFLECHIR A L’IMPUNITE AU TOGO:


Le dialogue tant attendu entre togolais depuis les tueries de l’année dernière au lendemain de l’élection présidentielle dans notre pays, avait été finalement entamé le 21 avril à Lomé, pour difficilement aboutir sur un projet d’accord que les délégués disposent d’une semaine pour étudier. C’est du moins ce que nous pouvons comprendre ce 02 juin 2006 en jetant un coup d'oeil sur le site officiel de la République togolaise pour lire l’article titré : « 7 JOURS POUR EXAMINER LE PROJET D’ACCORD »:(http://www.republicoftogo.com/fr/news/news.asp?rubID=1&srubID=1&themeID=1&newsID=11531).Je me suis intéressé aux propositions touchant à l’impunité dans notre pays. J’ai lu puis relu le chapitre suivant :III. AU SUJET DE L’IMPUNITE25. Le Bureau propose la création d’une commission ‘’Vérité et Réconciliation’’ qui sera chargée de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique, commis durant la période allant de 1958 à ce jour, et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes.26. Le Bureau propose également la valorisation par les pouvoirs publics des hommes et des femmes de tous bords qui ont la compétence, l’intégrité et l’esprit d’indépendance nécessaires au bon fonctionnement des Cours et Tribunaux, de la Police judiciaire et des autres institutions à qui incombe l’éradication de l’impunité.Je me suis ensuite intéressé au chapitre consacré à ceux qui ont toujours (à cause de l’uniforme qu’ils portent) échappé depuis toujours à la punition au Togo à savoir nos frères de l’arméeJ’ai lu et relu le chapitre que voici :II. A PROPOS DES PROBLEMES DE SECURITELe Bureau a fait des propositions en deux volets :A/ S’agissant de la réforme de l’Armée et des autres Forces de sécurité17. Des dispositions nécessaires doivent être prises en vue de la réaffirmation solennelle et du respect effectif :• de la vocation apolitique, du caractère national et républicain de l’Armée et des Forces de sécurité, conformément à la Constitution et aux lois pertinentes du pays ;• de la distinction entre les fonctions de l’Armée d’une part, et celles de la Police et de la Gendarmerie d’autre part, de façon à ce que la première se consacre à sa mission de défense de l’intégrité du territoire national et les secondes à leurs missions de maintien de l’ordre et de la sécurité publique.18. Des personnes ressources seront désignées pour étudier les problèmes de l’Armée et des autres Forces de sécurité ainsi que les solutions à y apporter, avec le concours des partenaires du Togo.En raison de la spécificité et de la complexité des questions relatives aux Forces de sécurité, ces personnes ressources aborderont leur mission avec sérénité en y associant étroitement les corps concernés.19. Dans l’immédiat, le gouvernement devra prendre toutes les dispositions utiles afin que les forces de défense et de sécurité s’abstiennent de toute interférence dans le débat politique.20. Les effectifs et les moyens d’action de la gendarmerie et de la police doivent être renforcés pour leur permettre d’assumer efficacement leurs missions.21. Les partis politiques doivent être conviés s’abstenir de tout ce qui peut être perçu comme des provocations à l’égard de l’Armée et des Forces de sécurité, et à œuvrer à une confiance réciproque entre ces dernières et les populations.B/ Concernant la sécurité des activités des partis politiques et les élections22. Le Bureau propose que soit mis en place, au niveau national, un mécanisme destiné à alerter, le cas échéant, les services compétents à la bonne application des mesures de sécurisation des activités des partis politiques et des processus électoraux.23. Ce mécanisme d’alerte disposera des relais au niveau de la Commune de Lomé et de chaque Préfecture.24. Le mécanisme national d’alerte et ses relais seront composés de représentants des partis politiques, des autorités administratives et des forces de sécurité.J’ai ensuite essayé de faire le rapprochement entre ces deux chapitres et me suis posé certaines questions qui me sont venues à l’esprit et que je compte sur les délégués à ce dialogue entre togolais pour m’aider répondre au cours des 7 jours de réflexions dont ils disposent encore pour que l’impunité disparaisse sur la terre de nos aïeux.MES QUESTIONS SONT LES SUIVANTES:1- La commission « vérité et réconciliation » si elle venait à être créée, pourra-t-elle avoir accès à tous les dossiers d’enquêtes (quand on sait qu’aucune enquête jamais n’a abouti ou jamais été sérieusement menée au Togo), et nous retrouver les assassins de tous les bords, puisque son travail couvrira la période aussi bien du règne du Président Sylvanus Olympio, et d’Eyadéma ainsi que celui de son fils Faure, c’est-à-dire de 1958 jusqu’à cette année 2006 ?2- Les assassins déjà morts ne nous posent plus de problème, mais quel sort sera réservé aux assassins en vie, qui sont encore aux affaires et ceux qui particulièrement qui portent des uniformes, et donc font parti de l’armée qui déjà dans l’avant goût du texte final semblent être ménagés par les signataires de l’accord, quand on sait qu’une simple critique à l’endroit de l’armée est une insulte au Togo et peut faire descendre nos hommes en uniforme dans la rue surtout que dans notre pays nous ne sommes jamais arrivés à distinguer les policiers des gendarmes ou des militaires en matière de répression de la population ?3- Au cas ou justement notre armée descendrait encore dans les rues ou se saisirait des urnes comme elle en a l’habitude, comment compte-t-on la faire rentrer dans ses casernes maintenant que les politiciens de notre pays commencent par concentrer leurs efforts sur l’organisation prochaine des élections législatives et qu’apparemment elle serait terminée longtemps avant même que la réforme de l’armée ne soit jamais entamée, étant donné qu’aucun délai ne semble énoncé pour les travaux concernant cette fameuse réforme de l’armée ; mais mieux c’est une croissance de ses hommes en uniforme dans nos rues qui se prépare avec l’article 20 du chapitre II de la proposition de texte élaboré par nos politiciens, comme si notre pays n’était pas encore assez militarisé et soit disant pour lutter contre l’insécurité. (Au fait qui détient aujourd’hui la clef de la sécurité dans notre pays depuis qu’Eyadéma n’est plus de ce monde, lui qui en était le garant?)Les délégués nous dit-on, disposeraient de 7 jours pour réfléchir la proposition de texte c’est vrai, mais c’est peut être trop peu à mon avis pour leur permettre de répondre à des questions aussi graves que celles touchant aux droits humains, ce qui personnellement me donne l’impression qu’une fois encore un dialogue entre togolais qui se croient à part et ne pensent pas à associer d’autres togolais à part entière à leurs discussions ne saura accoucher que d’une souris.Que ceux qui se réservent le droit de réfléchir à notre place à tous tiennent en mémoire que certains crimes commis sur la terre de nos aïeux, comme ces hommes brûlés et calcinés retrouvés le jeudi 29 septembre 1994 à Dzové près de Dalavé (préfecture de Zio), ou celui de Gaston Aziadouvor Edeh retrouvé dans un champ le 13 janvier 1994 par exemple (Cf : photos 1 et 2 de la Tribune des démocrates en 1994) sont des crimes trop graves pour être laissés impunis. Que ceux qui se sont délégués pour parler à la place de notre peuple prennent bien la mesure de leur responsabilité envers l’histoire de notre pays et traitent avec du sérieux, la question de l’impunité, afin qu’elle ne soit pas une simple affaire de vérité qui jamais ne sera dite ou d’une réconciliation qui n’engagera jamais le cœur des togolais. La nature à horreur du vide et le risque existe de voir la haine prendre toute la place de l’amour dans nos foyers.

Monday, May 22, 2006

LE TOGO COMME IL VA

Le problème de l'impunité, l'un des thèmes du dialogue national au Togo
«Un an après les violences qui ont émaillé l'élection présidentielle d'avril 2005 où la répression a fait selon les Nations unies de 400 à 500 morts et des milliers de blessés, les plaintes s'accumulent au siège du CACIT, le Collectif des associations contre l'impunité au Togo, qui a déjà enregistré 300 plaintes.»
Un article a lire sur:
http://rfi.fr/actufr/articles/077/article_43875.asp

Sunday, May 07, 2006

PORTRAIT D'UN COLONEL



La mort du Colonel, le peintre que je suis l’avais appris en 1993 comme toute la population togolaise à l’époque, mais en 2003 j’avais été très intrigué par les photos et l’histoire que j’apprenais sur ce soldat. Cela m’avait fait perdre l’appétit pendant des jours, et quand ensuite j'avais voulu reproduire son portrait comme je l’avais ressenti, je n'ai jamais pu revoir que la part animale en l'Homme.
La bête sauvage n’use de sa férocité que pour défendre son territoire ou sauver sa vie. Le lion ou les oiseaux rapaces n’attaquent que pour se nourrir ou défendre leur territoire. Même le serpent ne mord que quand il se sent menacé, mais l’homme lui, peut tuer de sang froid son prochain juste pour de l’argent ou pour satisfaire son plaisir ou celui d’un autre homme qui le lui commande, et c’est ce que je ne comprends pas.
Il doit y avoir en l’homme pire que l’animal. Je n’ai pas pu m’abstenir d’utiliser la couleur rouge pour symboliser tout ce sang inutile qui a coulé. Dans mes touches noires et grises, j’ai noyé mon amertume et ma vaine démarche pour comprendre l’incompréhensible. Depuis 2003 que je l’ai rangé, je ne suis pas arrivé à signer ce tableau. Nous sommes en 2006 et il garde toujours pour moi un goût d’inachevé, celui de la vérité qui doit un jour être dit au peuple togolais sur la mort de tous les fils de notre nation abattus sans raison, et sans que jamais aucune enquête n’aboutisse.
Vous parlez de réconciliation et de réhabilitation ?
Vous me dites que des rues à Lomé ont été dénommées ?
Je crois que cela sent le mensonge, oui certainement…cela sent le mensonge.
Vous voulez des preuves?
Jetez seulement un coup d'oeil sur l'organisation du 27 avril 2006 au Togo et priez pour nos morts, qui certainement continuent de se retourner dans leurs tombes.

COLONEL TEPE DORS EN PAIX


Quant au poème suivant rédigé par un groupe de soldat des Forces Armées du Togo, et publié par « Ibanou » le 3 mai 1993, il nous en dit plus long sur ce massacre de la famille TEPE.
Son titre :

COLONEL TEPE, DORS EN PAIX

Par un matin maudit, tu as rejoint tes ancêtres au fond de la vallée
Par un matin maudit, tu as quitte des hommes médiocres que tu commandais
Par un matin maudit, tu as rejoint le Général AMEYI que tu avais installe
Sur la route du grand voyage une heure plus tôt
Par un matin maudit, des chasseurs de lézards t’ont fracasse le crâne
Et expose ton corps au soleil accablant
Par un matin maudit, des mangeurs de lézards et de souris ont fracassé
Le crâne de tes fils et ton neveu
Par un maudit matin des hommes qui ne comprendront jamais rien
Ont endeuille ton WOAME natal
Par un matin maudit, tu es parti au ciel
Laissant sur terre, le « dieu de la terre »
Et ses petits Satan repus de sang
Par un matin béni, tu es parti comme tu es venu :
Elégant, rasé, réfléchi, beau, et intègre
Des qualités qui faisaient pâlir de jalousie ceux qui ne savent
Que chasser la souris, le lézard… et les hommes.

Par un groupe de soldats des FAT
(publie par Ibanou le 3 mai 1993)

UN RESCAPE DE LA MORT RACONTE


Photo de Blewussi Koffi TEPE, Robert
TEPE et Paul TEPE

Voici dans la correspondance que j’ai pu avoir avec F.U. un rescapé de ce massacre quelques lignes qui m’ont coupé l’appétit pendant trois jours :
« Pour la première fois je suis décidé à faire connaître au public du Monde entier une partie des atrocités commises au camp RIT dans la journée du25 Mars 1993. Les six photos représentent les 4 corps de la famille Tépé dont le Colonel, deux des ses fils et son neveu. Le Colonel Tépé aeu la tête écrasée par une brique tandis que les enfants et neveu ontété égorgés par les soldats kabyè. Dans leur rage l'un des assassins a bule sang du colonel car disait-il qu'il avait appris que le Colonel était spirituellement très puissant. Aujourd'hui les anciens idéologues du parti des assassins (le RPT)veulent nous faire croire qu'ils sont les hommes de la situation etqu'ils veulent libérer le peuple qu'ils ont aide à meurtrir.F.U.Un rescape de la purification ethnique du 25 au 27 Mars 1993. »

“RECONCILIATION ET REJOUISSANCE” DANS LE SANG PUR


“RECONCILIATION ET REJOUISSANCE” DANS LE SANG PUR

Le titre n’est pas de moi, mais du journal « Ibanou express » un hebdomadaire Togolais d’Information Libre et Indépendant qui dans sa parution numéro 44 du 3 au 9 mai 1993 en faisait sa première page, parlant du 27 avril 1993. L’article était de Atchou Outcha et revenait sur la purification de l’armée du Général Eyadéma entre le 25 et le 27 mars 1993, qui fut marqué par l’assassinat du Colonel TEPE, de ses fils et d'un de ses neveux Blewussi Paul, et Robert TEPE.
Voici dans la correspondance que j’ai pu avoir avec F.U. un rescapé de ce massacre quelques lignes qui m’ont coupé l’appétit pendant trois jours :
« Pour la première fois je suis décidé à faire connaître au public du Monde entier une partie des atrocités commises au camp RIT dans la journée du 25 Mars 1993. Les six photos représentent les 4 corps de la famille Tépé dont le Colonel, deux de ses fils et son neveu. Le Colonel Tépé a eu la tête écrasée par une brique tandis que les enfants et neveu ont été égorgés par les soldats kabyè. Dans leur rage l'un des assassins a bu le sang du colonel car disait-il, qu'il avait appris que le Colonel était spirituellement très puissant. Aujourd'hui les anciens idéologues du parti des assassins (le RPT)veulent nous faire croire qu'ils sont les hommes de la situation et qu'ils veulent libérer le peuple qu'ils ont aide à meurtrir.
F.U. Un rescape de la purification ethnique du 25 au 27 Mars 1993. »

Sunday, April 09, 2006

CRIME GRATUIT


Dead Eve- Morte Eve:
La technique d’approche de mes toiles n’est pas la même dans toutes mes oeuvres. Dans “Morte Eve” je suis parti d’un article du journal togolais “Forum Hebdo” publié le vendredi 23 octobre 1992 et signé par K.R.C.
L’histoire:
Elle se passe à la frontière entre le Togo et le Ghana à Aflao. Ce mercredi 21 octobre 1992, la frontière est restée fermée entre le Togo et le Ghana et ne s’ouvrira pas avant 6h00 du matin. Nous sommes en plein processus démocratique, et Eyadéma le feu président togolais fait tout pour se maintenir à la tête du pays. Pour sa sécurité, les militaires sont dans toutes les rues et surtout aux frontières. Mr KLU Sawomekpo Thomas de nationalité togolaise est contraint de passer la nuit en territoire ghanéen où réside sa femme AYIVON Atsupi, parce que surpris la veille par la fermeture de la frontière. Ce matin il décide de rentrer tôt au Togo pour s’occuper de ses autres enfants avant leur départ pour l’école. Il n’était probablement pas encore 6H00 du matin, mais il y a longtemps que le jour a pointé à l’horizon quand ensemble Thomas, avec Atsupi sa femme et son beau frère AYIVON Koffi passent devant les postes ghanéens sans difficulté aucune. A peine ont ils pénétré en territoire togolais cependant, que des rafales de fusil mitrailleur ont claqué dans le petit jour. Seul le beau frère eut le réflexe de retourner sur ses pas. Le mari et sa femme n’ont pas eu le temps de réaliser ce qui leur arrivait. Atsupi encore nourrice en ce moment sera mortellement atteinte au cou et dans plusieurs autres parties du corps. Le fusil crépita de nouveau derrière le beau frère qui sera rattrapé par une balle et finira sa course dans le “no man’s land” Ses derniers mots selon les témoins auraient été « Elan lem, evo nam » (en Mina : « La bête a eu raison de moi, je suis fini »). Le tireur pour bien finir sa tâche viendra se saisir de son corps pour le traîner en territoire togolais. Il était environ 5h30 du matin. Un crime gratuit sur trois personnes venait d’être commis de plus par les hommes de main d’Eyadéma.
Ce qui a touché l’Artiste que je suis:
C’est la mort d’Atsupi, une nourrice, une femme, une mère, une soeur.
J’y ai vu un crime contre la Femme, voire contre l’humanité toute entière. Une mère, et en plus une nourrice qui meurt en laissant derrière elle des enfants, c’est d’autres vies qui s’arrêtent.
Nos mères sont les sources de nos vies. Non seulement elles nous donnent la vie, elles entretiennent aussi cette vie. Combien peut être criminel, celui qui prend de force une telle vie ? La vie d’une femme, la vie d’une nourrice ?
Quelqu’un me dira que le meurtrier ne pouvait pas savoir qu’Atsupi donnait le sein encore à l’époque à un bébé. Mais je dis que parce que toutes les femmes portent un sein et sont la moule de la vie où nous sommes coulés, aucun crime n’est excusable sur la femme…c’est une vision d’artiste c’est vrai, mais c’est ma vision.

L’image et son écriture:
Je prends donc le journal, je lis l’article, je regarde les photos. Les images grouillent dans ma tête d’artiste. J’imagine des choses, j’imagine le sang et je vois du rouge. J’imagine la peur et je pense à une couleur noire. Je suis tout triste et j’ai le "bleu", je mélange sans le savoir du gris à du bleu indigo quand je commence ma composition. Mon esquisse est née dans ma tête alors que j’étais devant mon écran d’ordinateur, d’où mes premières touches réalisées directement avec un programme de peinture à partir de la photo que je venais de scanner. Le jour où je me décide enfin à peindre pour de vrai mon tableau j’ajoute ou je retire des couleurs suivant mon humeur. Je redonne une dimension de liberté à Atsupi, et par transcendance à la Femme en général, c’est-à-dire à Eve, car c’est a elle que je pense, d’où le titre de mon tableau : " Morte Eve". C’est la femme assassinée ! Oui, je ne sais pas pour quelle raison j’ai oublié complètement Adam. Peut être est ce à cause de Koffi le beau frère, car je n’ai pas su choisir entre lui et Thomas le mari. Non, c’est peut être à cause de l’assassin, car il était lui aussi un homme. Cela me faisait trop d’hommes, trop d’Adam. Mais Atsupi, elle, je n’arriverais jamais à l’oublier. Quel homme d’ailleurs pourrait facilement oublier sa mère, celle qui non seulement lui a donné naissance et ensuite ses seins à téter? Devant ma toile, je me donne toutes les libertés possibles. Je peux laisser mon pinceau et travailler avec mes doigts. C’est ma technique, celle de l’incertain. C’est ma conception de la liberté et donc aussi de la liberté dans la peinture. C’est l’"Incertitudisme ". Mon but est d’arriver à libérer ma tête de l’horreur de cette histoire et en me libérant moi-même, rendre aussi la liberté à toutes les femmes du monde, forcées de subir la “bêtise humaine”. Les femmes abusivement mis en prison, les femmes violées, les femmes abandonnées à leurs douleurs au moment de faire des enfants, dans nos hôpitaux qui manquent de moyen à cause de nos dirigeants politiques (qui déploient tous les moyens autour de leur sécurité et de leur vie personnelle, plutôt que pour la santé de la population)… etc. Je me libère de tous les instincts de bête sauvage qui quelque part cachés en moi pourraient un jour m’amener à porter ne serait-ce que la main sur une femme. Et je me dis Non, jamais, jamais de la vie, jamais une femme ne doit souffrir à cause de moi.

Annexe:
Dead Eve/ Morte Eve (Un poème en honneur de nos mères):
O mother,
O sister,
O Eve of the whole universe.
How can those people promised to keep me alive,
When they can shoot a woman, a lady, the source of my life? (This poem is to be continued and is in honor for our mothers)
O mère,
O soeur,
O Eve de tout l’univers.
Comment peuvent-ils me promettre la vie à moi,
Ceux-la qui sont capables de tirer sur une femme, une dame, la source de ma vie?
(A compléter)

Friday, March 10, 2006

RAPPORT 2005 SUR LES DROITS HUMAINS AU TOGO

Togo"Rapport 2005 du Departement d'Etat sur les droits humains au Togo" (en Anglais)

Country Reports on Human Rights Practices - 2005

http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2005/61597.htm

Sunday, February 26, 2006

PORTRAIT



Rosa Parks:

… C’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles.



Rosa Parks est noire et vit à Montgomery en Alabama (Etats-Unis d’Amérique). Nous sommes en 1955. Comme tous les hommes et toutes les femmes de cette époque-là, elle se doit tous les jours d’affronter les horreurs de la ségrégation du fait de sa race.

Ce matin, Rosa Parks brise un tabou : elle refuse de céder sa place à un blanc comme l’exige la loi de l’époque en Alabama. La police de l’Etat d’Alabama l’arrête la juge et la condamne à payer 15 dollars américains.

La communauté noire de l’Etat oppose un mouvement d’une ampleur sans précédent à la discrimination. Les noirs se mobilisent dans un mouvement de contestation de cette loi et vont plus loin en boycottant les transports en commun. Le mouvement s’étend à tout le pays et inspire de nombreux combattants de la liberté dont Martin Luther King Junior… Ils rentrent dans la danse et obtiennent la suppression de la la ségrégation dans les transports publics en Alabama.

Rosa Parks a reçu la plus haute distinction du gouvernement de Bill Clinton pour son combat pour les droits civiques. Elle est décédée le 24 octobre 2005 dernier.

Dossouvi Hilaire Logo